WASHINGTON, 16 février (Xinhua) -- Le président
américain George W. Bush est parti vendredi pour son deuxième périple en
Afrique, où il tenterait de choisir un site pour implanter le
quartier général du Commandement militaire en Afrique (Africom).
Avant son départ, M. Bush a déclaré que le Liberia
pourrait être choisi en tant qu'éventuel siège de l'Africom, car il est
censé être le seul pays africain volontaire à l'abriter, ont
rapporté vendredi des média américains.
"S'il y aura une présence physique sur le continent
africain sous forme de quartier général ... évidemment nous pourrons
considérer sérieusement le Liberia", a indiqué jeudi M. Bush.
M. Bush pourrait aborder les affaires sur l'Africom
lors de sa visite au Liberia, tandis que l'on n'attend pas la déclaration
américaine sur cette affaire.
Durant ces dernières années, Washington accorde plus
d'intérêt à l'Afrique, craignant que les terroristes visant les Etats-Unis
puissent s'y mettre à l'abri.
"L'Africom est un concept tout nouveau qui a pour
objectif de fortifier les capacités des pays dans la lutte contre le
trafic et le terrorisme, et d'aider les pays à renforcer leurs capacités
pour le maintien de la paix, dont l'on a besoin malheureusement sur
le continent", a indiqué M. Bush.
En février 2007, en déclarant l'établisssement de
l'Africom, M. Bush a affirmé qu'il contribuera à l'accession des Africains
à la stabilité et à la sécurité, ainsi qu'à la promotion des objectifs
de développement, de santé, d'éducation, de démocratie et de
croissance économique en Afrique.
Un "cheval de Troie" en Afrique
Néanmoins, malgré la perspective fabuleuse africaine
décrite par M. Bush, la plupart des pays africains doutent encore de
l'intention de Washington en établissant l'Africom sur leur
continent et le prennent comme "un cheval de Troie" chez eux.
Les Africains craignent que l'Africom puisse
renforcer la puissance militaire américaine, alors que leurs capacités
militaires et leur souveraineté sont mises en danger. Il en résulte
que la néo-colonisation pourrait voir le jour sur le continent.
La présence militaire américaine pourrait aussi
élargir le champs de bataille anti-terroriste jusqu'à l'arrière-cour du
continent africain. Les Africains se demandent également si les
installations militaires américaines ont pour but de protéger les
intérêts américains au détriment des ressources naturelles
africaines. Les puissances régionales, dont la Libye, le Nigeria et
l'Afrique du Sud, ont fait entendre leur opposition.
Le Nigeria, en tant que pays le plus peuplé africain
ainsi que le premier producteur pétrolier, a rejeté formellement en
novembre dernier l'idée d'abriter l'Africom et s'est opposé à son
implantation dans d'autres pays d'Afrique de l'Ouest. L'Afrique
du Sud et la Communauté pour le développement de l'Afrique australe
( SADC) ont refusé d'en être pays hôte.
"L'entrée des forces armées étrangères dans un ou
des pays africains pourrait affecter les relations entre les pays voisins
et n'encouragerait pas une atmosphère de sécurité", a estimé le
ministre sud-africain de la Défense, Mosiuoa Lekota.
L'Union du Maghreb Arabe (UMA), consituée par
l'Algérie, la Libye, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie, a fait
entendre également à la fin de l'année dernière son opposition à tous les
établissements militaires étrangers sur le continent africain.
Des experts ont indiqué que le refus de nombeux
pays démontre que les pays africains ont atteint un consensus commun de
rejeter l'installation du quartier-général de l'Africom.