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Les Etats-Unis visent le Liberia comme siège de leur Africom
  2008-02-17 07:07:15  

    WASHINGTON, 16 février (Xinhua) -- Le président américain  George W. Bush est parti vendredi pour son deuxième périple en  Afrique, où il tenterait de choisir un site pour implanter le  quartier général du Commandement militaire en Afrique (Africom). 

     Avant son départ, M. Bush a déclaré que le Liberia pourrait  être choisi en tant qu'éventuel siège de l'Africom, car il est  censé être le seul pays africain volontaire à l'abriter, ont  rapporté vendredi des média américains.  

     "S'il y aura une présence physique sur le continent africain  sous forme de quartier général ... évidemment nous pourrons  considérer sérieusement le Liberia", a indiqué jeudi M. Bush. 

     M. Bush pourrait aborder les affaires sur l'Africom lors de sa  visite au Liberia, tandis que l'on n'attend pas la déclaration  américaine sur cette affaire. 

     Durant ces dernières années, Washington accorde plus d'intérêt  à l'Afrique, craignant que les terroristes visant les Etats-Unis  puissent s'y mettre à l'abri.  

     "L'Africom est un concept tout nouveau qui a pour objectif de  fortifier les capacités des pays dans la lutte contre le trafic et le terrorisme, et d'aider les pays à renforcer leurs capacités  pour le maintien de la paix, dont l'on a besoin malheureusement  sur le continent", a indiqué M. Bush. 

     En février 2007, en déclarant l'établisssement de l'Africom, M. Bush a affirmé qu'il contribuera à l'accession des Africains à la  stabilité et à la sécurité, ainsi qu'à la promotion des objectifs  de développement, de santé, d'éducation, de démocratie et de  croissance économique en Afrique. 

     Un "cheval de Troie" en Afrique 

     Néanmoins, malgré la perspective fabuleuse africaine décrite  par M. Bush, la plupart des pays africains doutent encore de  l'intention de Washington en établissant l'Africom sur leur  continent et le prennent comme "un cheval de Troie" chez eux. 

     Les Africains craignent que l'Africom puisse renforcer la  puissance militaire américaine, alors que leurs capacités  militaires et leur souveraineté sont mises en danger. Il en  résulte que la néo-colonisation pourrait voir le jour sur le  continent. 

     La présence militaire américaine pourrait aussi élargir le  champs de bataille anti-terroriste jusqu'à l'arrière-cour du  continent africain. Les Africains se demandent également si les  installations militaires américaines ont pour but de protéger les  intérêts américains au détriment des ressources naturelles  africaines. Les puissances régionales, dont la Libye, le Nigeria  et l'Afrique du Sud, ont fait entendre leur opposition. 

     Le Nigeria, en tant que pays le plus peuplé africain ainsi que  le premier producteur pétrolier, a rejeté formellement en novembre dernier l'idée d'abriter l'Africom et s'est opposé à son  implantation dans d'autres pays d'Afrique de l'Ouest. L'Afrique du Sud et la Communauté pour le développement de l'Afrique australe ( SADC) ont refusé d'en être pays hôte. 

     "L'entrée des forces armées étrangères dans un ou des pays  africains pourrait affecter les relations entre les pays voisins  et n'encouragerait pas une atmosphère de sécurité", a estimé le  ministre sud-africain de la Défense, Mosiuoa Lekota. 

     L'Union du Maghreb Arabe (UMA), consituée par l'Algérie, la  Libye, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie, a fait entendre  également à la fin de l'année dernière son opposition à tous les  établissements militaires étrangers sur le continent africain. 

     Des experts ont indiqué que le refus de nombeux pays démontre  que les pays africains ont atteint un consensus commun de rejeter  l'installation du quartier-général de l'Africom.