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Maurice : le chikungunya aurait fait plus de 700 morts en été 2005/2006
  2008-02-16 09:43:45  

     PORT-LOUIS, 15 février (Xinhua) -- Le chikungunya aurait tué  plus de 700 personnes pendant l'épidémie de l'été 2005/06,  rapporte vendredi la presse mauricienne citant un rapport  indépendant, chiffre que le ministère de la Santé refuse de  cautionner arguant que la causalité ne peut être formellement  établie. 

     L'information, publiée sur le site réputé « très sérieux » du  National Institute of Health américain, résulte d'une étude  conjointe entre différents chercheurs et épidémiologistes locaux  et étrangers. Les quelque 700 cas de décès répertoriés à Maurice  pendant l'été 2005/06 seraient liés directement ou indirectement  au chikungunya. 

     Le rapport, intitulé Chikungunya Fever, Mauritius, 2006, est le fruit du travail du Mauricien Sanjay Beesoon, dont l'une des  spécialités est la biochimie microbiologique, de N. Kotea, de l'  Université de Maurice, ainsi que de S. Funkhouser, épidémiologiste à l'Université d'Alabama, aux États-Unis, et A. Spielman, de la  Harvard School of Public Health (HSPH) de Boston, entre autres. 

     Le document note également que si la Réunion, qui aurait été l' île la plus touchée, a rapporté plus de 200 morts liés au  chikungunya pendant l'épidémie de 2006, le nombre de décès s'élève à 1 194 pour l'ensemble de la région. À Maurice, en revanche, la  situation est moins claire, raison pour laquelle, explique Sanjay  Beesoon, l'étude a été entreprise.  

     A Port-Louis, on continue de réfuter pour l'heure le rapport  de cause à effet entre le nombre de décès supplémentaires et le  virus. « L'auteur du rapport précise d'ailleurs lui-même que des  tests supplémentaires doivent être entrepris pour accréditer leurs conclusions », explique le ministère. 

     Le rapport ne reposant en effet « que » sur des statistiques,  ses auteurs préconisent ainsi une étude de seroprévalence, seule  capable, selon la même source, de « prouver que le chikungunya est bien responsable du décès de centaines de personnes ». Une  pareille étude permettrait d'apporter de nouveaux éléments  importants dans le cadre de la recherche sur le chikungunya, «  virus qui pourrait avoir muté » depuis sa découverte, en 1952, ont indiqué des observateurs locaux.