PORT-LOUIS, 15 février (Xinhua) -- Le chikungunya
aurait tué plus de 700 personnes pendant l'épidémie de l'été 2005/06,
rapporte vendredi la presse mauricienne citant un rapport
indépendant, chiffre que le ministère de la Santé refuse de
cautionner arguant que la causalité ne peut être formellement
établie.
L'information, publiée sur le site réputé « très
sérieux » du National Institute of Health américain, résulte d'une étude
conjointe entre différents chercheurs et épidémiologistes locaux et
étrangers. Les quelque 700 cas de décès répertoriés à Maurice pendant
l'été 2005/06 seraient liés directement ou indirectement au
chikungunya.
Le rapport, intitulé Chikungunya Fever, Mauritius,
2006, est le fruit du travail du Mauricien Sanjay Beesoon, dont l'une des
spécialités est la biochimie microbiologique, de N. Kotea, de l'
Université de Maurice, ainsi que de S. Funkhouser, épidémiologiste à
l'Université d'Alabama, aux États-Unis, et A. Spielman, de la Harvard
School of Public Health (HSPH) de Boston, entre autres.
Le document note également que si la Réunion, qui
aurait été l' île la plus touchée, a rapporté plus de 200 morts liés au
chikungunya pendant l'épidémie de 2006, le nombre de décès s'élève à
1 194 pour l'ensemble de la région. À Maurice, en revanche, la situation
est moins claire, raison pour laquelle, explique Sanjay Beesoon, l'étude a
été entreprise.
A Port-Louis, on continue de réfuter pour l'heure le
rapport de cause à effet entre le nombre de décès supplémentaires et le
virus. « L'auteur du rapport précise d'ailleurs lui-même que des
tests supplémentaires doivent être entrepris pour accréditer
leurs conclusions », explique le ministère.
Le rapport ne reposant en effet « que » sur
des statistiques, ses auteurs préconisent ainsi une étude de
seroprévalence, seule capable, selon la même source, de « prouver que le
chikungunya est bien responsable du décès de centaines de personnes ».
Une pareille étude permettrait d'apporter de nouveaux
éléments importants dans le cadre de la recherche sur le chikungunya, «
virus qui pourrait avoir muté » depuis sa découverte, en 1952, ont indiqué
des observateurs locaux.