YAOUNDE, 14 février
(Xinhua) -- Le Cameroun, pays riche en potentialités touristiques mais non
classé par l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) dans la liste de
destinations touristiques, cherche à créer un "label" différenciable,
affichant ainsi l'ambition de sortir ce secteur de l'ornière.
UN LABEL QUI DISTINGUE LE CAMEROUN
Selon les statistiques du ministère du Tourisme, le
Cameroun, connu sous le nom de "l'Afrique en miniature", a accueilli en
2006 quelque 451.000 touristes étrangers, inférieur à la barre des
500. 000 touristes par an fixée par l'OMT pour figurer dans la liste
de destinations touristiques.
"Cette année, nous n'atteindrons pas le cap de
500.000 touristes. Mais, nous pensons pouvoir réaliser cet objectif
l'année prochaine," a observé le ministre du Tourisme, Baba Hamadou,
dans une interview publiée mi-janvier par le quotidien Cameroon
Tribune.
"Nous sommes engagés dans une grande action qui
devrait nous permettre de faire du Cameroun une grande et vraie
destination touristique. Nous avons le potentiel pour cela et nous avons
la détermination des pouvoirs publics et de tous les acteurs du
secteur," a affirmé M. Hamadou, lors d'une concertation début
février à Yaoundé.
Yaoundé fait appel à l'expert en promotion
touristique, le Sud- africain Rick Taylor, pour créer "un label qui
distingue le Cameroun", englobant non seulement le tourisme balnéaire,
mais également l'écotourisme et le tourisme culturel.
Pour M. Taylor, sa mission consiste à aider le
Cameroun à mieux se vendre, et à commencer par l'intégration du pays dans
l'agenda des grands événements internationaux de promotion touristique.
En novembre 2007, devant 108 destinations
touristiques concurrentes, le Cameroun a remporté le premier prix du
concours des meilleures affiches touristiques organisé à l'occasion de la
17e Assemblée générale de l'OMT en Colombie.
A la même occasion, il a été élu à la
vice-présidence de l'OMT, qui compte 153 pays membres. Outre le poste de
président de la Commission Afrique, il a par ailleurs été admis comme
membre du Conseil exécutif de cet organisme, composé de 30 pays.
UN DEVELOPPEMENT DES SITES ET DES SERVICES
Selon les informations recueillies auprès du
ministère du Tourisme, le Cameroun présente, à travers ses dix provinces,
plus de 120 sites touristiques, dont une soixantaine seulement
exploités et visités.
Parmi les plus célèbres, figurent le parc de Waza
dans l'Extrême-Nord, la réserve du Dja entre l'Est et le Sud, les
grottes d'Akok Bekoé dans le Centre, les chutes de la Lobé à
Kribi dans le Sud, le palais du sultan Njoya à Foumban dans l'Ouest,
les gorges de kola dans le Nord, la chefferie de Bafut dans le
Nord- Ouest, le Mont Cameroun dans le Sud-Ouest, etc.
Selon le ministère du Tourisme, "le parc hôtelier
camerounais est relativement diversifié", même si les établissements sont
concentrés surtout à Douala et à Yaoundé.
Les chiffres de 2005 font état de 272 établissements
classés, pour 10.344 lits, dont 26,3% de la capacité totale dans le
Littoral, 22,2% dans le Centre, 9,9% dans l'Ouest. Soit 58,4%
pour ces trois provinces et les sept autres représentant 41,6% des
effectifs d'établissements classés.
"Ainsi, 82,9% des établissements d'hébergement au
Cameroun sont dits non-classés. Ils représentent 60,5% de la capacité
totale en chambres. Par ailleurs, ceux dits classés (de une à cinq étoiles
selon les normes internationales) représentent 17,1% du parc
hôtelier national, soit 39,5% de la capacité en chambres",
informe l'Annuaire des statistiques du tourisme.
UN TOURISME SOUS-EVALUE
"Entre 2001 et 2005, l'activité touristique a évolué
en dents de scie. En 2001, sa valeur ajoutée était de 147,02 milliards de
francs CFA, contre 142,64 milliards en 2002, 179,62 milliards en
2003, 174,89 milliards en 2004 et 192,62 milliards en 2005", indique
Théophile Mbo, chef de la division de la planification et de la
coopération au ministère du Tourisme.
Ce secteur du tourisme a contribué au PIB du
Cameroun à hauteur de 2,43% en 2005.
"Le tourisme est sous-évalué, parce que nous n'avons
pas encore de ressources pour faire l'évaluation. Le ministère a saisi
l'Institut national de la statistique (INS) pour que l'évaluation du
tourisme interne soit insérée dans l'Enquête camerounaise sur les ménages
(ECAM 2007). Dans cette enquête, on a fait un échantillon de 6.000 ménages
pour la consommation du tourisme interne. Le dépouillement des résultats
est en cours", éclaire M. Mbo.
Globalement, le souci déclaré par les autorités
camerounaises est celui de sortir définitivement le tourisme de l'ornière
et d'en une véritable activité économique, créatrice d'emplois et
génératrices de revenus plus importants en vue de la croissance
économique.
Pour cela, des accords de partenariat sont envisagés
avec des pays étrangers, notamment la la Chine, avec qui le Cameroun
signera un memorandum pour faciliter les visites en groupe.
Selon les statistiques officielles de 2006, les
touristes en provenance de l'Asie ont atteint 27.578 personnes (6,11%),
derrière ceux de l'Afrique hors de l'espace Cemac (Communauté
économique des Etats de l'Afrique centrale) (47.234 personnes,
10, 46%), les Français (56.358, 12,48%) et les résidents de l'espace
Cemac (108.081, 23,94%).