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Cameroun: ambition de sortir le tourisme de l'ornière
  2008-02-14 18:22:34  

      YAOUNDE, 14 février (Xinhua) -- Le Cameroun, pays riche en  potentialités touristiques mais non classé par l'Organisation  mondiale du tourisme (OMT) dans la liste de destinations  touristiques, cherche à créer un "label" différenciable, affichant ainsi l'ambition de sortir ce secteur de l'ornière.   

     UN LABEL QUI DISTINGUE LE CAMEROUN 

      

     Selon les statistiques du ministère du Tourisme, le Cameroun,  connu sous le nom de "l'Afrique en miniature", a accueilli en 2006 quelque 451.000 touristes étrangers, inférieur à la barre des 500. 000 touristes par an fixée par l'OMT pour figurer dans la liste de destinations touristiques.  

     "Cette année, nous n'atteindrons pas le cap de 500.000  touristes. Mais, nous pensons pouvoir réaliser cet objectif  l'année prochaine," a observé le ministre du Tourisme, Baba  Hamadou, dans une interview publiée mi-janvier par le quotidien  Cameroon Tribune. 

     "Nous sommes engagés dans une grande action qui devrait nous  permettre de faire du Cameroun une grande et vraie destination  touristique. Nous avons le potentiel pour cela et nous avons la  détermination des pouvoirs publics et de tous les acteurs du  secteur," a affirmé M. Hamadou, lors d'une concertation début  février à Yaoundé. 

     Yaoundé fait appel à l'expert en promotion touristique, le Sud- africain Rick Taylor, pour créer "un label qui distingue le  Cameroun", englobant non seulement le tourisme balnéaire, mais  également l'écotourisme et le tourisme culturel. 

     Pour M. Taylor, sa mission consiste à aider le Cameroun à mieux se vendre, et à commencer par l'intégration du pays dans l'agenda  des grands événements internationaux de promotion touristique.  

     En novembre 2007, devant 108 destinations touristiques  concurrentes, le Cameroun a remporté le premier prix du concours  des meilleures affiches touristiques organisé à l'occasion de la  17e Assemblée générale de l'OMT en Colombie. 

     A la même occasion, il a été élu à la vice-présidence de l'OMT, qui compte 153 pays membres. Outre le poste de président de la  Commission Afrique, il a par ailleurs été admis comme membre du  Conseil exécutif de cet organisme, composé de 30 pays. 

      

     UN DEVELOPPEMENT DES SITES ET DES SERVICES  

      

     Selon les informations recueillies auprès du ministère du  Tourisme, le Cameroun présente, à travers ses dix provinces, plus  de 120 sites touristiques, dont une soixantaine seulement  exploités et visités.  

     Parmi les plus célèbres, figurent le parc de Waza dans  l'Extrême-Nord, la réserve du Dja entre l'Est et le Sud, les  grottes d'Akok Bekoé dans le Centre, les chutes de la Lobé à Kribi dans le Sud, le palais du sultan Njoya à Foumban dans l'Ouest, les gorges de kola dans le Nord, la chefferie de Bafut dans le Nord- Ouest, le Mont Cameroun dans le Sud-Ouest, etc. 

     Selon le ministère du Tourisme, "le parc hôtelier camerounais  est relativement diversifié", même si les établissements sont  concentrés surtout à Douala et à Yaoundé. 

     Les chiffres de 2005 font état de 272 établissements classés,  pour 10.344 lits, dont 26,3% de la capacité totale dans le  Littoral, 22,2% dans le Centre, 9,9% dans l'Ouest. Soit 58,4% pour ces trois provinces et les sept autres représentant 41,6% des  effectifs d'établissements classés.  

     "Ainsi, 82,9% des établissements d'hébergement au Cameroun sont dits non-classés. Ils représentent 60,5% de la capacité totale en  chambres. Par ailleurs, ceux dits classés (de une à cinq étoiles  selon les normes internationales) représentent 17,1% du parc  hôtelier national, soit 39,5% de la capacité en chambres", informe l'Annuaire des statistiques du tourisme.  

     UN TOURISME SOUS-EVALUE  

     "Entre 2001 et 2005, l'activité touristique a évolué en dents  de scie. En 2001, sa valeur ajoutée était de 147,02 milliards de  francs CFA, contre 142,64 milliards en 2002, 179,62 milliards en  2003, 174,89 milliards en 2004 et 192,62 milliards en 2005",  indique Théophile Mbo, chef de la division de la planification et  de la coopération au ministère du Tourisme. 

     Ce secteur du tourisme a contribué au PIB du Cameroun à hauteur de 2,43% en 2005. 

     "Le tourisme est sous-évalué, parce que nous n'avons pas encore de ressources pour faire l'évaluation. Le ministère a saisi  l'Institut national de la statistique (INS) pour que l'évaluation  du tourisme interne soit insérée dans l'Enquête camerounaise sur  les ménages (ECAM 2007). Dans cette enquête, on a fait un  échantillon de 6.000 ménages pour la consommation du tourisme  interne. Le dépouillement des résultats est en cours", éclaire M.  Mbo. 

     Globalement, le souci déclaré par les autorités camerounaises  est celui de sortir définitivement le tourisme de l'ornière et  d'en une véritable activité économique, créatrice d'emplois et  génératrices de revenus plus importants en vue de la croissance  économique. 

     Pour cela, des accords de partenariat sont envisagés avec des  pays étrangers, notamment la la Chine, avec qui le Cameroun  signera un memorandum pour faciliter les visites en groupe. 

     Selon les statistiques officielles de 2006, les touristes en  provenance de l'Asie ont atteint 27.578 personnes (6,11%),  derrière ceux de l'Afrique hors de l'espace Cemac (Communauté  économique des Etats de l'Afrique centrale) (47.234 personnes, 10, 46%), les Français (56.358, 12,48%) et les résidents de l'espace  Cemac (108.081, 23,94%).