PARIS, 8 février (Xinhua)
-- L'Assemblée nationale et le Sénat français ont successivement voté,
jeudi et vendredi, le projet de loi sur la ratification du traité de
Lisbonne, permettant à la France de devenir le premier "grand pays" de
l'Union européenne à ratifier le traité "simplifié" du traité
constitutionnel européen, après la Hongrie, la Slovénie, Malte et la
Roumanie.
Trois ans après le "non" au traité constitutionnel
européen en mai 2005, la France a repris le souffle pour redevenir le
moteur dans la construction européenne, alors qu'elle se prépare pour
assumer la présidence tournance de l'Union européenne au second
semestre de l'année.
Le traité de Lisbonne, signé le 13 décembre dernier
par les chefs d'Etat ou de gouvernement des 27 Etats membres de l'Union
européenne, prévoit des institutions "plus efficaces", avec un
président du Conseil européen, désigné pour deux ans et demi, qui
remplacera la présidence tournante actuelle de six mois du
Conseil européen; un haut représentant de l'Union pour les affaires
étrangères et la politique de sécurité chargé de présider le Conseil
des affaires étrangères, qui sera en même temps vice- président de la
Commission européenne chargé des relations extérieures, ainsi qu'un
président de la Commission élu dès 2009 par le Parlement européen.
Le traité de Lisbonne prévoit également
l'augmentation des domaines en "codécision" par la Commission européenne
et le Parlement européen, le renforcement du rôle des Parlements
nationaux dans la construction européenne, avec la création d'un
mécanisme de contrôle de subsidiarité, qui permet à une majorité de
Parlements nationaux de s'opposer à une proposition d'acte européen.
Le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes
Jean-Pierre Jouyet avait souhaité que la présidence française serait une
occasion pour le "retour de la France en Europe". Le mandat de la
France se termine juste avant l'entrée en vigueur du traité de
Lisbonne.
Le président français Nicolas Sarkozy avait fixé
quatre domaines prioritaires pour la présidence française à l'UE:
immigration, énergie, environnement, politique européenne de la
défense.
A l'issue d'une réunion du comité interministériel
mardi à Matignon, le Premier ministre français François Fillon a présenté
les trois grandes priorités de la présidence française de l'UE:
aboutir, d'ici à la fin 2008, à un accord sur le climat; négocier
avec les 26 autres membres de l'UE un pacte européen sur
l'immigration et l'asile; renforcer la capacité décisionnelle de
l'Europe en matière de stabilité et de transparence des marchés
financiers.