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L'UNICEF appelle à une "tolérance zéro" contre les mutilations génitales féminines
  2008-02-08 09:23:20  

     ABIDJAN, 7 février (Xinhua) -- Le bureau à Abidjan de  l'Organisation des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) a appelé  à une "tolérance zéro" contre l'excision, la face visible des  mutilations génitales féminines, une "pratique qui déshonore la  femme", a-t-on appris jeudi. 

     "L'excision est une violation fondamentale des droits humains. En l'absence de toute nécessité médicale, elle expose les filles  et les femmes à des risques pour leur santé et à des conséquences  qui mettent leur vie et leur bien-être en danger", indique un  communiqué de l'organisation parvenu jeudi à l'agence Xinhua. 

     "L'opération est généralement pratiquée sur des filles âgées  de 4 à 14 ans et sur des très jeunes enfants, les femmes sur le  point de se marier et parfois sur les femmes enceintes de leur  premier enfant ou qui viennent de donner naissance", souligne le  communiqué. 

     Selon le texte, les mutilations génitales féminines recouvrent un ensemble de pratiques aboutissant à l'ablation partielle ou  totale ou à l'altération des organes génitaux féminins externes  pour des raisons non médicales. 

     Selon les estimations de l'OMS, la Côte d'Ivoire est l'un des  pays les plus touchés par la pratique de l'excision en Afrique de  l'Ouest, malgré la loi du 23 décembre 1998 interdisant la pratique de l'excision dans le pays. 

     L'enquête à indicateurs multiples (MICS 2006) a estimé à 36%  le nombre de femmes excisées en Côte d'Ivoire, avec 34% en milieu  urbain et 38% en milieu rural, dont une forte prévalence à l'ouest et au nord du pays. 

     Pratiquée, pour la plupart, par des praticiens traditionnels  comme les exciseuses et les accoucheuses, l'opération se fait sans anesthésie avec des ciseaux, des lames de rasoir ou des couteaux,  précise le communiqué qui souligne, par ailleurs, que  l'intervention est "traumatisante avec des complications telles  que les douleurs, l'état de choc, les difficultés pendant  l'accouchement et même la mort". 

     Depuis plusieurs années, l'UNICEF et ses partenaires  s'intéressent au problème des mutilations génitales en Côte  d'Ivoire avec pour objectif d'éliminer la pratique de l'excision  dans le pays. 

     Elles "violent des droits fondamentaux des filles et des  femmes,notamment le droit à l'intégrité physique et psychologique, le droit à être protégé contre toute forme de violence et de  discrimination et, dans les cas les plus extrême, le droit à la  vie", estime l'UNICEF.