ABIDJAN, 7 février (Xinhua)
-- Le bureau à Abidjan de l'Organisation des Nations unies pour l'enfance
(UNICEF) a appelé à une "tolérance zéro" contre l'excision, la face
visible des mutilations génitales féminines, une "pratique qui déshonore
la femme", a-t-on appris jeudi.
"L'excision est une violation fondamentale des
droits humains. En l'absence de toute nécessité médicale, elle expose les
filles et les femmes à des risques pour leur santé et à des conséquences
qui mettent leur vie et leur bien-être en danger", indique un
communiqué de l'organisation parvenu jeudi à l'agence Xinhua.
"L'opération est généralement pratiquée sur des
filles âgées de 4 à 14 ans et sur des très jeunes enfants, les femmes sur
le point de se marier et parfois sur les femmes enceintes de leur
premier enfant ou qui viennent de donner naissance", souligne le
communiqué.
Selon le texte, les mutilations génitales féminines
recouvrent un ensemble de pratiques aboutissant à l'ablation partielle ou
totale ou à l'altération des organes génitaux féminins externes pour
des raisons non médicales.
Selon les estimations de l'OMS, la Côte d'Ivoire est
l'un des pays les plus touchés par la pratique de l'excision en Afrique de
l'Ouest, malgré la loi du 23 décembre 1998 interdisant la pratique de
l'excision dans le pays.
L'enquête à indicateurs multiples (MICS 2006) a
estimé à 36% le nombre de femmes excisées en Côte d'Ivoire, avec 34% en
milieu urbain et 38% en milieu rural, dont une forte prévalence à
l'ouest et au nord du pays.
Pratiquée, pour la plupart, par des praticiens
traditionnels comme les exciseuses et les accoucheuses, l'opération se
fait sans anesthésie avec des ciseaux, des lames de rasoir ou des couteaux,
précise le communiqué qui souligne, par ailleurs, que l'intervention
est "traumatisante avec des complications telles que les douleurs, l'état
de choc, les difficultés pendant l'accouchement et même la mort".
Depuis plusieurs années, l'UNICEF et ses partenaires
s'intéressent au problème des mutilations génitales en Côte d'Ivoire
avec pour objectif d'éliminer la pratique de l'excision dans le
pays.
Elles "violent des droits fondamentaux des filles et
des femmes,notamment le droit à l'intégrité physique et
psychologique, le droit à être protégé contre toute forme de violence et de
discrimination et, dans les cas les plus extrême, le droit à la
vie", estime l'UNICEF.