DAKAR, 6 février (Xinhua) -- Des ONG et des
professionnels des médias se sont engagés pour mieux lutter contre
l'excision et éradiquer les pratiques traditionnelles néfastes au Sénégal
dans le cadre d'un partenariat au bénéfice des populations, a rapporté
mercredi l'Agence de presse sénégalaise.
Le Comité sénégalais sur les pratiques
traditionnelles ayant effet sur la santé de la mère et de l'enfant
(COSEPRAT) a choisi la célébration de la Journée internationale "Tolérance
Zéro" sur les mutilations génitales féminines (MGF) pour inviter les
médias à asseoir une stratégie d'information et de sensibilisation des
populations sur les dangers de telles pratiques sur la santé des
femmes et des petites filles.
La démarche s'inscrit dans un souci de faire
comprendre à l'ensemble des communautés que l'excision n'est pas faite
pour " protéger les enfants" comme vecteur de certaines croyances et
traditions encore vivaces.
"Nous voulons amener tout le monde à un même niveau
d'information pour une prise en compte du fléau qu'est l'excision
dans nos sociétés", a évoqué la présidente du COSEPRAT Maguette Sy.
"Nous avons besoin de l'appui des médias pour
toucher toutes les couches de la population en vue d'arrêter le mal et
mettre fin à la souffrance, à l'atteinte de l'intégrité physique des
femmes", a-t-elle ajouté.
Dans sa communication, la secrétaire générale du
Synpics Diatou Cissé a tenu à faire un cadrage de ce partenariat soulignant
que les médias ont effectivement un rôle à jouer mais "qu'il soit
bien entendu que les journalistes ne sont pas des donneurs de
leçons".
"Ce n'est pas aux journalistes de dire ce qu'il
faire ou ce qu'il ne faut pas faire mais on peut essayez de trouver
comment travailler en toute intelligence avec les ONG et les
associations", a-t-elle dit.
Selon Diatou Cissé il s'agit surtout pour les médias
qui ont la faculté de légitimer la cause de vulgariser des informations
auprès des populations, contribuer à faire pression sur les
décideurs (pression pour faire appliquer les lois) et relayer le
plaidoyer des ONG et des associations.
Elle a encore soutenu que les médias par devoir et
obligation et par respect aux principes du métier doivent relayer tous les
arguments à savoir ceux qui sont contre et ceux qui sont pour
l'abandon de l'excision.
Enfin, la patronne du Synpics a estimé que les
journalistes doivent s'imprégner du contexte socioculturel pour savoir
quel genre de message diffuser afin d'éviter toute approche
stigmatisante ou stéréotypée.
Elle a invité également les ONG et
les associations à décloisonner la question de la lutte contre l'excision
pour ne pas en faire une affaire de femme uniquement, aider les
médias à disposer d'informations vraies, justes et fiables
pour un partenariat fructueux.