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BNP Paribas à l'affût de la Société Générale
BNP Paribas à l'affût de la Société Générale
  2008-02-01 14:09:07  

     PARIS, 31 janvier (Xinhua) -- La première banque française, BNP Paribas, considère un rachat de sa rivale la Société Générale (SG), qui s'enlise dans une colossale affaire de fraude, a rapporté  jeudi le journal Les Echos. 

     Selon le journal, BNP Paribas procède actuellement à des études de faisabilité de rachat, et un porte-parole de la banque a  confirmé jeudi que ce projet a été pris en considération. 

     Pourtant, l'Elysée a déclaré que la question d'un éventuel  rachat de la SG, par une banque concurrente, française ou  étrangère, n'est "pas d'actualité" et que le gouvernement s'oppose à toute OPA (offre publique d'achat) hostile de la part d'une  banque étrangère. 

     "Pour le moment, c'est une question qui ne se pose pas. La  Société Générale à notre connaissance n'est pas contrainte de  s'adosser financièrement à un autre groupe", a fait savoir le  porte-parole de l'Elysée, David Martinon. 

     La SG est fragilisée par une arnaque, qui lui a valu la perte  gigantesque de 4,9 milliards d'euros (7,18 milliards de dollars),  la plus importante de l'histoire financière du pays. 

     L'auteur présumé de ce détournement, Jérôme Kerviel, âgé de 31  ans, était courtier à la banque. Grâce à ses facilités  professionnelles au sein d'une sous-division de ses activités de  marché, il a profité de sa connaissance des procédures de contrôle pour mettre en place une opération cachée à l'intérieur des salles de marché, creusant ainsi ce trou faramineux. 

     Outre cette perte colossale, la SG a écopé d'un autre coup dur, avec des dépréciations supplémentaires de 2,05 milliards d'euros  liées à la crise des crédits hypothécaires américains (subprime). 

     Des banques étrangères, dont HSBC et Barclays (Grande-Bretagne), Deutsche Bank (Allemagne), Banco Santander (Espagne) et UniCredit  (Italie), sont toutes citées commes éventuels soumissionnaires à  la SG. 

     Dopées par les informations du rachat de la SG, les actions des banques françaises se sont envolées mercredi à la Bourse de Paris, prenant 4,3% à 81,8 euros (121,15 dollars) à la clôture. 

     Face aux risques d'une OPA étrangère, le gouvernement français  envisage de proposer une fusion des deux banques françaises,  renforçant ainsi la crédibilité d'un rapprochement avec BNP  Paribas. 

     Pour sa part, le PDG de la SG, Daniel Bouton, qui vient de  réussir à sauver son fauteuil, a affirmé qu'il cherchera à  défendre l'indépendance de sa banque, comme il l'a déjà fait en  1999 contre la BNP. 

     Cependant, le Premier ministre luxembourgeois et président de  l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, s'est déclaré favorable à un  pavillon étranger. 

     "Si quelqu'un vient, amicalement, avec un beau projet  économique à proposer, pourquoi le refuser ?", s'est interrogé M.  Juncker sur la radio Europe 1.