PARIS, 31 janvier (Xinhua) -- La première banque
française, BNP Paribas, considère un rachat de sa rivale la Société
Générale (SG), qui s'enlise dans une colossale affaire de fraude, a
rapporté jeudi le journal Les Echos.
Selon le journal, BNP Paribas procède actuellement à
des études de faisabilité de rachat, et un porte-parole de la banque a
confirmé jeudi que ce projet a été pris en considération.
Pourtant, l'Elysée a déclaré que la question d'un
éventuel rachat de la SG, par une banque concurrente, française ou
étrangère, n'est "pas d'actualité" et que le gouvernement s'oppose à
toute OPA (offre publique d'achat) hostile de la part d'une banque
étrangère.
"Pour le moment, c'est une question qui ne se pose
pas. La Société Générale à notre connaissance n'est pas contrainte de
s'adosser financièrement à un autre groupe", a fait savoir le
porte-parole de l'Elysée, David Martinon.
La SG est fragilisée par une arnaque, qui lui a valu
la perte gigantesque de 4,9 milliards d'euros (7,18 milliards de dollars),
la plus importante de l'histoire financière du pays.
L'auteur présumé de ce détournement, Jérôme Kerviel,
âgé de 31 ans, était courtier à la banque. Grâce à ses facilités
professionnelles au sein d'une sous-division de ses activités de
marché, il a profité de sa connaissance des procédures de
contrôle pour mettre en place une opération cachée à l'intérieur des
salles de marché, creusant ainsi ce trou faramineux.
Outre cette perte colossale, la SG a écopé d'un
autre coup dur, avec des dépréciations supplémentaires de 2,05 milliards
d'euros liées à la crise des crédits hypothécaires américains
(subprime).
Des banques étrangères, dont HSBC et Barclays
(Grande-Bretagne), Deutsche Bank (Allemagne), Banco Santander (Espagne) et
UniCredit (Italie), sont toutes citées commes éventuels soumissionnaires à
la SG.
Dopées par les informations du rachat de la SG, les
actions des banques françaises se sont envolées mercredi à la Bourse de
Paris, prenant 4,3% à 81,8 euros (121,15 dollars) à la clôture.
Face aux risques d'une OPA étrangère, le
gouvernement français envisage de proposer une fusion des deux banques
françaises, renforçant ainsi la crédibilité d'un rapprochement avec BNP
Paribas.
Pour sa part, le PDG de la SG, Daniel Bouton, qui
vient de réussir à sauver son fauteuil, a affirmé qu'il cherchera à
défendre l'indépendance de sa banque, comme il l'a déjà fait en 1999
contre la BNP.
Cependant, le Premier ministre luxembourgeois et
président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, s'est déclaré favorable à
un pavillon étranger.
"Si quelqu'un vient, amicalement, avec
un beau projet économique à proposer, pourquoi le refuser ?", s'est
interrogé M. Juncker sur la radio Europe 1.