ADDIS ABEBA, 30 janvier (Xinhua) -- Les pays
africains ont été appelés mercredi à consacrer 15% de leur budget national
à leur santé publique, à la veille de l'ouverture du dixième sommet de
l'Union africaine (UA).
L'Alliance africaine pour les droits à la santé
publique ( APHRA) a souligné, dans un communiqué, que l'investissement dans
la santé constitue une condition préalable pour le développement
industriel.
"Le développement industriel en Afrique est
irréalisable avec une basse espérance de vie entre 35 et 45 ans dans tous
les importants pays africains", a-t-elle indiqué.
En Ethiopie et au Nigeria, l'espérance de vie est de
42 ans pour femmes et de 41 ans pour hommes; au Kenya, 45 ans et 44 ans;
en Afrique du Sud, 45 ans et 43 ans; en RDCongo, 39 ans et 35 ans.
"Dans au moins la moitié des pays africains touchés
par la haute prévalence de maladies ou des conflits, l'espérance de vie
est aussi basse que de 30 à 35 ans ... la plupart des mains d'oeuvre
africaines commencent à mourir lorsqu'elles pourraient se trouver à leur
apogée productive", a affirmé Rotimi Sankore, coordinateur de la campagne
"15% maintenant" de l'APHRA.
Il a indiqué qu'au cours de ces cinq dernières
années, l'Afrique a perdu huit millions de personnes par an pour des
maladies qu'on peut prévenir, traiter et contrôler, dont le
paludisme, le VIH/SIDA, la tuberculose, ainsi que la mortalité
maternelle et infantile.
M. Sankore a attribué la tragédie sanitaire
en Afrique au manque de financement substantiel pour assurer un système
de santé publique viable. Il a salué le président sortant de la
Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, la Commissaire de l'UA aux
affaires socio-économiques Bernice Gawanas pour avoir élaboré
une Stratégie sanitaire de l'Afrique et d'autres plans destinés à consacrer
15% ou plus des budgets nationaux des pays africains à la santé.