NAIROBI, 29 janvier (Xinhua) -- Les
parties rivales au Kenya ont lancé mardi un appel à la fin des violences
qui ont déjà fait plus de 800 morts et des milliers de déplacés dans le
pays.
Le président Mwai Kibaki et le chef de l'opposition
Raila Odinga ont affirmé leur engagement dans ces négociations, lancées
sous l'égide d'une équipe de médiateurs de l'Union africaine à
Nairobi.
(Photo: Xinhua)
"Je rappelle l'esprit de nationalisme et d'unité qui
a inspiré la fondation de notre nation le jour de son indépendance en
1963. Je me sens profondément attristé de voir les Kenyans s'affronter
violemment entre eux sur des sujets qui peuvent être discutés et
résolus pacifiquement par le dialogue", a dit Kibaki dans son
discours.
"J'appelle chacun d'entre nous à se rappeller que
nous n'avons qu'un seul pays appelé Kenya. Nous devons tous jouer notre
rôle pour sauvegarder la nation", a-t-il ajouté.
Le président kenyan, accusé d'avoir "truqué" les
élections de décembre, a déclaré que le processus ne vise pas que des
actions immédiates pour restaurer la paix dans le pays mais aussi des
solutions à long terme aux problèmes de fond qui ont créé cette
situation.
Kibaki a fermement condamné les violences et promis
de punir les fauteurs de troubles.
(Photo: Xinhua)
Le président de 76 ans, dont la réélection a suscité
une violente contestation dans le pays, a dit son soutien au
" processus de dialogue national", au dispositif policier et à l'aide
financière aux victims des violences.
"Je suis toujours totalement engagé pour la
réconciliation nationale", a affirmé Kibaki ajoutant "en tant que
dirigeants, nous avons la responsabilité de promouvoir la paix".
L'ancien chef de l'ONU Kofi Annan, médiateur dans
ces négociations, a demandé la fin des violences pour des
négociations rapides.
"Il n'y a qu'un Kenya et nous avons tous des
identités multiples, mais j'espère que vous vous voyez avant tout comme
des Kenyans", a déclaré Annan.
Le diplomate a averti que la crise avait un "impact
profond et négatif" sur le pays et il a demandé aux deux dirigeants d'être
sérieux ou de risquer de perdre l'aide internationale.
Annan, déjà impliqué dans des efforts de paix au
Moyen-Orient et au Soudan, a estimé que si les problèmes politiques à
court terme pouvaient être résolus en quatre semaines, les négociations
plus en profondeur pourraient prendre jusqu'à un an.
Ces négociations ont commencé alors que l'assassinat
du député d'opposition Melitus Mugabe mardi matin a suscité une nouvelle
vague de violence dans le pays. Au moins quatre personnes sont
mortes brûlées dans l'incendie volontaire de leur maison.
Pour Odinga, les disparités dans la répartititon des
ressources naturelles, la corruption et une situation ethnique négative
sont à l'origine de la crise politique actuelle au Kenya, auparavant
considéré comme une oasis de paix en Afrique.
Le chef de l'opposition, âgé de 62 ans, a mis
l'accent sur le fait que le résultat "considérablement truqué" des
élections méritait "la plus urgente des attentions".