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Kenya : les négociations commencent et les dirigeants appellent au calme
  2008-01-30 07:07:42  

   NAIROBI, 29 janvier (Xinhua) -- Les parties rivales au Kenya  ont lancé mardi un appel à la fin des violences qui ont déjà fait  plus de 800 morts et des milliers de déplacés dans le pays.  

     Le président Mwai Kibaki et le chef de l'opposition Raila  Odinga ont affirmé leur engagement dans ces négociations, lancées  sous l'égide d'une équipe de médiateurs de l'Union africaine à  Nairobi. 

(Photo: Xinhua)

     "Je rappelle l'esprit de nationalisme et d'unité qui a inspiré  la fondation de notre nation le jour de son indépendance en 1963.  Je me sens profondément attristé de voir les Kenyans s'affronter  violemment entre eux sur des sujets qui peuvent être discutés et  résolus pacifiquement par le dialogue", a dit Kibaki dans son  discours.  

     "J'appelle chacun d'entre nous à se rappeller que nous n'avons  qu'un seul pays appelé Kenya. Nous devons tous jouer notre rôle  pour sauvegarder la nation", a-t-il ajouté.  

     Le président kenyan, accusé d'avoir "truqué" les élections de  décembre, a déclaré que le processus ne vise pas que des actions  immédiates pour restaurer la paix dans le pays mais aussi des  solutions à long terme aux problèmes de fond qui ont créé cette  situation.  

     Kibaki a fermement condamné les violences et promis de punir  les fauteurs de troubles.  

(Photo: Xinhua)

     Le président de 76 ans, dont la réélection a suscité une  violente contestation dans le pays, a dit son soutien au " processus de dialogue national", au dispositif policier et à  l'aide financière aux victims des violences.  

     "Je suis toujours totalement engagé pour la réconciliation  nationale", a affirmé Kibaki ajoutant "en tant que dirigeants,  nous avons la responsabilité de promouvoir la paix". 

     L'ancien chef de l'ONU Kofi Annan, médiateur dans ces  négociations, a demandé la fin des violences pour des négociations rapides.  

     "Il n'y a qu'un Kenya et nous avons tous des identités  multiples, mais j'espère que vous vous voyez avant tout comme des  Kenyans", a déclaré Annan.  

     Le diplomate a averti que la crise avait un "impact profond et  négatif" sur le pays et il a demandé aux deux dirigeants d'être  sérieux ou de risquer de perdre l'aide internationale. 

     Annan, déjà impliqué dans des efforts de paix au Moyen-Orient  et au Soudan, a estimé que si les problèmes politiques à court  terme pouvaient être résolus en quatre semaines, les négociations  plus en profondeur pourraient prendre jusqu'à un an.  

     Ces négociations ont commencé alors que l'assassinat du député  d'opposition Melitus Mugabe mardi matin a suscité une nouvelle  vague de violence dans le pays. Au moins quatre personnes sont  mortes brûlées dans l'incendie volontaire de leur maison.  

     Pour Odinga, les disparités dans la répartititon des ressources  naturelles, la corruption et une situation ethnique négative sont  à l'origine de la crise politique actuelle au Kenya, auparavant  considéré comme une oasis de paix en Afrique.  

     Le chef de l'opposition, âgé de 62 ans, a mis l'accent sur le  fait que le résultat "considérablement truqué" des élections  méritait "la plus urgente des attentions".