KHARTOUM, 26 janvier (Xinhua) -- Le gouvernement
soudanais a convoqué samedi le chargé d'affaires de l'ambassade américaine
à Khartoum, Alberto Fernandez, pour protester contre ses derniers
commentaires sur le Soudan, a rapporté l'agence de presse officielle
SUNA.
M. Fernadez a été notifié que ses remarques sont
considérées comme "une intervention flagrante des affaires internes du
Soudan", a indiqué Abdel-Bassit Al-Sanoussi, directeur du département
américain au ministère soudanais des Affaires étrangères.
Ces commentaires entraveront la mise en application
de l'Accord de paix global (CPA), conclu entre le nord et le sud du Soudan,
ainsi que les efforts déployés pour résoudre le conflit du
Darfour (ouest), a souligné Al-Sanoussi.
Le gouvernement soudanais et le Mouvement de
libération des peuples du Soudan (SPLM, ex-rébellion) avaient signé le 9
janvier 2005 le CPA pour mettre fin au conflit entre les deux côtés, l'un
des plus anciens conflits sur le continent africain.
Les remarques de M. Fernandez ne favorisent pas la
poursuite du dialogue entre les deux pays, a martelé Al-Sanoussi.
Selon le responsable soudanais, son ministère a
réaffirme à M. Fernandez que la politique américaine sur le Soudan était
basée sur les positions qui ne permettront pas d'aider à améliorer les
relations bilatérales du fait que les Etats-Unis maintiennent leurs
sanctions contre Khartoum et nomment des envoyés qui ont des positions
déformées vis-à-vis du pays africain.
La présidence soudanaise a le droit souverain total
de nommer une personne de son choix à tout poste constitutionnel dans les
intérêts suprêmes du pays, a précisé Al-Sanoussi, faisant allusion à
la nommination de Cheikh Moussa Hilal au poste de conseiller auprès du
ministre des Affaires fédérales du ministre Abdel Bassit Sabdarat.
Par ailleurs, Al-Sanoussi a demandé une fois plus à
l'administration américaine de remettre en liberté le plus tôt
possible les Soudanais détenus dans la base militaire américaine de
Guantanamo (Cuba), où des centaines de personnes sont enfermées sans
jugement pour accusations du terrorisme.
Jeudi, dans une interview accordée à l'agence de
presse britannique Reuters, M. Fernandez a affirmé qu'une méfiance du
gouvernement soudanais due d'une série de promises non honorées
constituait un principal obstacle aux négociations prévues sur la
crise du Darfour.
Le département d'Etat américain
avait fermement critiqué mardi dernier le gouvernement soudanais pour la
nomination de Cheikh Moussa Hilal, le leader milicien accusé par
les Etats-Unis d'avoir été impliqué dans la crise du Darfour.