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Côte d'Ivoire : le processus de sortie de crise à un stade de non retour
  2008-01-15 11:25:38  

     OUAGADOUGOU, 14 janvier (Xinhua) -- Le président burkinabé  Blaise Compaoré a déclaré lundi à Ouagadougou, à l'issue de la 3e  réunion du Comité d'évaluation et d'accompagnement (CEA) de  l'Accord politique de Ouagadougou, que le processus de sortie de  crise dans ce pays atteint un stade de non retour.  

     Soulignant que les choses avancent bien en Côte d'Ivoire malgré quelques difficultés, le président Compaoré a rappelé le rôle  principal de l'ONU dans la certification du processus électoral  pour sécuriser les élections à venir.  

     Il a évoqué particulièrement la signature des 2è et 3è accords  complémentaires de Ouagadougou, le renforcement du climat de  confiance et le retour à la normalisation administrative,  politique et sécuritaire.  

     "Il y a des résultats sur le terrain, il reste des actes à  poser, mais tout est bien organisé pour aller jusqu'au bout et il  faut avoir un mode opératoire pour permettre de donner une  visibilité sur la minière d'obtenir ces certifications", a-t-il  fait remarquer, et cela dans l'intérêt d'organiser de bonnes  élections à la fois équitables et acceptables par les parties.  

     La réunion de lundi a évalué la mise en oeuvre des  recommandations de la précédente rencontre et réfléchi sur les  modalités "pratiques" devant conduire à des élections "libres,  transparentes et démocratiques" dans le courant du premier  semestre 2008.  

     Le Premier ministre Guillaume Soro, présent à cette réunion, a  exprimé sa satisfaction quant au déroulement du processus de  retour à la paix en Côte d'Ivoire. 

     Selon M. Soro, beaucoup de diligences ont été réalisées et que  maintenant le processus entre dans une phase "sensible et  importante" à savoir la phase électorale. 

     "Nous allons dans le mois de janvier et les mois à venir  aborder le processus électoral qui, il faut le convenir, est la  clé de la sortie de crise", a-t-il souligné, se réjouissant que  cette réunion du CEA ait situé les enjeux et pris acte de tout ce  qui a été fait en Côte d'Ivoire. 

     La société française SAGEM étant désigné dimanche comme  opérateur technique dans l'opération de recensement de la  population ivoirienne visant les élections, il reste que  l'opérateur et tous les autres acteurs concernés par le processus  d'identification et électoral se mettent en branle pour démarrer  l'émission des cartes d'identité nationale et le recensement  électoral, a affirmé M. Soro. 

     Pour consolider le processus de paix, le Comité a noté avec  satisfaction la disponibilité de la communauté internationale à  financer les différentes élections et insisté sur une grande  collaboration du gouvernement ivoirien pour une meilleure  planification et budgétisation des différentes étapes de l'Accord  de Ouagadougou. 

     Le coordonnateur des partenaires techniques et financiers,  Georges Carpentier, a indiqué que pour le processus de mise en  oeuvre de l'Accord politique de Ouagadougou il a été constaté  qu'il y a eu une évolution positive.  

     Pour ce faire, il a dit qu'il sera question d'intensifier la  collaboration et le partenariat dans la définition de programmes  surtout en ce qui concerne les élections.  

     Sur les contributions pour l'organisation des élections, M.  Carpentier a rappelé qu'il y a eu une table ronde en juillet  dernier à Ouagadougou et des contributions ont été annoncées et en cours de décaissement, mais certains ont demandé plus de détails  au niveau des programmes à financer.  

     Dans cette optique, M. Carpentier a proposé d'intensifier le  travail de formulation et de programmation conjoint pour pouvoir  accélérer les décaissements les programmes de sorties de crise.  

     Pour les programmes de sortie de crise, 400 millions de dollars US seront mobilisés pour l'organisation des élections en Côte  d'Ivoire.  

     En ce qui concerne la question des grades des militaires des  Forces nouvelles, une solution devrait être trouvée le 24 janvier  lors de la rencontre à Ouagadougou du Cadre permanent de  concertation à la laquelle doit prendre part le président ivoirien Laurent Gbagbo, l'ancien chef de l'Etat, Henri Konan Bédié, et  l'ancien Premier ministre, Alassane Dramane Ouattara. 

     Les anciens chefs de délégation notamment, le ministre de  l'Intérieur Désiré Tagro (camp présidentiel) et le ministre chargé des victimes de guerre et secrétaire général adjoint des FN, M.  André-Louis Dacoury-Tabley qui avaient conduit les négociations  n'étaient pas présents à cette rencontre, tout comme le porte- parole des FN, Sidiki Konaté et le ministre de la Justice Mamadou  Koné.  

     Outre M. Soro, la délégation du camp présidentiel conduite par  M. Alcide Djédjé, l'ambassadeur de la Côte d'Ivoire aux Nations  unies et des représentants de l'Opération des Nations unies en  Côte d'Ivoire (ONUCI), de la France, des Etats-Unis, de la Banque  mondiale, du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque  africaine de développement (BAD) et de l'Union européenne (UE) ont pris parti à cette rencontre.  

     L'Accord de Ouagadougou a été signé le 4 mars 2007 par le  président Gbagbo et le leader des Forces nouvelles (FN), Guillaume Soro, dans la capitale burkinabé.