OUAGADOUGOU, 14 janvier (Xinhua) -- Le président
burkinabé Blaise Compaoré a déclaré lundi à Ouagadougou, à l'issue de la
3e réunion du Comité d'évaluation et d'accompagnement (CEA) de
l'Accord politique de Ouagadougou, que le processus de sortie de
crise dans ce pays atteint un stade de non retour.
Soulignant que les choses avancent bien en Côte
d'Ivoire malgré quelques difficultés, le président Compaoré a rappelé le
rôle principal de l'ONU dans la certification du processus électoral
pour sécuriser les élections à venir.
Il a évoqué particulièrement la signature des 2è et
3è accords complémentaires de Ouagadougou, le renforcement du climat de
confiance et le retour à la normalisation administrative, politique
et sécuritaire.
"Il y a des résultats sur le terrain, il reste des
actes à poser, mais tout est bien organisé pour aller jusqu'au bout et il
faut avoir un mode opératoire pour permettre de donner une
visibilité sur la minière d'obtenir ces certifications", a-t-il fait
remarquer, et cela dans l'intérêt d'organiser de bonnes élections à la
fois équitables et acceptables par les parties.
La réunion de lundi a évalué la mise en oeuvre des
recommandations de la précédente rencontre et réfléchi sur les
modalités "pratiques" devant conduire à des élections "libres,
transparentes et démocratiques" dans le courant du premier semestre
2008.
Le Premier ministre Guillaume Soro, présent à cette
réunion, a exprimé sa satisfaction quant au déroulement du processus de
retour à la paix en Côte d'Ivoire.
Selon M. Soro, beaucoup de diligences ont été
réalisées et que maintenant le processus entre dans une phase "sensible et
importante" à savoir la phase électorale.
"Nous allons dans le mois de janvier et les mois à
venir aborder le processus électoral qui, il faut le convenir, est la
clé de la sortie de crise", a-t-il souligné, se réjouissant que
cette réunion du CEA ait situé les enjeux et pris acte de tout ce
qui a été fait en Côte d'Ivoire.
La société française SAGEM étant désigné dimanche
comme opérateur technique dans l'opération de recensement de la
population ivoirienne visant les élections, il reste que l'opérateur
et tous les autres acteurs concernés par le processus d'identification et
électoral se mettent en branle pour démarrer l'émission des cartes
d'identité nationale et le recensement électoral, a affirmé M. Soro.
Pour consolider le processus de paix, le Comité a
noté avec satisfaction la disponibilité de la communauté internationale à
financer les différentes élections et insisté sur une grande
collaboration du gouvernement ivoirien pour une meilleure
planification et budgétisation des différentes étapes de l'Accord de
Ouagadougou.
Le coordonnateur des partenaires techniques et
financiers, Georges Carpentier, a indiqué que pour le processus de mise en
oeuvre de l'Accord politique de Ouagadougou il a été constaté qu'il
y a eu une évolution positive.
Pour ce faire, il a dit qu'il sera question
d'intensifier la collaboration et le partenariat dans la définition de
programmes surtout en ce qui concerne les élections.
Sur les contributions pour l'organisation des
élections, M. Carpentier a rappelé qu'il y a eu une table ronde en juillet
dernier à Ouagadougou et des contributions ont été annoncées et
en cours de décaissement, mais certains ont demandé plus de détails
au niveau des programmes à financer.
Dans cette optique, M. Carpentier a proposé
d'intensifier le travail de formulation et de programmation conjoint pour
pouvoir accélérer les décaissements les programmes de sorties de crise.
Pour les programmes de sortie de crise, 400 millions
de dollars US seront mobilisés pour l'organisation des élections en Côte
d'Ivoire.
En ce qui concerne la question des grades des
militaires des Forces nouvelles, une solution devrait être trouvée le 24
janvier lors de la rencontre à Ouagadougou du Cadre permanent de
concertation à la laquelle doit prendre part le président
ivoirien Laurent Gbagbo, l'ancien chef de l'Etat, Henri Konan Bédié, et
l'ancien Premier ministre, Alassane Dramane Ouattara.
Les anciens chefs de délégation notamment, le
ministre de l'Intérieur Désiré Tagro (camp présidentiel) et le ministre
chargé des victimes de guerre et secrétaire général adjoint des FN, M.
André-Louis Dacoury-Tabley qui avaient conduit les négociations
n'étaient pas présents à cette rencontre, tout comme le porte- parole
des FN, Sidiki Konaté et le ministre de la Justice Mamadou Koné.
Outre M. Soro, la délégation du camp présidentiel
conduite par M. Alcide Djédjé, l'ambassadeur de la Côte d'Ivoire aux
Nations unies et des représentants de l'Opération des Nations unies en
Côte d'Ivoire (ONUCI), de la France, des Etats-Unis, de la Banque
mondiale, du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque
africaine de développement (BAD) et de l'Union européenne (UE)
ont pris parti à cette rencontre.
L'Accord de Ouagadougou a été signé le 4 mars
2007 par le président Gbagbo et le leader des Forces nouvelles
(FN), Guillaume Soro, dans la capitale burkinabé.