NEW YORK (Nations Unies), 9
janvier (Xinhua) -- Dans un rapport publié mercredi, l'ONU laisse
entrevoir le risque d'une récession mondiale cette année et recommande une
action collective pour éviter une forte dépréciation du dollar et relancer
la demande dans les pays qui possèdent d'importants surplus
externes.
"Les prévisions des Nations Unies pour la croissance
économique mondiale sont de 3.4% cette année, suivant la tendance à la
baisse avec 3.9% en 2006 et 3.7% en 2007", ont indiqué Jomo Kwame
Sundaram et Robert Vos, du Département des affaires économiques
et sociales de l'ONU, lors d'une conférence de presse à New York à
l'occasion du lancement de la publication Situation et perspectives
de l'économie mondiale 2008.
Mais l'éclatement de la bulle immobilière aux
Etats-Unis, la crise du crédit, le déclin du dollar américain vis-à-vis
des autres monnaies, la persistance tant de larges déséquilibres
mondiaux que des prix élevés du pétrole pourraient mettre en péril le
maintien de la croissance économique mondiale dans les années à venir,
explique le rapport.
Ces tendances devraient toucher d'autres régions du
monde, notamment les pays en développement, qui ont connu une croissance
de 6.9% en 2007. Ces derniers ont en effet accumulé plus de 3.000
milliards de dollars de réserves monétaires. Mais celles-ci sont en
dollars, ce qui entraînerait l'érosion de leur valeur en cas
de dépréciation de la monnaie américaine.
Dans le cas d'une crise plus longue et plus aigüe
sur les marchés de l'immobilier résidentiel et des prêts immobiliers
américains, ainsi que d'une chute du dollar, il pourrait y avoir une
récession automatique des Etats-Unis et une décélération de la croissance
mondiale à 1.6% en 2008.
Afin d'éviter un "atterrissage forcé du dollar", qui
pourrait aussi provoquer une instabilité financière mondiale et une
moindre demande américaine de biens en provenance du reste du monde,
l'ONU recommande des actions politiques coordonnées pour résorber les
déséquilibres globaux.
"Une stimulation de la demande globale sera
nécessaire pour éviter que l'économie américaine ne sombre dans une
récession et que ceci ne se propage sur le reste du monde", insistent les
auteurs du document.
En Chine, un rééquilibrage plus prononcé de la
demande globale, à travers un accroissement des dépenses publiques dans les
services de sécurité sociale, de santé et d'éducation, spécialement
en faveur de la population rurale, serait nécessaire pour réduire le
surplus, dit le rapport.
Dans les pays exportateurs de pétrole, il existe une
large marge de manoeuvre pour entreprendre les plans d'investissements
domestiques si nécessaires.
En Europe et au Japon, les pressions inflationnistes
faibles et continues justifieraient la fin des politiques monétaires
restrictives et appellent tout au moins des politiques neutres ou
modérément expansionnistes.
L'ONU recommande aussi d'inclure un réalignement des
taux de change et d'engager des réformes fondamentales du système actuel
de réserves. Une reforme plus immédiate consisterait à promouvoir un
système officiel de réserves reposant sur plusieurs monnaies. Un tel
système aiderait à accroître la stabilité du système financier
international en réduisant l'éventualité du scenario de crise dans lequel
le capital fuirait la principale de monnaie de réserve, aujourd'hui le
dollar américain, entraînant dans son sillage de fortes répercussions
potentielles sur l'économie mondiale, selon les auteurs du rapport.