LA HAYE, 7 janvier (Xinhua) -- Un expert en diamants
a été appelé lundi en tant que premier témoin du procès contre l'ancien
président libérien Charles Taylor, accusé de crimes de guerre par le
Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL).
Ian Smillie, expert canadien en commerce de
diamants, a révélé à un jury composé de trois membres que le commerce
illégal de diamants a provoqué la guerre au Sierra Leone.
M. Taylor, le premier ancien dirigeant africain à
être traduit en justice devant un tribunal international, fait face à 11
accusations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité pour
son implication dans la guerre civile de 10 ans du Sierra Leone, qui s'est
terminée en 2002.
M. Taylor a été condamné pour avoir soutenu les
rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) du Sierra Lenoe, qui ont
martyrisé les civils, trafiqué les armes et utilisé les soldats enfants
afin de contrôler les ressources minérales du pays, notamment les
mines de diamants.
Ian Smillie a indiqué que les diamants sont les
premières sources du financement du RUF, ajoutant que la plupart des
diamants ont été trafiqués du Sierra Leone via le Liberia.
"Le commerce illégal ne peut pas être fait sans la
permission et l'implication de hauts responsables du gouvernement
libérien", a souligné Ian Smillie.
Il a également fait savoir qu'il avait rencontré M.
Taylor en 2000 dans le cadre d'une enquête des Nations Unies sur le trafic
d'armes, et qu'au cours de leur rencontre, M. Taylor a reconnu la
possibilité que des diamants du Sierra Leone étaient transférés via
le Liberia, mais a rejeté son implication.
Portant un costume sombre, M. Taylor qui a boycotté
l'ouverture de son procès en juin 2007, est apparu cette fois-ci à la place
de l'accusé.
Les gouvernements du Liberia et du Sierra Leone
craignent que le procès de M. Taylor ne provoque des violences à Freetown,
capitale sierra-léonaise.
Le procès contre M. Taylor devrait être conclu
à la fin de l'année 2009.