OTTAWA, 6 janvier (Xinhua) -- La Cour fédérale du
Canada a donné son feu vert à un recours collectif (classe-action)
opposant des demandeurs de visa au ministère de la Citoyenneté et de
l'Immigration en ce qui concerne le niveau élévé des frais de
visa d'immigration, a rapporté samedi le groupe de médias canadien
Canwest.
Le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration
est accusé par un groupe de personnes d'avoir imposé des frais depuis 1998
beaucoup plus élevés que nécessaires aux demandeurs des visas
d'immigration, dont voyageurs, travailleurs étrangers, étudiants ou
personnes cherchant une résidence permanente au Canada.
De cette manière, le gouvernement d'Ottawa a
"illicitement" rassemblé ces dix dernières années plus de 700 millions de
dollars canadiens (700 millions USD) auprès des nouveaux immigrants.
Le ministère de l'Immigration a "systématiquement
violé" la loi durant des années, a indiqué Richard Kurland, un avocat de
Vancouver prenant part à ce procès, ajoutant que de nombreux cas, il
a été demandé aux demandeurs de visas de payer des frais parfois deux fois
plus élevés que les coûts en vigueur pour traiter certaines
demandes.
Conformément à la Loi portant sur l'administration
fiscale, les ministères fédéraux canadiens sont interdits de collecter des
frais plus importants par rapport au coût de leurs services. Cete
loi demande aux institutions fédérales de mettre en place des
mécanismes chargés de contrôle pour assurer que leurs profits ne
sont pas tirés des services publics.
Le traitement d'un visa d'immigration coûte au
gouvernement fédéral au moins 360 dollars canadiens (360 USD), tandis que
les nouveaux arrivants dans ce pays se sont vus parfois demandés 550
dollars canadiens (550 USD) pour une demande de visa.
Selon des juristes, une fois que le verdict sera
prononcé en faveur du recours collectif, il y aura un impact sur les
gouvernements à tous les niveaux du Canada.
"Le principe impliqué ici est extrêment
important. Tous les gouvernements récupèrent des frais pour différents
services qu'ils prennent en charge. La question que ce procès pose, c'est
la responsabilité des gouvernements pour savoir comment ils
dépensent leur argent", a dit Lorne Waldman, un avocat de Toronto.