NAIROBI, 2 janvier (Xinhua) -- Les autorités
kenyanes ont interdit dans la nuit de mardi à mercredi un rassemblement de
l'opposition prévu jeudi destiné à protester contre les résultats de
l'élection présidentielle de jeudi dernier, face à l'augmentation sans
cesse du nombre de tués dans des violences post-électorales.
Tous ceux qui participeront à la "Marche d'un
million" de personnes seront arrêtés, a averti le commissaire Mohammed
Hussein Ali mardi dans un communiqué.
"Compte tenu de la situation de sécurité dominante,
le meeting est illégal et toute personne qui tentera de participer au
meeting sera punie par la loi", a affirmé le commissaire Ali, avant
d'ajouter : "La saison des assemblements politiques s'est achevée
dans le pays. Il n'y aura plus de rassemblements et nous nous
assurerons qu'aucun rassemblement n'ait lieu".
Au moins 145 personnes ont été tuées, 208 maisons et
locaux professionnels ont été brûlés ou pillés et 73.500 personnes ont
été déplacées dans des violences post-électorales, déclenchées
dimanche, a révélé mardi plus tôt le porte-parole de la police Eric
Kiraithe.

Au moins 50 personnes ont
été tuées dans une église qui a été brûlée,
devant laquelle a pleuré une femme.
(Photo: Xinhua)
"Le gouvernement appelle tous les Kenyans
à étreindre la tolérance, la paix et la non-violence. Nous faisons tous
partie d'une grande communauté qu'est le Kenya", a-t-il ajouté.
Le candidat présidentiel Raila Odinga et son Parti
démocratique orange (ODM, opposition) ont critiqué le scrutin présidentiel
le considérant comme truqué afin d'assurer la victoire du président
sortant Mwai Kibaki.
Récusant les résultats officiels de l'élection,
l'ODM a projeté d'organiser jeudi un rassemblement pacifique au parc Uhuru
de Nairobi.