BEIJING, 28 décembre
(Xinhua) -- La communauté internationale a condamné jeudi l'assassinat du
leader de l'opposition pakistanaise et ancien Premier ministre Benazir
Bhutto, tout en appelant au calme et à la retenue au Pakistan.
Mme Bhutto, 54 ans, a été tuée jeudi soir dans un
attentat suicide à la bombe survenu durant son rassemblement électoral au
parc de Liaquat Bagh à Rawalpindi, à une trentaine de kilomètres au
sud de la capitale pakistanaise Islamabad. Au moins 20 personnes ont été
tuées dans l'attaque.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a vivement condamné
l'assassinat. Il a tenu une réunion d'urgence et publié une
déclaration condamnant l'attaque terroriste "en les termes les plus
véhéments".
(Photo: Xinhua)
Il a également appelé tous les Pakistanais à faire
preuve d'une retenue et à maintenir une stabilité dans le pays.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé
à comparaître les auteurs en justice le plus tôt possible.

(Photo: Xinhua)
Le président américain George W. Bush, qui a
vigoureusement condamné le meurtre, a appelé au téléphone son homologue
pakistanais Pervez Musharraf pour discuter de la situation
consécutive à l'assassinat.
(Photo: Xinhua/AFP)
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a
téléphoné Amin Fahimm, nouveau leader du parti politique de Mme Bhutto,
pour exprimer le soutien américain aux élections parlementaires
prévues pour le 8 janvier prochain au Pakistan.
Le porte-parole de la Maison Blanche Scott Stanzel a
déclaré : "Nous demandons le calme et espérons que les Pakistanais
pleureront son décès, célébreront sa vie et s'uniront ensemble".
Pour sa part, le président russe Vladimir Poutine a
envoyé un message de condoléances à M. Musharraf, en exprimant son espoir
que les assassins de Mme Bhutto seront trouvés et feront face à
de sévères punitions", a souligné M. Poutine.
(Photo: Xinhua/Reuters)
Le ministère russe des Affaires étrangères a demandé
à "toutes les forces responsables au Pakistan" de "montrer un
auto-contrôle maximum", et d'ignorer les provocations extrémistes.
Le Premier ministre britannique Gordon Brown a
condamné le meurtre, en indiquant que c'était "un jour triste" pour la
liberté politique et la démocratie.
La chancelière allemande Angela Merkel s'est
déclarée "choquée" par l'assassinat, en disant que l'"acte lâche" avait
souligné la nécessité de poursuivre la lutte contre le terrorisme et de
soutenir ceux qui ont subi ses conséquences.
Le ministre candien des Affaires étrangères Maxime
Bernier a déclaré : "Je demande au gouvernement et au peuple pakistanais
de continuer à rejeter toutes formes de violence et de résister à
ceux qui cherchent à destabiliser leur pays".
Le Premier ministre italien Romano Prodi a affirmé :
"La sacrifice de l'ex-Premier ministre Bhutto doit être l'exemple le
plus fort pour ceux qui voudraient céder au terrorisme".
Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a
vivement condamné l'assassinat de Mme Bhutto et exprimé sa choque au sujet
d'un tel "crime terroriste odieux".
Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed
Abul Gheit a également condamné l'attentat à la bombe contre Mme Bhutto,
disant qu'il était important pour les factions pakistanaises de se tenir
côté à côté contre le radicalisme et le terrorisme.
Le roi de Jordanie Abdullah II a exprimé le soutien
de son pays au Pakistan pour qu'il surmonte les conséquences de
l'incident.
L'Iran a aussi exprimé sa vive condamnation, en
disant que " l'acte terroriste et criminel" était destiné à saboter le
calme dans les pays voisins et dans le monde musulman en général.
Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a
condamné le meurtre et exprimé ses condoléances profondes à la famille de
Mme Bhutto et au Pakistan dans son ensemble.
En Afrique, le gouvernement sud-africain a appelé
tous les partis au Pakistan et le peuple pakistanais à rester calme
pendant cette période très turbulente.
Le président du Sénat nigérian David Mark a condamné
l'assissinat, en affirmant que c'était une action inattendue dans un
cadre démocratique.
Les gouvernements de nombreux autres pays dont
l'Albanie, la Grèce, la Norvège, la Suède, le Danemark, la Belgique, la
Finlande, la République tchèque, le Népal, Singapour, Israël et la Syrie,
ont également exprimé leur condamnation de ce meurtre.
L'attaque suicide survenue jeudi soir a été la
seconde contre Mme Bhutto depuis qu'elle est retournée dans son pays en
octobre dernier après huit ans d'exil. La première attaque a eu lieu
lors d'un rassemblement d'accueil à Karachi, la plus grande ville du
Pakistan peu après son retour, faisant 139 morts.
Mme Bhutto a prêté serment comme le Premier ministre
pakistanais en décembre 1988, devenant la première femme à diriger le
gouvernement pakistanais. Mais son gouvernement a été dissout en 1990 pour
des allégations de corruption. Le père de Mme Bhutto, également un Premier
ministre pakistanais, a été pendu par l'armée en 1979.
Réélue en 1993, elle a été encore une fois exclue de
ses fonctions trois ans plus tard sous les accusations de pot-de-vin.
Elle est allée en exil en avril 1999.