BANGKOK, 22 décembre (Xinhua) -- Plus de 45 millions
d'électeurs thaïlandais seront appelés aux urnes dimanche pour
les premières élections législatives depuis le coup d'Etat militaire
du 19 septembre 2006 qui a évincé l'ancien Premier ministre Thaksin
Shinawatra.
Les bureaux de vote ouvriront à 08H00 (01H00 GMT) et
fermeront à 15H00 (08H00 GMT). Les résultats du dépouillement de bulletins
seront connus dimanche soir avant minuit, juste neuf heures après la
fermeture des bureaux de vote, selon la Commission électorale, un qui a
assuré que cette élection se déroule de manière "libre et juste".
Plus de 5.000 candidats représentant une quarantaine
de partis politiques doivent entrer en lice pour 480 sièges au
Parlement.
Les deux principaux camps en compétition sont le
Parti du pouvoir du peuple (PPP) de Samak Sundaravej, ancien maire de
Bangkok, et le Parti démocrate d'Abhisit Vejjajiva, le principal
parti d'opposition sous l'époque de M. Thaksin (2001 à 2006).
Selon les derniers sondages, dont les résultats ont
été publiés la semaine dernière, le PPP pourrait remporter plus de 210
sièges, alors que le parti d'Abhisit Vejjajiva recueillirait plus de 120
sièges.
Dans la campagne, le PPP, au sein duquel se sont
regroupés les alliés de Thaksin, a prôné la formation d'un gouvernement de
coalition. M. Samak s'est même déclaré optimiste vis-à-vis d'une
victoire dans le nord et le nord-est du pays, fief du Premier
ministre évincé.
L'ancien parti de M. Thaksin, Thai Rak Thai (TRT),
arrivé au pouvoir en 2001, a été dissous par l'administration militaire
pour fraudes et irrégularités électorales. Beaucoup de membre de cette
ancienne formation se sont ensuite ralliés au PPP.
M. Thaksin, tout comme 111 anciens responsables du
TRT, est interdit de toute activité politique pendant cinq ans. Selon son
avocat Me Noppadon Pattama. il séjourne à Hong Kong (Chine) pour
suivre de près les élections générales du 23 décembre.
M. Thaksin, qui s'est imposé un prétendu exil après
le coup d'Etat militaire, fait face à une douzaine chefs d'inculpation,
alors que les procureurs thaïlandais s'efforcent de le faire revenir
avec son épouse pour les juger en Thaïlande.
Son retour devient aussi un sujet de débat dans la
campagne électorale. Lors d'un dernier rassemblement à Bangkok, Chalerm
Yoobamrung, chef adjoint du PPP, a déclaré que M. Thaksin
reviendrait en Thaïlande le 14 février, après la formation du
gouvernement issu des élections.
Pour sa part, M. Abhisit Vejjajiva, a exhorté à la
veille des élections M. Thaksin à retourner immédiatement en Thaïlande
pour comparaître et se défendre devant le tribunal.
Pour pour assurer le bon déroulement des élections,
l'administration militaire a envoyé plus de 15.000 soldats dans les
trois provinces du sud (Narathiwat, Pattani et Yala) et dans les quatres
districts près de la province de Songkhla pour prévenir tout incident de
violences.
Cette élection a été considérée comme
une grande chance de rétablir la démocratie en Thaïlande, d'autant
plus que l'administration militaire avait d'ores et
déjà promis d'organiser des élections générales afin de rendre le pouvoir au
civil.