NEW DELHI, 21 décembre (Xinhua) -- La Russie
souhaite toujours signer un accord nucléaire avec l'Inde si cet accord
stipule que les réacteurs ne seront livrés qu'en cas de levée des
restrictions internationales, a rapporté vendredi un influent journal
indien, le Hindu.
La signature d'un accord sur la livraison de 4
réacteurs supplémentaires pour le site de Koodankulam, où deux réacteurs
russes sont en train d'être installés, devait être le clou de la
viste du Premier ministre indien Manmohan Singh à Moscou le mois
dernier, mais elle n'a pas eu lieu.
New Delhi a indiqué qu'aucun accord bilatéral ne
pouvait être signé sans une dérogation du Groupe des fournisseurs du
nucléaire (NSG), qui a signé un accord spécifique à l'Inde avec l'Agence
internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Mais le journal cite une source officielle russe
proche du dossier affirmant que rien ne peut empêcher l'Inde et la Russie
de signer un accord sur ces quatre réacteurs si cet accord stipule
clairement que les réacteurs ne seront livrés qu'en cas de levée des
restrictions internationales sur les transferts de technologie à New Delhi.
Selon la source, si l'accord n'a pu être signé,
c'est que l'Inde a ajouté au texte une clause prévoyant que "tout accord
légalement signé est irrévocable", une clause jugée inacceptable par
la Russie car elle suppose que la Russie doit livrer les réacteurs, que
l'Inde obtienne une dérogation ou non. Cela mettrait la Russie en
porte-à-faux avec les Etats-Unis et le NSG dont elle est membre.
"La Russie se démène pour obtenir du NSG et de
l'AIEA la levée des restrictions pour l'Inde, mais signer un accord
nucléaire 'irrévocable', c'est vraiment trop demander", a déclaré la
source.
Moscou voit cette clause de New Delhi comme un
prétexte pour ne pas signer l'accord dans l'immédiat, probablement en
raison de pressions des Etats-Unis, analyse le média.
Un haut diplomate russe a indiqué au Hindu que
l'Inde s'était rétractée, dans l'accord sur Koodankulam, peu après que la
France eut changé d'avis sur la signature d'un accord nucléaire avec
l'Inde.
Pour la Russie, la France, notamment sous
la présidence de Nicolas Sarkozy, est sensible aux pressions américaines
et Moscou pense que Washington tente de tenir ses concurrents éloignés
du marché du nucléaire indien.