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Bilan-2007 : Le processus de paix s'avance avec vecissitude au  Soudan
  2007-12-22 08:25:19  

      (par SHAO Jie)

     KHARTOUM, 21 décembre (Xinhua) -- Le processus de paix au  Soudan, démarré il y a trois ans, s'avance avec vecissitude en  2007, marqué surtout par une nouvelle crise politique entre  nordistes et sudistes et les difficultés dans la résolution de la  question du Darfour (ouest).  

     LE DOSSIER EPINEUX DU DARFOUR  

     Au début de l'année, le gouvernement de Khartoum a exprimé sa  détermination à promouvoir la mise en oeuvre de l'Accord de paix  du Darfour (DPA), signé le 5 mai 2006 avec un seul groupe rebelle  de la région. 

     Quelques jours plus tard, un conflit sanglant a éclaté entre  les tribus d'al-Tarjam et d'al-Zrigat dans le sud du Darfour,  faisant 12 morts.Les violences fréquentes, notamment des attaques  rebelles et des conflits communautaires, constituent l'un des  obstacles aux efforts de paix. 

     Le 29 septembre, des hommes armés inconnus ont lancé une  attaque sanglante contre une position de la mission de l'UA à  Haskanita, dans le sud du Darfour, entraînant la mort de dix  soldats africains, la plus lourde perte depuis sa présence dans la région en 2004. 

     Les violences se poursuivent "au Darfour, à l'extérieur du  Darfour et à l'extérieur du Soudan", et la situation humanitaire y est "très fragile", selon l'envoyé spécial du secrétaire général  de l'ONU, Jan Eliasson, arrivé à Khartoum début décembre, après  avoir participé à une réunion des pays voisins du Soudan, tenu le  4 décembre à Charm el-Cheikh (Egypte). 

     Sous la médiation de l'ONU et de l'UA, les parties prenantes  ont accepté de reprendre leurs pourparlers le 27 octobre dernier à Syrte, en Libye, mais les principaux groupes de rebelles,  notamment le Mouvement pour le justice et l'égalité (JEM) de  Khalil Ibrahim et le Mouvement de libération du Soudan (SLM)  d'Abdel Wahed Mohammed Nour, y ont été absent. 

     Devant cet échec, le gouvernement soudais, par la voix du  conseiller présidentiel Nafie Ali Nafie, a réaffirmé vers la fin  de l'année sa disponibilité à poursuivre les pourparlers de paix  avec les mouvements rebelles du Darfour avec l'aide de l'ONU et de l'UA. 

     Et le président soudanais Omer al-Bachir a renouvelé ses appels à les mouvements rebelles du Darfour pour qu'ils s'engagent dans  le dialogue avec le gouvernement de Khartoum.  

     Parallèlement, les Nations Unies et l'UA poursuivent leur  médiation et le président Omar el-Béchir a finalement accepté en  avril la troisième phase d'un plan onusien qui prévoit le  déploiement d'une force hybride (Minuad) de 26.000 incluant des  Casques bleus pour remplacer la force africaine de 7.000 hommes au Darfour, en proie à des difficultés financières et de soutiens  logistiques. 

     La résolution 1769 instituant cette force a été votée le 31  juillet par le Conseil de sécurité de l'ONU et acceptée le  lendemain par Khartoum. Mais des difficultés persistent dans son  déploiement. D'autant plus que le Soudan s'oppose au déploiement  de contingents autres qu'africains, à l'exception de soldats  chinois et indiens. 

     Vers la fin de l'année, les médiateurs de l'ONU et de l'UA se  sont déplacés au Soudan dans les efforts de convaincre les  autorités soudaises d'accepter ces contingents non-africains. Lors du sommet entre l'Union européenne et l'Afrique à Lisbonne, au  Portugal, les Européens ont également fait pression sur le  président el-Béchir.  

      

     RESOLUTION DE LA CRISE POLITIQUE NORD-SUD  

     Le 11 octobre dernier, le Mouvement de libération du peuple  soudanais (SPLM) a suspendu la participation de leurs  réprésentants au gouvernement d'unité soudanais sous le prétexte  que le parti du président el-Béchir "tard à mettre en application" de l'Accord de paix global (CPA) signé en janvier 2005.  

     Il s'agit là de la plus grave crise pour le gouvernement  d'unité nationale, formé en septembre 2005 suite à la signature du CPA, qui avait mis fin à une guerre de 21 ans dans le sud ayant  fait au moins 1,5 million de morts.  

     Après des négociations intensives, le président el-Béchir et le premier vice-président soudanais, Salva Kiir Mayardit, chef du  SPLM, ont conclu le 12 décembre à Khartoum des accords en vue d'un règlement de la crise, accords salués par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. 

     Dans son discours prononcé lors d'un congrès du Parti du  congrès national (NCP, au pouvoir), le président el-Béchir a  souligné que son gouvernement et son parti n'ont pas d'intention  de revenir à la guerre dans le sud du Soudan. 

     Le président el-Béchir a notamment appelé à "un partenariat  politique efficace" entre le NCP et le SPLM afin de "consolider  les pilliers de la paix, de renforcer l'unité volontaire et  d'augmenter les opportunités de participation pour d'autres partis ".