(par SHAO Jie)
KHARTOUM, 21 décembre (Xinhua) -- Le processus de
paix au Soudan, démarré il y a trois ans, s'avance avec vecissitude en
2007, marqué surtout par une nouvelle crise politique entre
nordistes et sudistes et les difficultés dans la résolution de la
question du Darfour (ouest).
LE DOSSIER EPINEUX DU DARFOUR
Au début de l'année, le gouvernement de Khartoum a
exprimé sa détermination à promouvoir la mise en oeuvre de l'Accord de
paix du Darfour (DPA), signé le 5 mai 2006 avec un seul groupe rebelle
de la région.
Quelques jours plus tard, un conflit sanglant a
éclaté entre les tribus d'al-Tarjam et d'al-Zrigat dans le sud du Darfour,
faisant 12 morts.Les violences fréquentes, notamment des attaques
rebelles et des conflits communautaires, constituent l'un des
obstacles aux efforts de paix.
Le 29 septembre, des hommes armés inconnus ont lancé
une attaque sanglante contre une position de la mission de l'UA à
Haskanita, dans le sud du Darfour, entraînant la mort de dix soldats
africains, la plus lourde perte depuis sa présence dans la région en
2004.
Les violences se poursuivent "au Darfour, à
l'extérieur du Darfour et à l'extérieur du Soudan", et la situation
humanitaire y est "très fragile", selon l'envoyé spécial du secrétaire
général de l'ONU, Jan Eliasson, arrivé à Khartoum début décembre, après
avoir participé à une réunion des pays voisins du Soudan, tenu le 4
décembre à Charm el-Cheikh (Egypte).
Sous la médiation de l'ONU et de l'UA, les parties
prenantes ont accepté de reprendre leurs pourparlers le 27 octobre dernier
à Syrte, en Libye, mais les principaux groupes de rebelles, notamment
le Mouvement pour le justice et l'égalité (JEM) de Khalil Ibrahim et le
Mouvement de libération du Soudan (SLM) d'Abdel Wahed Mohammed Nour, y ont
été absent.
Devant cet échec, le gouvernement soudais, par la
voix du conseiller présidentiel Nafie Ali Nafie, a réaffirmé vers la fin
de l'année sa disponibilité à poursuivre les pourparlers de paix
avec les mouvements rebelles du Darfour avec l'aide de l'ONU et
de l'UA.
Et le président soudanais Omer al-Bachir a renouvelé
ses appels à les mouvements rebelles du Darfour pour qu'ils s'engagent dans
le dialogue avec le gouvernement de Khartoum.
Parallèlement, les Nations Unies et l'UA poursuivent
leur médiation et le président Omar el-Béchir a finalement accepté en
avril la troisième phase d'un plan onusien qui prévoit le
déploiement d'une force hybride (Minuad) de 26.000 incluant des
Casques bleus pour remplacer la force africaine de 7.000 hommes
au Darfour, en proie à des difficultés financières et de soutiens
logistiques.
La résolution 1769 instituant cette force a été
votée le 31 juillet par le Conseil de sécurité de l'ONU et acceptée le
lendemain par Khartoum. Mais des difficultés persistent dans son
déploiement. D'autant plus que le Soudan s'oppose au déploiement de
contingents autres qu'africains, à l'exception de soldats chinois et
indiens.
Vers la fin de l'année, les médiateurs de l'ONU et
de l'UA se sont déplacés au Soudan dans les efforts de convaincre les
autorités soudaises d'accepter ces contingents non-africains. Lors du
sommet entre l'Union européenne et l'Afrique à Lisbonne, au Portugal, les
Européens ont également fait pression sur le président el-Béchir.
RESOLUTION DE LA CRISE POLITIQUE
NORD-SUD
Le 11 octobre dernier, le Mouvement de libération du
peuple soudanais (SPLM) a suspendu la participation de leurs
réprésentants au gouvernement d'unité soudanais sous le prétexte que
le parti du président el-Béchir "tard à mettre en application" de l'Accord
de paix global (CPA) signé en janvier 2005.
Il s'agit là de la plus grave crise pour le
gouvernement d'unité nationale, formé en septembre 2005 suite à la
signature du CPA, qui avait mis fin à une guerre de 21 ans dans le sud
ayant fait au moins 1,5 million de morts.
Après des négociations intensives, le président
el-Béchir et le premier vice-président soudanais, Salva Kiir Mayardit, chef
du SPLM, ont conclu le 12 décembre à Khartoum des accords en vue
d'un règlement de la crise, accords salués par le secrétaire général
de l'ONU, Ban Ki-moon.
Dans son discours prononcé lors d'un congrès du
Parti du congrès national (NCP, au pouvoir), le président el-Béchir a
souligné que son gouvernement et son parti n'ont pas d'intention de
revenir à la guerre dans le sud du Soudan.
Le président el-Béchir a notamment appelé à
"un partenariat politique efficace" entre le NCP et le SPLM afin
de "consolider les pilliers de la paix, de renforcer l'unité volontaire
et d'augmenter les opportunités de participation pour d'autres
partis ".