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Pérou : Fujimori reconnaît avoir commandité le coup d'Etat en 1992
  2007-12-20 14:17:11  

    LIMA, 19 décembre (Xinhua) -- L'ancien président péruvien ( 1990-2000) Alberto Fujimori a reconnu mercredi avoir commandité un coup d'Etat en 1992, mais rejeté les accusations de massacres et  d'enlèvements à son encontre, selon les médias péruviens. 

L'ancien président péruvien ( 1990-2000) Alberto Fujimori a reconnu mercredi avoir commandité un coup d'Etat en 1992, mais rejeté les accusations de massacres et  d'enlèvements à son encontre, selon les médias péruviens.

(Photo : Xinhua)

     "J'ai pris personnellement la décision bien que j'aie bésoin du soutien des forces armées", a avoué M. Fujimori, au cours d'un  interrogatoire présidé par le procurreur en chef José Pelaez au  siège du Directoire national spécial des opérations, à 7 km de la  capitale Lima. 

     Selon M. Fujimori, l'ancien chef du Service des renseignements, Vladimiro Montesinos, avait également pris part à la réunion  préparatoire du coup d'Etat le 15 avril 1992, lors de laquelle  l'armée péruvienne avait détenu les dirigeants des deux chambres  du Parlement, le sénateur Felipe Osterling et le député Roberto  Ramirez. 

     En revanche, M. Fujimori a démenti avoir donné l'ordre, ou même entendu parler, des arrestations de politiciens ou de journalistes au cours du coup d'Etat, notamment celle du journaliste Gustavo  Gorriti. 

     Alberto Fujimori a été condamné mardi par un tribunal spécial  péruvien à six ans de prison pour abus de pouvoir. Il a été accusé d'avoir ordonné le massacre de Barrios Altos (en banlieue de Lima) en 1991 et de l'enlèvement d'un groupe d'étudiants et  d'enseignants de l'université de La Cantuta qui a eu lieu en 1992. Il est par ailleurs inculpé d'avoir fait enlever le journaliste  Gustavo Gorriti et l'homme d'affaires Samuel Dyer.  

     "Je n'ai pas donné l'ordre", a déclaré M. Fujimori, ajoutant  que son rôle de chef suprême de l'armée était plus "symbolique"  qu'"opérationnel". Il a réitéré qu'aucun des ses ministres, ni les chefs des forces armées, ni les chefs du renseignement ne l'avait  informé des détails de tels massacres. 

     M. Fujimori, 69 ans, a également démenti toute implication du  maltraitement de l'ancien président péruvien de 1985 à 1990, Alan  Garcia, qui a été réélu président l'année dernière. 

     M. Fujimori a fui au Japon en 2000 pour échapper à un scandale  de corruption, selon lequel il aurait donné des pots-de-vin à des  députés, et il y a vécu durant cinq ans. En 2005, il est retourné  au Chili, où il préparait son retour dans l'arène politique du  Pérou. il a été arrêté en novembre 2005 au Chili et a été extradé  au Pérou en septembre 2007.