LIMA, 19
décembre (Xinhua) -- L'ancien président péruvien ( 1990-2000) Alberto
Fujimori a reconnu mercredi avoir commandité un coup d'Etat en 1992, mais
rejeté les accusations de massacres et d'enlèvements à son encontre, selon
les médias péruviens.

(Photo : Xinhua)
"J'ai pris personnellement la décision bien que
j'aie bésoin du soutien des forces armées", a avoué M. Fujimori, au cours
d'un interrogatoire présidé par le procurreur en chef José Pelaez au
siège du Directoire national spécial des opérations, à 7 km de la
capitale Lima.
Selon M. Fujimori, l'ancien chef du Service des
renseignements, Vladimiro Montesinos, avait également pris part à la
réunion préparatoire du coup d'Etat le 15 avril 1992, lors de laquelle
l'armée péruvienne avait détenu les dirigeants des deux chambres du
Parlement, le sénateur Felipe Osterling et le député Roberto
Ramirez.
En revanche, M. Fujimori a démenti avoir donné
l'ordre, ou même entendu parler, des arrestations de politiciens ou de
journalistes au cours du coup d'Etat, notamment celle du journaliste
Gustavo Gorriti.
Alberto Fujimori a été condamné mardi par un
tribunal spécial péruvien à six ans de prison pour abus de pouvoir. Il a
été accusé d'avoir ordonné le massacre de Barrios Altos (en banlieue de
Lima) en 1991 et de l'enlèvement d'un groupe d'étudiants et
d'enseignants de l'université de La Cantuta qui a eu lieu en 1992. Il
est par ailleurs inculpé d'avoir fait enlever le journaliste Gustavo
Gorriti et l'homme d'affaires Samuel Dyer.
"Je n'ai pas donné l'ordre", a déclaré M. Fujimori,
ajoutant que son rôle de chef suprême de l'armée était plus "symbolique"
qu'"opérationnel". Il a réitéré qu'aucun des ses ministres, ni
les chefs des forces armées, ni les chefs du renseignement ne l'avait
informé des détails de tels massacres.
M. Fujimori, 69 ans, a également démenti toute
implication du maltraitement de l'ancien président péruvien de 1985 à
1990, Alan Garcia, qui a été réélu président l'année dernière.
M. Fujimori a fui au Japon en 2000 pour échapper à
un scandale de corruption, selon lequel il aurait donné des pots-de-vin à
des députés, et il y a vécu durant cinq ans. En 2005, il est retourné
au Chili, où il préparait son retour dans l'arène politique du
Pérou. il a été arrêté en novembre 2005 au Chili et a été extradé au
Pérou en septembre 2007.