WASHINGTON, 19 décembre (Xinhua)
-- Le Pentagone a déclaré mercredi avoir été tenu au courant des raids
aériens lancés par la Turquie le week-end dernier dans le nord de l'Irak,
où opèrent les rebelles kurdes.
"Nous avons eu de nombreuses notifications sur les
raids aériens menés par la Force de l'air turque contre les positions
du PKK (Travailleurs du Kurdistan) dans le nord de l'Irak", a fait
savoir le porte-parole du Pentagone Geoff Morrell.
"Nous avons été informés par le biais du centre de
coordination d'Ankara, opérationnel depuis quelques mois, dans lequel le
personnel turc partage les renseignements avec le personnel
américain", a affirmé le responsable.
La Turquie a confirmé dimanche dernier avoir
bombardé au début de la journée des cibles du PKK dans le nord de
l'Irak.
En outre, les troupes turques ont pénétré mardi dans
la région autonome des Kurdes dans le nord de l'Irak pour y traquer les
rebelles kurdes, a révélé à l'agence Xinhua un porte-parole des
gardes-frontière kurdes, sous couvert d'anonymat.
"Environ 100 soldats turcs transportant des armes
légères sont entrés dans la zone montagneuse de Bradrak à proximité de la
frontière", a dévoilé ce porte-parole.
L'ambassadeur de la Turquie aux Etats-Unis, Nabi
Sensoy, a indiqué que les attaques aériennes turques avaient été
effectuées grâce aux renseignements fournis par Washington.
Aux dires du chef de l'état-major, Yasar Buyukanit,
les Etats- Unis ont donné le feu vert aux bombardements de dimanche, par
l'offre de renseignements et de l'espace aérien en Irak.
Environ 100 000 soldats turcs sont déployés le long
de la frontière turco-irakienne pour se préparer à une opération
transfrontalière visant à pourchasser les quelque 3.000 rebelles
kurdes du PKK.
Les Etats-Unis, favorables aux efforts d'Ankara pour
combattre le PKK opérant à la frontière turco-irakienne, ont écarté toute
condamnation de l'incursion turque en Irak.
Le PKK, considéré comme une organisation terroriste
par Ankara, les Etats-Unis et l'Union européenne, a lancé depuis 1984 une
lutte armée pour la création d'un Etat kurde indépendant dans le
Sud-Est anatolien, coûtant la vie à plus de 30.000 personnes.