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Afrique du Sud : réactions variées après l'élection de Zuma à la  tête de l'ANC
  2007-12-19 12:00:56  

    ( par YUAN Ye )

     POLOKWANE (Afrique du Sud), 18 décembre (XINHUA) -- L'élection  mardi de Jacob Zuma, ancien vice-président de la République limogé en 2005, à la tête du Congrés national africain (ANC, au pouvoir)  marque le retour remarquable d'un homme politique controversé et a provoqué diverses réactions en Afrique du Sud. 

L'élection  mardi de Jacob Zuma, ancien vice-président de la République limogé en 2005, à la tête du Congrés national africain (ANC, au pouvoir)  marque le retour remarquable d'un homme politique controversé et a provoqué diverses réactions en Afrique du Sud.

(Photo: Xinhua)

     A la suite de l'annonce des résultats électoraux, la majorité  des délégués-électeurs, au nombre de 3.900, se sont lancés dans  les célébrations, et klaxons de voitures et chants ont retenti  dans le campus de l'Université du Limpopo, où s'est déroulé le  congrès national de l'ANC.  

L'élection  mardi de Jacob Zuma, ancien vice-président de la République limogé en 2005, à la tête du Congrés national africain (ANC, au pouvoir)  marque le retour remarquable d'un homme politique controversé et a provoqué diverses réactions en Afrique du Sud.

(Photo: Xinhua)

     Un Zuma solennel et un Mbeki souriant sont montés ensemble sur  la scène de la salle de conférence, où les deux hommes se sont  embrassés et serrés la main en signe de félicitations avant de  quitter la scène. 

L'élection  mardi de Jacob Zuma, ancien vice-président de la République limogé en 2005, à la tête du Congrés national africain (ANC, au pouvoir)  marque le retour remarquable d'un homme politique controversé et a provoqué diverses réactions en Afrique du Sud.

(Photo: Xinhua)

     Zuma a battu Mbeki avec 2.329 voix contre 1.505 dans leur  course à la présidence de l'ANC, a confirmé mardi soir la  commission électorale du parti lors d'un congrès national tenu à  Polokwane, dans la province du Limpopo (nord-est).  

     Zuma, 65 ans, deviendrait probablement le prochain président de la République, un poste traditionnellement assuré par le président de l'ANC dans les élections générales. Aussi, le deuxième mandat  présidentiel de Mbeki doit expirer en 2009. 

     Les quatre autres postes de la direction supérieure de l'ANC  sont aussi occupés par les proches de Zuma, avec notamment le vice- président Kgalema Motlanthe, ancien secrétaire général qui a battu la ministre des Affaires étrangères, Nkosazana Dlamini-Zuma (ex- épouse de Zuma), et le numéro trois Baleka Mbete, présidente du  Parlement qui a fait échouer le porte-parole du gouvernement Joel  Netshitenzhe. 

      

     FELICITATIONS ET DECEPTIONS 

      

     L'Inkatha Freedom Party (IFP, opposition) s'est félicité de  l'élection de Zuma, mais a mis en garde contre la lourde charge  pour diriger l'ANC, un vieux parti de 96 ans qui est aujourd'hui  plongé dans de profondes divisions en raison de la bataille  ouverte entre Zuma et Mbeki.  

     "Il s'agit d'un grand privilège et d'une responsabilité pour  diriger l'organisation, jadis conduite par Inkosi Albert Luthuli  et Nelson Mandela", a indiqué le chef de l'IFP, Mangosuthu  Buthelezi dans un communiqué, ajoutant que les tâches que Zuma va  entamer sont "énormes". 

     L'ancien président sud-africain Frederik Willem de Klerk a  déclaré que l'élection de Zuma revêtait d'une "importance  historique pour l'Afrique du Sud" et qu'elle "aura un impact  majeur sur la direction du pays pour les 5 à 12 années à venir". 

     Cependant, la chef de l'Alliance Démocratique (principal parti  d'opposition), Helen Zille, a estimé que la victoire de Zuma  marque "un jour de consternation tant pour l'ANC, que pour  l'Afrique du Sud". "Il est accusé que les membres de l'ANC ne  trouvent pas de meilleur candidat que Jacob Zuma pour les diriger", a indiqué Helen Zille dans un communiqué. 

     Le Parquet national sud-africain pourra toujours poursuivre  Zuma, accusé de corruption et fraude fiscale dans une affaire de  contrat d'armement, alors que son conseiller financier Schabir  Shaik avait été condamné en 2005 à une peine de 15 ans en prison. 

     Mais l'Organisation civique nationale d'Afrique du Sud (Sanco)  a demandé l'abandon de l'enquête judiciaire contre Zuma après son  élection à la tête de l'ANC. "Nous pensons que cette enquête est  une chasse aux sorcières", a indiqué le secrétaire national de la  Sanco, Sello Molefe.   

     INQUIETUDE ET ATTENTE 

      

     Ayant de rejoindre en 1958 l'ANC, alors mouvement de lutte  contre le régime d'apartheid, M. Zuma avait été une fois considéré comme le successeur de Mbeki, mais avait été limogé de la vice- présidence de la République par ce dernier il y a deux ans après  la condamnation de son conseiller financier, puis jugé l'année  suivante pour le viol d'une jeune séropositive, dont il fut  acquitté.  

     Zuma est aussi célèbre pour ses propos controversés, que pour  sa vie privée. Il a été même étiqueté comme "le polygame le plus  connu de l'Afrique du Sud" par le journal sud-africain The Times,  pour le fait qu'il s'est marié au moins trois fois et est père  d'une douzaine d'enfants. 

     Malgré ces controverses et ces scandales, Zuma reste populaire  parmi les populations noires pauvres qui déclarent ne pas voir  leur vie améliorée après la fin de la gouvernance des Blancs. 

     Les partisans de Zuma critiquent Mbeki pour ses politiques,  qu'ils accusent de ne pas permettre l'enrichissement d'une partie  très limitée de la population, et espèrent que Zuma pourra  redistribuer les richesses du pays en faveur des pauvres.  

     Ces revendications ont suscité des inquiétudes parmi les  investisseurs sud-africains et étrangers, bien que Zuma ait agi  rapidement pour assurer la continuité des politiques économiques. 

     Quant à Johnson Mphahlele, un agent de sécurité à l'Université  du Limpopo et membre de l'ANC, le parti, sous la direction de Zuma, honorera ses engagements à aidera la majorité pauvre à relever  leur niveau de vie.  

     "L'ANC ne représente pas le pouvoir d'un individu, il prend des décisions collectivement", a déclaré ce père de quatre enfants à  Xinhua. "J'ai confiance en l'ANC, parce que c'est un parti pour le peuple", a-t-il dit.