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Bilan-2007 : Nouvel essor pour la coopération agricole entre la  Chine et l'Afrique
  2007-12-15 08:36:29  

   ( Par CHEN Shun ) 

     DAKAR, 14 décembre (Xinhua) -- La coopération agricole entre la Chine et l'Afrique, vieille d'une quarantaine d'années, a pris un  nouvel essor cette année sous l'impulsion du Sommet du Forum sur  la coopération sino-africaine, tenu à Beijing en novembre 2006. 

     Le 9 février 2007, le président chinois Hu Jintao et son  homologue mozambicain Armando Guebueza ont lancé à Maputo, au  Mozamibique, le premier Centre de démostration de l'Agro- technologie pour la coopération Chine-Afrique. 

     Selon le professeur Nian Hai, un expert en soja du Programme de recherche collaborative sur les cultures, ce centre vise à  introduire la science et la technologie avancées dans  l'agriculture et de former des experts professionnels en Afrique  orientale et australe. 

     La ministre ougandaise de l'Agriculture, du Secteur animalier  et de la Pêche, Hilary Onek, a estimé que ces centres étaient  nécessaires et arrivaient au bon moment, où l'Ouganda souhaite  vivement partager l'expérience et les technologies de la Chine  dans le secteur agricole pour résoudre certains des problèmes,  auxquels est confronté le pays. 

     L'ouverture de ce centre s'inscrit dans le cadre de la mise en  oeuvre des huit mesures de promotion du développement de l'Afrique, adoptées lors du Sommet sino-agricain de Beijing.  

     Pendant le premier semestre 2007, la Chine a envoyé cinq  équipes dans 14 pays africains pour effectuer des recherches sur  le terrain en vue de l'installation de ces centres de  démonstration. 

      

     COMPLEMENTARITE AGRICOLE ENTRE LA CHINE ET L'AFRIQUE  

     Le Sommet de Beijing a en effet donné une priorité à la  coopération sino-agricaine dans le secteur de l'agriculture qui,  selon des responsables chinois et africains, a une grande  potentialité étant donné la forte complémentarité entre la Chine  et l'Afrique sur le terrain agricole. 

     Depuis le milieu des années 1990, le gouvernement chinois, dans sa politique de réformes et d'ouverture, encourage des entreprises agricoles à "sortir du pays" et à participer à la compétition  internationale, afin d'accélérer la restructuration de  l'agriculture chinoise. 

     Nombre d'entreprises agricoles du pays émergeant, à la faveur  des prêts à taux préférentiels et des politiques favorables, ont  pris en charge des projets d'exploitation agricole dans des pays  africains. 

     Du coup, des fermes ont poussé comme des champignons après la  pluie sur le continent, à l'exemple de celles mises en place en  Zambie, au Gabon, en Tanzanie, en Guinée, au Ghana, au Niger et au Cameroun. 

     L'Afrique possède 200 millions d'hectares de terres cultivées,  soit 13% du total dans le monde, sans compter 900 millions d'ha de pâturages verts en toutes saisons et les deux cinquièmes de  ressources en eau de notre planète. 

     Or, l'époque coloniale à légué une monoculture dans la majorité des pays africains où l'on trouve encore aujourd'hui des traces de culture sur brûlis. Les récoltes demeurent à la merci du ciel et  près de 80% des Etats n'arrivent pas à assurer leur auto- suffisance alimentaire. 

     Consciente de cette situation, L'Union africaine a placé  l'agriculture en tête de ses quatre domaines stratégiques de  développement : l'agriculture et l'accès au marché, les  infrastructures, la circulation des capitaux et les ressources  humaines. 

     La Chine a réussi à nourrir 20% de populations du monde avec 7% de terres cultivées, grâce à ses techniques et expériences en  matière agricole. 

     En l'occurrence, plusieurs pays africains ont exprimé leur  volonté de renforcer sa coopération avec la Chine pour améliorer  sa production agricole et augmenter le rendement des céréales,  conditions sine qua non pour en finir avec la faim et la pauvreté  et développer l'économie.  

     CONCRETISATION DES MESURES D'AIDE  

     Lors du Sommet Chine-Afrique organisé début novembre 2006 à  Beijing, le gouvernement chinois s'est engagé à envoyer, jusqu'en  2009, cent experts agricoles en Afrique et à établir dix centres  spéciaux de démonstration de techniques agricoles dans le vieux  continent.  

     Cette mesure annoncée est en cours de concrétisation. Pour ne  citer qu'un exemple, le centre de formation agricole de Sangalkam, à 36 km de Dakar, a déjà produit des résultats probants. Une  vingtaine d'espèces de legumes y poussent à merveille grâce aux  efforts des agronomes chinois chargés de former des maraîchers  sénégalais. A ce jour, plus de 180 cultivateurs locaux ont reçu un stage théorique et pratique dans cet établissement, à la grande  satisfaction des autorités et des populations. 

     Le riz est l'aliment de base des Sénégalais. Mais le Sénégal ne peut subvenir qu'à 40% de ses besoins, le reste devant être  importé de l'étranger. Une équipe d'agronomes chinois,  actuellement à Podor(nord) s'applique à expérimenter une nouvelle  espèce de riz à grand rendement sur 3,7 ha de rizières aménagées à titre expérimental. 

     Le ministre sénégalais du Développement rural et de  l'Agriculture, Amath Sall, a explique à Xinhua, au centre de  formation agricole de Sangalkam, que le gouvernement sénégalais  souhaite partager l'expérience chinoise en agriculture et soutient les efforts de la Chine dans sa coopération avec le Sénégal en vue d'arriver un jour à se suffir en céréales dans ce pays ouest- africain.