( Par CHEN Shun )
DAKAR, 14 décembre (Xinhua) -- La coopération
agricole entre la Chine et l'Afrique, vieille d'une quarantaine d'années, a
pris un nouvel essor cette année sous l'impulsion du Sommet du Forum sur
la coopération sino-africaine, tenu à Beijing en novembre 2006.
Le 9 février 2007, le président chinois Hu Jintao et
son homologue mozambicain Armando Guebueza ont lancé à Maputo, au
Mozamibique, le premier Centre de démostration de l'Agro- technologie
pour la coopération Chine-Afrique.
Selon le professeur Nian Hai, un expert en soja du
Programme de recherche collaborative sur les cultures, ce centre vise à
introduire la science et la technologie avancées dans l'agriculture
et de former des experts professionnels en Afrique orientale et
australe.
La ministre ougandaise de l'Agriculture, du Secteur
animalier et de la Pêche, Hilary Onek, a estimé que ces centres étaient
nécessaires et arrivaient au bon moment, où l'Ouganda souhaite
vivement partager l'expérience et les technologies de la Chine dans
le secteur agricole pour résoudre certains des problèmes, auxquels est
confronté le pays.
L'ouverture de ce centre s'inscrit dans le cadre de
la mise en oeuvre des huit mesures de promotion du développement de
l'Afrique, adoptées lors du Sommet sino-agricain de Beijing.
Pendant le premier semestre 2007, la Chine a envoyé
cinq équipes dans 14 pays africains pour effectuer des recherches sur
le terrain en vue de l'installation de ces centres de
démonstration.
COMPLEMENTARITE AGRICOLE ENTRE LA CHINE ET
L'AFRIQUE
Le Sommet de Beijing a en effet donné une priorité à
la coopération sino-agricaine dans le secteur de l'agriculture qui,
selon des responsables chinois et africains, a une grande
potentialité étant donné la forte complémentarité entre la Chine et
l'Afrique sur le terrain agricole.
Depuis le milieu des années 1990, le gouvernement
chinois, dans sa politique de réformes et d'ouverture, encourage des
entreprises agricoles à "sortir du pays" et à participer à la compétition
internationale, afin d'accélérer la restructuration de l'agriculture
chinoise.
Nombre d'entreprises agricoles du pays émergeant, à
la faveur des prêts à taux préférentiels et des politiques favorables, ont
pris en charge des projets d'exploitation agricole dans des pays
africains.
Du coup, des fermes ont poussé comme des champignons
après la pluie sur le continent, à l'exemple de celles mises en place en
Zambie, au Gabon, en Tanzanie, en Guinée, au Ghana, au Niger et
au Cameroun.
L'Afrique possède 200 millions d'hectares de terres
cultivées, soit 13% du total dans le monde, sans compter 900 millions d'ha
de pâturages verts en toutes saisons et les deux cinquièmes de
ressources en eau de notre planète.
Or, l'époque coloniale à légué une monoculture dans
la majorité des pays africains où l'on trouve encore aujourd'hui des traces
de culture sur brûlis. Les récoltes demeurent à la merci du ciel et
près de 80% des Etats n'arrivent pas à assurer leur auto- suffisance
alimentaire.
Consciente de cette situation, L'Union africaine a
placé l'agriculture en tête de ses quatre domaines stratégiques de
développement : l'agriculture et l'accès au marché, les
infrastructures, la circulation des capitaux et les ressources
humaines.
La Chine a réussi à nourrir 20% de populations du
monde avec 7% de terres cultivées, grâce à ses techniques et expériences en
matière agricole.
En l'occurrence, plusieurs pays africains ont
exprimé leur volonté de renforcer sa coopération avec la Chine pour
améliorer sa production agricole et augmenter le rendement des céréales,
conditions sine qua non pour en finir avec la faim et la pauvreté et
développer l'économie.
CONCRETISATION DES MESURES D'AIDE
Lors du Sommet Chine-Afrique organisé début novembre
2006 à Beijing, le gouvernement chinois s'est engagé à envoyer, jusqu'en
2009, cent experts agricoles en Afrique et à établir dix centres
spéciaux de démonstration de techniques agricoles dans le vieux
continent.
Cette mesure annoncée est en cours de
concrétisation. Pour ne citer qu'un exemple, le centre de formation
agricole de Sangalkam, à 36 km de Dakar, a déjà produit des résultats
probants. Une vingtaine d'espèces de legumes y poussent à merveille grâce
aux efforts des agronomes chinois chargés de former des maraîchers
sénégalais. A ce jour, plus de 180 cultivateurs locaux ont reçu
un stage théorique et pratique dans cet établissement, à la grande
satisfaction des autorités et des populations.
Le riz est l'aliment de base des Sénégalais. Mais le
Sénégal ne peut subvenir qu'à 40% de ses besoins, le reste devant être
importé de l'étranger. Une équipe d'agronomes chinois, actuellement
à Podor(nord) s'applique à expérimenter une nouvelle espèce de riz à grand
rendement sur 3,7 ha de rizières aménagées à titre expérimental.
Le ministre sénégalais du Développement rural et de
l'Agriculture, Amath Sall, a explique à Xinhua, au centre de
formation agricole de Sangalkam, que le gouvernement sénégalais
souhaite partager l'expérience chinoise en agriculture et
soutient les efforts de la Chine dans sa coopération avec le Sénégal en
vue d'arriver un jour à se suffir en céréales dans ce pays
ouest- africain.