LISBONNE, 8 décembre (Xinhua) --
Les hauts responsables de l'Union européenne (UE) ont excercé des
pressions sur le gouvernement soudanais pour que le dernier accepte le
déploiement d'une force hybride de maintien de la paix au Darfour, une
région dans l'ouest du pays.
Le président de la Commission européenne, José
Manuel Barroso, le haut représentant de l'Union européenne à la politique
étrangère, Javier Solana, et le commissaire de l'UE chargé du
développement, Louis Michel, ont rencontré samedi soir des
représentants du gouvernement soudanais, a confié à la presse le
ministre portugais des Affaires étrangères Luis Amado.
"C'était une réunion difficile (...) Les
circonstances étaient extrêmement difficiles comme vous le savez tous", a
confirmé M. Amado.
Le Premier ministre portugais, dont le pays assume
la présidence de l'UE en rotation, était présent à cette réunion
durant les 20 premières minutes. Il était obligé de quitter la salle
de réunion pour présider une session plénière du sommet UE- Afrique.
La présidence de l'UE a été représentée par le
secrétaire d'Etat portugais aux Affaires étrangères et à la Coopération,
Joao Cravinho, tout au long de la réunion d'une heure.
"La réunion s'est déroulée dans une atmosphère
franche. Cela veut dire que les deux parties ont explicitement exposé
leurs propres préoccupations", a confié aux journalistes M.
Cravinho.
La partie soudanaise a fait savoir qu'il lui est
difficile d'accepter une force de maintien de la paix composée de membres
non africains dans la région du Darfour, a poursuivi M. Cravinho.
Une force de maintien de la paix sous la bannière de
l'Union africaine (UA), médiocrement équippé et forte de 7.000 membres,
stationne actuellement au Darfour. Khartoum a toujours refusé
d'accepter le déploiement d'une force hybride ONU-UA de maintien de
la paix au Darfour.
Lors de la réunion de samedi, Khartoum a fait
remarquer que des progrès ont été enregistrés et qu'il y aura, dans un
proche avenir, des nouvelles sur le statut de la force hybride ONU-UA,
a-t-il indiqué.
"Nous attendons des nouvelles à l'ONU", a expliqué
M. Cravinho, avant d'ajouter que le message de l'UE a été transmis au
Soudan.
Au cours de la réunion, l'UE a également fait part
de ses inquiétudes sur le manque de progrès dans l'application de
l'Accord de paix totale entre le gouvernement et les groupes
rebelles, qui détiennent le sud du pays.
Par ailleurs, l'UE est préoccupée par une éventuelle
division du Soudan engendrée par un référendum prévu en 2011 dans le sud
du pays, a averti M. Cravinho, ajoutant que l'UE encourage le
président soudanais Omar el-Béchir à engager un dialogue approfondi
avec les parties du sud.
Le bloc des 27 pays a également exprimé ses
préoccupations vis- à-vis du manque de coopération soudanaise avec la Cour
pénale internationale (CPI).
Cette instance judiciaire basée à La Haye a émis en
mai 2007 des mandats d'arrêt contre le ministre soudanais des Affaires
humanitaires Ahmad Muhammad Harun et le chef des milices arabes
" djanjawid" Ali Kushaybthe, tandis que Khartoum a refusé de lui
remettre les deux hommes, sous prétexte que la CPI n'a pas de
juridiction sur cette affaire.