Du Caire à Lisbonne, un long parcours
dans les relations UE-Afrique (1/2)
LISBONNE, 8 décembre (Xinhua) -- Lorsque les
dirigeants des membres de l'Union européenne (UE) et des pays africains
ont terminé leur premier sommet au Caire en 2000, personne n'a prévu
qu'ils attendraient pendant une période de sept ans pour se
retrouver à leur deuxième sommet, qui s'est ouvert samedi à
Lisbonne.
Ouvrant le sommet, le Premier ministre portugais
Jose Socrate, a déclaré que "c'est un sommet d'égal à égal". Il a souligné
l'urgence de ce sommet, disant que "nous n'avons pas de temps à
perdre".
Le délai du deuxième sommet UE-Afrique était
essentiellement dû à l'opposition de la Grande-Bretagne à la participation
du président zimbabwéen Robert Mugabe, accusé par Londres de
" violation des droits de l'Homme" après le lancement de la réforme
agraire au Zimbabwe.
Le Portugal, qui assume la présidence rotatoire de
six mois de l'UE, a fait de la convocation du deuxième sommet UE-Afrique
une priorité, et invité M. Mugabe à y prendre part bien que le
Premier ministre britannique Gordon Brown refuse encore de s'asseoir avec
lui "à la même table" en boycottant le sommet.
L'UE estime nécessaire de convoquer immédiatement ce
sommet du fait que des pays asiatiques -- particulièrement la Chine et
l'Inde-- ainsi que les Etats-Unis ont afflué en Afrique.
Bien que l'UE, qui maintient ses relations
traditionnelles avec l'Afrique comme beaucoup de ses membres étaient
d'anciens maîtres coloniaux de l'Afrique, demeure le premier partenaire
commercial de ce continent, l'augmentation rapide de l'Asie à la troisième
place de partenaire commercial de l'Afrique a sonné l'alarme pour le
bloc européen.
Une décision par l'UE de faire des préparatifs pour
le sommet de Lisbonne six mois après le premier sommet Chine-Afrique de
nomvembre 2006, ne pourrait pas être interprétée comme une simple
coïncidence.
"L'importance de l'Afrique comme une alternative au
Moyen- Orient instable comme une source d'énergie et de matières
premières a rendu plus urgente la coopération fructueuse entre l'UE
et l'Afrique, particulièrement vu l'augmentation de l'important rôle de la
Chine sur le continent africain", selon une étude publiée par le Centre de
la politique européenne.
L'objectif de l'UE au sommet de Lisbonne est élevé.
Elle espère que ce sommet refinira les relations UE-Afrique en lançant un
partenariat stratégique qui dépasse les relations
donateur- bénéficiaire.
"Ce n'est pas un sommet ordinaire. Je le considère
comme un nouveau départ dans les relations entre les deux continents", a
déclaré jeudi le président de la Commission européenne, Jose Manuel
Barroso, lors d'un point de presse à Bruxelles. (à suivre)
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Du Caire à Lisbonne, un long parcours dans les relations
UE-Afrique ( 2/2)
Dans le cadre d'un partenariat stratégique
UE-Afrique, une stratégie conjointe soumise au sommet pour approbation, a
établi la paix et la sécurité, le développement, le changement
climatique, l'énergie et l'immigration comme domaines prioritaires dans la
future coopération UE-Afrique.
Mais il existe une grande divergence lorsque les
deux parties mettent en exergue des questions susmentionnées.
"Lorsque l'UE et l'Afrique partagent beaucoup de
valeurs importantes, qui sont introduites dans la Stratégie conjointe à
adopter à la fin du sommet de Lisbonne, elles n'ont certainement pas
les mêmes priorités, ni ne mettent en relief sur certaines valeurs",
d'après une étude publiée conjointement par le Centre de la politique
européenne et l'Institut des affaires internationales de l'Afrique du
Sud.
L'UE attache une grande importance à la bonne
gouvernance, aux droits de l'Homme et à l'immigration illégale, tandis que
l'Afrique s'intéresse plus au développement.
Les deux continents doivent également de résoudre
des problèmes dans leurs relations commerciales. Les traitements
privilégiés traditionnels accordés par l'UE aux pays ACP
(Afrique, Caraïbes et Pacifique) doivent être remplacés par les Accords de
partenariat économique (APE) dans le courant de l'année comme les
premiers ont été déclarés illégaux par l'Organisation mondiale du
commerce.
Mais jusqu'ici, seuls douze pays africains ont conlu
les accords APE avec l'UE. Beaucoup de pays africains craignent que
les nouvelles règles, basées sur l'ouverture du marché,
pourraient conduire à un afflux de produits européens.
En plus de l'adoption de la Stratégie conjointe, les
dirigeants de l'UE et de l'Afrique doivent également adopter le Plan
d'action pour les trois prochaines années, accompagné des mécanismes
d'application concrètes, à l'issue de leur sommet de deux jours qui
doit prendre fin dimanche.
Le troisième sommet UE-Afrique est prévu pour 2009.