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Du Caire à Lisbonne, un long parcours dans les relations UE-Afrique 
  2007-12-08 20:22:40  

     Du Caire à Lisbonne, un long parcours dans les relations UE-Afrique (1/2)  

     LISBONNE, 8 décembre (Xinhua) -- Lorsque les dirigeants des  membres de l'Union européenne (UE) et des pays africains ont  terminé leur premier sommet au Caire en 2000, personne n'a prévu  qu'ils attendraient pendant une période de sept ans pour se  retrouver à leur deuxième sommet, qui s'est ouvert samedi à  Lisbonne. 

     Ouvrant le sommet, le Premier ministre portugais Jose Socrate,  a déclaré que "c'est un sommet d'égal à égal". Il a souligné  l'urgence de ce sommet, disant que "nous n'avons pas de temps à  perdre".  

     Le délai du deuxième sommet UE-Afrique était essentiellement dû à l'opposition de la Grande-Bretagne à la participation du  président zimbabwéen Robert Mugabe, accusé par Londres de " violation des droits de l'Homme" après le lancement de la réforme  agraire au Zimbabwe. 

     Le Portugal, qui assume la présidence rotatoire de six mois de  l'UE, a fait de la convocation du deuxième sommet UE-Afrique une  priorité, et invité M. Mugabe à y prendre part bien que le Premier ministre britannique Gordon Brown refuse encore de s'asseoir avec  lui "à la même table" en boycottant le sommet.  

     L'UE estime nécessaire de convoquer immédiatement ce sommet du  fait que des pays asiatiques -- particulièrement la Chine et  l'Inde-- ainsi que les Etats-Unis ont afflué en Afrique. 

     Bien que l'UE, qui maintient ses relations traditionnelles avec l'Afrique comme beaucoup de ses membres étaient d'anciens maîtres  coloniaux de l'Afrique, demeure le premier partenaire commercial  de ce continent, l'augmentation rapide de l'Asie à la troisième  place de partenaire commercial de l'Afrique a sonné l'alarme pour  le bloc européen.  

     Une décision par l'UE de faire des préparatifs pour le sommet  de Lisbonne six mois après le premier sommet Chine-Afrique de  nomvembre 2006, ne pourrait pas être interprétée comme une simple  coïncidence. 

     "L'importance de l'Afrique comme une alternative au Moyen- Orient instable comme une source d'énergie et de matières  premières a rendu plus urgente la coopération fructueuse entre  l'UE et l'Afrique, particulièrement vu l'augmentation de  l'important rôle de la Chine sur le continent africain", selon une étude publiée par le Centre de la politique européenne. 

     L'objectif de l'UE au sommet de Lisbonne est élevé. Elle espère que ce sommet refinira les relations UE-Afrique en lançant un  partenariat stratégique qui dépasse les relations donateur- bénéficiaire. 

     "Ce n'est pas un sommet ordinaire. Je le considère comme un  nouveau départ dans les relations entre les deux continents", a  déclaré jeudi le président de la Commission européenne, Jose  Manuel Barroso, lors d'un point de presse à Bruxelles. (à  suivre) 

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    Du Caire à Lisbonne, un long parcours dans les relations UE-Afrique ( 2/2)  

     Dans le cadre d'un partenariat stratégique UE-Afrique, une  stratégie conjointe soumise au sommet pour approbation, a établi  la paix et la sécurité, le développement, le changement climatique, l'énergie et l'immigration comme domaines prioritaires dans la  future coopération UE-Afrique. 

     Mais il existe une grande divergence lorsque les deux parties  mettent en exergue des questions susmentionnées. 

     "Lorsque l'UE et l'Afrique partagent beaucoup de valeurs  importantes, qui sont introduites dans la Stratégie conjointe à  adopter à la fin du sommet de Lisbonne, elles n'ont certainement  pas les mêmes priorités, ni ne mettent en relief sur certaines  valeurs", d'après une étude publiée conjointement par le Centre de la politique européenne et l'Institut des affaires internationales de l'Afrique du Sud. 

     L'UE attache une grande importance à la bonne gouvernance, aux  droits de l'Homme et à l'immigration illégale, tandis que  l'Afrique s'intéresse plus au développement. 

     Les deux continents doivent également de résoudre des  problèmes dans leurs relations commerciales. Les traitements  privilégiés traditionnels accordés par l'UE aux pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) doivent être remplacés par les Accords de  partenariat économique (APE) dans le courant de l'année comme les  premiers ont été déclarés illégaux par l'Organisation mondiale du  commerce. 

     Mais jusqu'ici, seuls douze pays africains ont conlu les  accords APE avec l'UE. Beaucoup de pays africains craignent que  les nouvelles règles, basées sur l'ouverture du marché, pourraient conduire à un afflux de produits européens. 

     En plus de l'adoption de la Stratégie conjointe, les dirigeants de l'UE et de l'Afrique doivent également adopter le Plan d'action pour les trois prochaines années, accompagné des mécanismes  d'application concrètes, à l'issue de leur sommet de deux jours  qui doit prendre fin dimanche.  

     Le troisième sommet UE-Afrique est prévu pour 2009.