LOME, 7 décembre (XINHUA)
-- Selon le commissaire européen au Développement et à l'Action
humanitaire cité vendredi par le réseau de presse MEDIA-TOGO, une nouvelle
ère de coopération s'ouvre entre l'Afrique et l'Union europénne à quelques
jours d'un sommet historique qui réunira à Lisbonne les 8 et 9 décembre
prochain l'ensemble des 27 pays de l'Union et des 53 pays
africains.
"Ce sommet est porteur d'une nouvelle ambition pour
le partenariat euro-africain. Il est en effet plus que temps de
moderniser la relation entre nos deux continents", a-t-il dit.
L'Afrique, selon lui, vit désormais à l'heure de la
mondialisation. Pour la première fois depuis plus de trente ans,
l'Afrique a enregistré pour la quatrième année consécutive une
croissance économique réelle de plus de 5 %. L'Afrique, et son
sous-sol riche en matières premières et en pétrole, est aujourd'hui
courtisée par toutes les puissances de la planète... Elle n'est plus
perçue comme un "fardeau" mais comme une opportunité. De fait, l'Afrique
est devenue pour tous un enjeu et un partenaire majeur tant sur le plan
économique que politique, a- t-il souligné.
L'Afrique, poursuit-il, s'affirme également comme
une force internationale qui s'organise et veut peser.
L'Union africaine devient le cadre institutionnel de
gouvernance continentale pour traiter non seulement les problèmes internes
à l'Afrique mais aussi des grands défis du XXIème siècle comme le
changement climatique, l'énergie, les révolutions technologiques, a
mis en avant le commissaire.
Pour Louis Michel, ces profondes mutations appellent
l'Europe et l'Afrique à "refonder" leur partenariat, autour de trois
composantes essentielles. Premièrement, la relation
Europe-Afrique doit être fondée sur le principe d'une responsabilité
partagée, entre partenaires égaux en droits et en devoirs. Cela nécessite
une rupture avec l'afro-pessimisme et la vision caritative voire
paternaliste qui n'ont que trop dévoyé notre partenariat, a-t-il
renchéri.
"L'Afrique n'est pas une chasse-gardée européenne,
ni la chasse- gardée des bienpensants misérabilistes. Ensemble, nous devons
pouvoir engager un dialogue politique plus franc, plus ouvert,
permettant d'aborder ensemble, sans drame ni dogme, mais dans le
respect et la confiance, même les sujets difficiles comme les droits
de l'Homme, la corruption, les migrations mais aussi les subventions
agricoles ou la fuite des cerveaux ", a encore commenté le commissaire
européen.
Deuxièmement, explique-t-il, la relation entre
l'Europe et l'Afrique doit se structurer autour d'un agenda global,
au-delà de l'aide au développement. Il s'agit, pour lui, de poursuivre un
dialogue et une coopération sur des questions d'intérêt commun
telles que la gouvernance, le commerce, les infrastructures, le
secteur privé, l'énergie et la culture.
"C'est ce que proposent la Stratégie et le Plan
d'action élaborés conjointement par l'UE et l'UA en vue du sommet. Cette
coopération nous permettra de définir nos intérêts communs et de les
porter ensemble dans les instances internationales, avec un plus grand
potentiel d'influence", a-t-il poursuivi.
Troisièmement, le commissaire européen pense qu'il
convient de moderniser la politique de développement en Afrique. "L'aide
n'est pas une fin en soi; elle doit être un investissement qui stimule
la croissance économique nécessaire à la lutte contre la
pauvreté, a-t-il conclu.