LIMA, 6 décembre (Xinhua) -- L'ancien président
péruvien Alberto Fujimori fera face mardi prochain à un procès, accusé
d'abus de pouvoir, indique mercredi un communiqué de presse
judiciaire.
Selon le communiqué, le juge chargé de ce dossier
prononcera mardi son verdict.
Le procureur cherche à condamner Fujimori à une
peine de prison de sept ans assortie d'une amende de 330.000 dollars, pour
avoir organisé et conduit, en septembre 2000, un raid contre la maison
de Mme Becerra, épouse de Vladimiro Montesinos, chef du service
secret d'alors, sans mandat d'arrêt.
Fujimori a reconnu avoir donné l'ordre à ce raid,
expliquant que l'opération a été menée pour capturer M. Montesinos, accusé
de blanchiment d'argent en Suisse.
M. Montesinos a pris la fuite après avoir été vu sur
une vidéo le montrant verser des pots-de-vin à un député de
l'opposition.
L'avocat de M. Fujimori, Cesar Nakasaki, a requis
une sentence modérée qui ne doit pas dépasser quatre ans, car M. Fujimori
n'a joué qu'un rôle d'instigateur dans cette affaire.
Extradé au Pérou depuis le Chili en septembre
dernier, l'ancien président péruvio-japonais, âgé de 69 ans, qui a régné
sur le Pérou entre 1990 et 2000, est accusé par la justice péruvienne de
douze dossiers de corruption et de graves violations des droits
de l'Homme, ce qui pourrait lui valoir un emprisonnement à vie.
L'accusation la plus grave contre l'ancien homme
fort péruvien est d'avoir été l'auteur supposé de deux massacres perpétrés
par un "escadron de la mort" en 1991 et 1992 aux cours desquels 25
personnes soupçonnées d'appartenir à la rébellion du Sentier
Lumineux ont été tués.
M. Fujimori s'est exilé à Tokyo après sa chute
en 2000, avant de se rendre par surprise en automne 2005 au Chili
dans l'espoir de préparer sa candidature à l'élection
présidentielle péruvienne, où il a été placé en détention puis en liberté
surveillée.