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Sommet de Lisbonne : vers un nouveau Partenariat Europe-Afrique global et durable?
  2007-12-06 08:55:15  

     BRUXELLES, 5 décembre (XINHUA) -- Plus de 70 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE et de l'Afrique tenteront de nouer un nouveau partenariat les 8 et 9 décembre à Lisbonne. 

     Cette rencontre au sommet, premier du genre depuis sept ans,  intervient au moment où l'Afrique est courtisée par toutes les  puissances de la planète, sous les effets conjugués de la  mondialisation de l'économie et de la multi-polarisation du monde. 

     Force est de constater que le continent bouge tant sur le plan  politique qu'économique. Les conflits qui ravageaient l'Afrique  dans les années 1990 sont nettement moins nombreux.  

     L'Afrique cherche à s'affirmer comme une force internationale  qui compte et qui s'organise. Pour la première fois depuis plus de 30 ans, l'Afrique a enregistré pour la quatrième année consécutive une croissance réelle du PIB de plus de 5 %. 

      

     Afrique-Europe : une relation spéciale à réinventer.  

     Pour certains observateurs européens, le défi qui se pose pour  l'Europe est de changer la nature de sa relation avec l'Afrique,  de faire sa "révolution stratégique" sur l'Afrique, et de donner  le ton juste du partenariat politique Afrique-Europe. 

     "L'Europe doit changer la nature de sa relation avec l'Afrique, elle doit faire sa révolution stratégique", affirme Louis Michel,  le commissaire européen au Développement, qui exhorte l'UE à poser un regard neuf sur un continent désormais convoité par les grandes puissances émergentes du monde. 

     Selon lui, le nouveau partenariat Europe-Afrique s'appuie sur  trois composantes essentielles. Premièrement, il s'agit de  refonder les principes de la relation, sur la base d'une  responsabilité partagée, entre partenaires égaux en droits et en  devoirs.  

     Ce signal fort devra être reflété dans la Déclaration politique commune qui sera adoptée à Lisbonne et dans les débats sur les 5  thèmes qui structureront le sommet: gouvernance et droits de  l'homme; paix et sécurité; migration; énergie et changement  climatique; commerce, infrastructures et développement. 

     Deuxièmement, il s'agit de structurer la relation Europe- Afrique autour d'un agenda ambitieux et opérationnel. La Stratégie et le Plan d'action conjoints élaborés par l'UE et l'UA en vue du  sommet, répondent à cette approche. Ils proposent: un partenariat  global qui va au-delà du développement; un partenariat global qui  va au-delà des institutions; un partenariat global qui se projette vers l'extérieur et enfin un partenariat global qui se veut  opérationnel et pragmatique.  

     Troisièmement, il s'agit d'adopter une approche nouvelle et  modernisée du Développement en Afrique. L'aide au développement  doit être un moyen d'appuyer les stratégies de développement des  pays africains.  

     Des résistances pour le nouveau partenariat  

     Il s'agit du premier sommet euro-africain depuis sept ans. Les  précédentes tentatives ont achoppé sur le problème de la présence  du président du Zimbabwe, Robert Mugabe. Sous la pression discrète des Etats africains, la présidence de l'UE a invité cette année M. Mugabe et ce dernier a annoncé sa venue à Lisbonne.  

     La controverse zimbabwéenne risque d'éclipser le contenu même  du Sommet, à savoir l'adoption pour la première fois d'une  stratégie conjointe UE-Afrique et d'un plan d'action triennal  négocié depuis un an. Tout changement appelle des résistances et  cela vaut aussi pour la modernisation du partenariat euro-africain. 

     Trop souvent encore en Europe, l'afro-pessimisme domine. Cette  perception d'une "Afrique à problèmes" est assortie, en  contrepoint, d'une vision caritative moralisante qui empêche de  penser autrement la relation à l'Afrique. 

     A ceci répond une attitude beaucoup plus affirmée des Africains à l'égard des Européens : les dirigeants africains critiquent de  plus en plus l'Europe pour son attitude frileuse, passéiste.