BRUXELLES, 5 décembre (XINHUA) -- Plus de 70 chefs
d'Etat et de gouvernement de l'UE et de l'Afrique tenteront de nouer un
nouveau partenariat les 8 et 9 décembre à Lisbonne.
Cette rencontre au sommet, premier du genre depuis
sept ans, intervient au moment où l'Afrique est courtisée par toutes les
puissances de la planète, sous les effets conjugués de la
mondialisation de l'économie et de la multi-polarisation du monde.
Force est de constater que le continent bouge tant
sur le plan politique qu'économique. Les conflits qui ravageaient
l'Afrique dans les années 1990 sont nettement moins nombreux.
L'Afrique cherche à s'affirmer comme une force
internationale qui compte et qui s'organise. Pour la première fois depuis
plus de 30 ans, l'Afrique a enregistré pour la quatrième année
consécutive une croissance réelle du PIB de plus de 5 %.
Afrique-Europe : une relation spéciale à
réinventer.
Pour certains observateurs européens, le défi qui se
pose pour l'Europe est de changer la nature de sa relation avec l'Afrique,
de faire sa "révolution stratégique" sur l'Afrique, et de donner le
ton juste du partenariat politique Afrique-Europe.
"L'Europe doit changer la nature de sa relation avec
l'Afrique, elle doit faire sa révolution stratégique", affirme Louis
Michel, le commissaire européen au Développement, qui exhorte l'UE à
poser un regard neuf sur un continent désormais convoité par les
grandes puissances émergentes du monde.
Selon lui, le nouveau partenariat Europe-Afrique
s'appuie sur trois composantes essentielles. Premièrement, il s'agit de
refonder les principes de la relation, sur la base d'une
responsabilité partagée, entre partenaires égaux en droits et en
devoirs.
Ce signal fort devra être reflété dans la
Déclaration politique commune qui sera adoptée à Lisbonne et dans les
débats sur les 5 thèmes qui structureront le sommet: gouvernance et droits
de l'homme; paix et sécurité; migration; énergie et changement
climatique; commerce, infrastructures et développement.
Deuxièmement, il s'agit de structurer la relation
Europe- Afrique autour d'un agenda ambitieux et opérationnel. La
Stratégie et le Plan d'action conjoints élaborés par l'UE et l'UA en vue du
sommet, répondent à cette approche. Ils proposent: un partenariat
global qui va au-delà du développement; un partenariat global qui va
au-delà des institutions; un partenariat global qui se projette vers
l'extérieur et enfin un partenariat global qui se veut opérationnel et
pragmatique.
Troisièmement, il s'agit d'adopter une approche
nouvelle et modernisée du Développement en Afrique. L'aide au
développement doit être un moyen d'appuyer les stratégies de développement
des pays africains.
Des résistances pour le nouveau
partenariat
Il s'agit du premier sommet euro-africain depuis
sept ans. Les précédentes tentatives ont achoppé sur le problème de la
présence du président du Zimbabwe, Robert Mugabe. Sous la pression
discrète des Etats africains, la présidence de l'UE a invité cette année
M. Mugabe et ce dernier a annoncé sa venue à Lisbonne.
La controverse zimbabwéenne risque d'éclipser le
contenu même du Sommet, à savoir l'adoption pour la première fois d'une
stratégie conjointe UE-Afrique et d'un plan d'action triennal
négocié depuis un an. Tout changement appelle des résistances et
cela vaut aussi pour la modernisation du partenariat euro-africain.
Trop souvent encore en Europe, l'afro-pessimisme
domine. Cette perception d'une "Afrique à problèmes" est assortie, en
contrepoint, d'une vision caritative moralisante qui empêche de
penser autrement la relation à l'Afrique.
A ceci répond une attitude beaucoup
plus affirmée des Africains à l'égard des Européens : les dirigeants
africains critiquent de plus en plus l'Europe pour son attitude frileuse, passéiste.