ROME, 4 décembre (XINHUA) -- Plus de 300 experts en
sécurité des cultures et gestion des pesticides paricipent depuis lundi à
une séminaire de cinq jours au siège de la FAO à Rome pour examiner
les enjeux liés à l'utilisation des pesticides sur les cultures
spécialisées/mineures, comme l'ail, le gingembre ou le piment rouge.
Contrairement aux cultures intensives comme le maïs,
le blé, le coton ou le riz, les cultures spécialisées sont généralement
produites en quantités relativement limitées, ce qui explique
pourquoi les études sur l'utilisation correcte des pesticides sur
ces cultures ont toujours été moins nombreuses et rigoureuses que
pour les principales cultures commerciales, indique un communiqué de
la FAO.
Cela pose des problèmes aux producteurs, dont
beaucoup appartiennent au monde en développement, et qui ont du mal à
exporter leurs produits sur les marchés extérieurs réglementés par de
rigoureuses normes de sécurité visant les importations.
Le commerce international des cultures spécialisées
est florissant compte tenu de l'intensification des migrations
humaines qui ont diffusé les goûts aux quatre coins du monde, des
techniques modernes de conservation et de transport qui
permettent aux détaillants de répondre à la demande.
Selon la FAO, la valeur des exportations de produits
agricoles non traditionnels s'élève à 30 milliards de dollars par an, dont
56 pour cent pour les pays en développement.
"Pour certains pays et certaines cultures, comme les
haricots verts au Kenya et les fruits exotiques en Malaisie, ces cultures
mineures sont loin d'être mineures, car les économies nationales en
dépendent", selon Gero Vaagt, un expert de la Division FAO de la
production végétale et de la protection des plantes.
A mesure que se raffermissent les normes
d'importation destinées à protéger la santé de l'homme, les producteurs
ont du mal à s'y conformer.
Un problème important concerne les lacunes au niveau
international en termes d'utilisations homologuées de pesticides sur
les cultures spécialisées.
L'homologation est le processus par lequel les
autorités nationales évaluent quels pesticides peuvent être utilisés par
les cultivateurs, et de quelle façon. Si un pesticide est autorisé
sur certaines cultures, des limites maximales de résidus (LMR) sont
fixées pour déterminer la teneur maximale en résidus qu'un
produit peut contenir sans présenter de danger pour la santé.
Avant d'entamer ce processus, les producteurs de
pesticides conduisent normalement des tests en champ à grande échelle et
d' autres études dont les résultats servent aux organes de
réglementation qui décident d'approuver et d'homologuer un
pesticide. Tout cela engageant des coûts non négligeables, les
fabricants tendent à se concentrer sur les pesticides utilisés
uniquement sur les principales cultures.
"Les études sur l'utilisation des pesticides sur les
cultures secondaires ne font guère l'objet d'incitations financières, ce
qui fait qu'il n'existe pas de LMR pour ces cultures, en particulier
au niveau international", explique Shivaji Pandey, Directeur de la
Division de la protection des plantes à la FAO.
"Cela signifie que lorsqu'une culture spécialisée
veut pénétrer sur un marché d'importation, elle peut être rejetée. Le
pesticide utilisé peut avoir été appliqué dans les règles de l'art et les
limites respectées, mais comme il n'existe aucune utilisation
homologuée pour cette culture, il échoue au test tolérance zéro."
Le séminaire de Rome comprend deux jours de
formation pratique visant à diffuser les connaissances et à renforcer
l'expertise technique des participants, qui proviennent de plus de 60
pays.
"Ce que nous nous efforçons de faire est
d'identifier les moyens d'harmoniser les mesures de protection pour ces
cultures. Ces mesures doivent être efficaces et adaptées aux exigences des
agriculteurs. Elles doivent faciliter le commerce, garantir la
sécurité des aliments et de l'environnement et favoriser le
consommateur", indique M. Pandey.
Selon lui, la FAO espère que davantage de limites
maximales de résidus dans les cultures spécialisées seront fixées au
niveau du Codex Alimentarius.
Le Codex est un organe mixte FAO-OMS qui fixe
les normes internationales pour la sécurité des aliments, des normes
sur lesquelles se fonde l'Organisation mondiale du commerce
pour résoudre les différends commerciaux sur la sécurité des aliments
et la protection des consommateurs.