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Les résidus de pesticides torpille le commerce des cultureses mineures
  2007-12-05 10:55:01  

     ROME, 4 décembre (XINHUA) -- Plus de 300 experts en sécurité  des cultures et gestion des pesticides paricipent depuis lundi à  une séminaire de cinq jours au siège de la FAO à Rome pour  examiner les enjeux liés à l'utilisation des pesticides sur les  cultures spécialisées/mineures, comme l'ail, le gingembre ou le  piment rouge.  

     Contrairement aux cultures intensives comme le maïs, le blé, le coton ou le riz, les cultures spécialisées sont généralement  produites en quantités relativement limitées, ce qui explique  pourquoi les études sur l'utilisation correcte des pesticides sur  ces cultures ont toujours été moins nombreuses et rigoureuses que  pour les principales cultures commerciales, indique un communiqué  de la FAO. 

     Cela pose des problèmes aux producteurs, dont beaucoup  appartiennent au monde en développement, et qui ont du mal à  exporter leurs produits sur les marchés extérieurs réglementés par de rigoureuses normes de sécurité visant les importations. 

     Le commerce international des cultures spécialisées est  florissant compte tenu de l'intensification des migrations  humaines qui ont diffusé les goûts aux quatre coins du monde, des  techniques modernes de conservation et de transport qui permettent aux détaillants de répondre à la demande. 

     Selon la FAO, la valeur des exportations de produits agricoles  non traditionnels s'élève à 30 milliards de dollars par an, dont  56 pour cent pour les pays en développement. 

     "Pour certains pays et certaines cultures, comme les haricots  verts au Kenya et les fruits exotiques en Malaisie, ces cultures  mineures sont loin d'être mineures, car les économies nationales  en dépendent", selon Gero Vaagt, un expert de la Division FAO de  la production végétale et de la protection des plantes. 

     A mesure que se raffermissent les normes d'importation  destinées à protéger la santé de l'homme, les producteurs ont du  mal à s'y conformer. 

     Un problème important concerne les lacunes au niveau  international en termes d'utilisations homologuées de pesticides  sur les cultures spécialisées. 

     L'homologation est le processus par lequel les autorités  nationales évaluent quels pesticides peuvent être utilisés par les cultivateurs, et de quelle façon. Si un pesticide est autorisé sur certaines cultures, des limites maximales de résidus (LMR) sont  fixées pour déterminer la teneur maximale en résidus qu'un produit peut contenir sans présenter de danger pour la santé. 

     Avant d'entamer ce processus, les producteurs de pesticides  conduisent normalement des tests en champ à grande échelle et d'  autres études dont les résultats servent aux organes de  réglementation qui décident d'approuver et d'homologuer un  pesticide. Tout cela engageant des coûts non négligeables, les  fabricants tendent à se concentrer sur les pesticides utilisés  uniquement sur les principales cultures. 

     "Les études sur l'utilisation des pesticides sur les cultures  secondaires ne font guère l'objet d'incitations financières, ce  qui fait qu'il n'existe pas de LMR pour ces cultures, en  particulier au niveau international", explique Shivaji Pandey,  Directeur de la Division de la protection des plantes à la FAO. 

     "Cela signifie que lorsqu'une culture spécialisée veut pénétrer sur un marché d'importation, elle peut être rejetée. Le pesticide  utilisé peut avoir été appliqué dans les règles de l'art et les  limites respectées, mais comme il n'existe aucune utilisation  homologuée pour cette culture, il échoue au test tolérance zéro." 

     Le séminaire de Rome comprend deux jours de formation pratique  visant à diffuser les connaissances et à renforcer l'expertise  technique des participants, qui proviennent de plus de 60 pays. 

     "Ce que nous nous efforçons de faire est d'identifier les  moyens d'harmoniser les mesures de protection pour ces cultures.  Ces mesures doivent être efficaces et adaptées aux exigences des  agriculteurs. Elles doivent faciliter le commerce, garantir la  sécurité des aliments et de l'environnement et favoriser le  consommateur", indique M. Pandey. 

     Selon lui, la FAO espère que davantage de limites maximales de  résidus dans les cultures spécialisées seront fixées au niveau du  Codex Alimentarius. 

     Le Codex est un organe mixte FAO-OMS qui fixe les normes  internationales pour la sécurité des aliments, des normes sur  lesquelles se fonde l'Organisation mondiale du commerce pour  résoudre les différends commerciaux sur la sécurité des aliments  et la protection des consommateurs.