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Conférence de Bali : Ban Ki-moon plaide pour une nouvelle économie verte
  2007-12-04 08:10:24  

     NEW YORK (Nations Unies), 3 décembre (XINHUA) -- Alors que  cette semaine, les dirigeants du monde se réunissent au sommet sur les changements climatiques à Bali, en Indonésie, le secrétaire  général de l'ONU, Ban Ki-moon, a plaidé pour une nouvelle  révolution industrielle "verte" et prévenu que si les négociations s'enlisent du fait de l'ampleur et de la complexité des questions, "nous perdrons notre ressource la plus précieuse, à savoir le  temps". 

     "Nous devons convenir d'une feuille de route vers un avenir  meilleur, assorti d'un calendrier serré pour produire un accord  d'ici à 2009", a plaidé le Secrétaire général dans son article  publié lundi dans le journal Washington Post. 

     "Nous ne savons pas encore à quoi pourrait ressembler cet  accord. Devrait-il imposer une redevance sur les émissions de gaz  à effet de serre ou créer un système international d'échange des  droits d'émission de carbone? Devrait-il prévoir des mécanismes  permettant d'empêcher la déforestation, responsable de 20 % des  émissions de carbone, ou aider les pays moins développés à  s'adapter aux conséquences inévitables du réchauffement climatique  conséquences qui seront tout particulièrement dévastatrices pour ces pays? Devrait-il mettre l'accent sur la conservation et les  carburants renouvelables, tels que la biomasse ou l'énergie  nucléaire, et prévoir des dispositions pour le transfert de  nouvelles technologies "vertes" à travers le monde?", s'est  interrogé le secrétaire général de l'ONU. 

     "Il ne s'agit pas seulement de créer un monde plus propre, plus sain et plus sûr pour tous. Si nous nous y prenons bien, notre  combat contre le réchauffement climatique mondial pourrait en fait ouvrir la voie à une transformation écologique de l'économie  mondiale, qui favorise la croissance et le développement plutôt  qu'elle ne les freine, comme le craignent beaucoup de dirigeants", a souligné Ban Ki-moon. 

     "Nous avons assisté à trois transformations économiques au  cours du siècle dernier. Il y a d'abord eu la révolution  industrielle, puis la révolution technologique et enfin, la  mondialisation. Nous nous trouvons à présent à l'aube d'un autre  grand changement : l'ère de l'économie verte", a-t-il lancé. 

     "Les preuves abondent tout autour de nous, souvent dans des  endroits inattendus. Lors d'une récente visite en Amérique du Sud, j'ai vu comment le Brésil, qui couvre environ 44 % de ses besoins  énergétiques grâce aux carburants renouvelables  contre 13 % en  moyenne dans le monde et 6,1 % en Europe  , était devenu l'un des  principaux acteurs de l'économie verte". 

     "On parle beaucoup du fait que la Chine est en passe de devenir le plus gros émetteur de gaz à effet de serre, avant les Etats- Unis. On parle toutefois moins des efforts que ce pays a récemment consentis pour remédier aux graves problèmes environnementaux  auxquels il doit faire face. La Chine devrait investir environ 10  milliards de dollars dans les énergies renouvelables cette année,  au deuxième rang derrière l'Allemagne. La Chine est devenue un  chef de file mondial des énergies solaire et éolienne", a-t-il  fait observer. 

     "Selon certaines estimations, l'augmentation de la demande  énergétique mondiale pourrait être réduite de moitié au cours des  15 prochaines années grâce aux seules technologies existantes,  produisant un retour sur investissement d'au moins 10 %". 

     Le nouveau rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur  l'évolution du climat décrit des mesures très concrètes, qui vont  de l'imposition de normes plus strictes pour les climatiseurs et  les réfrigérateurs à l'amélioration du rendement énergétique dans  l'industrie, le bâtiment et les transports. 

     Le groupe d'experts estime que la gestion climatique ne  pourrait coûter que 0,1% du PIB mondial par an, durant les 30  prochaines années, a dit M. Ban. 

     "Selon des recherches effectuées à l'Université de Californie à Berkeley, 300.000 emplois pourraient être créés aux États-Unis si  20 % des besoins en électricité étaient couverts par les énergies  renouvelables", a écrit M. Ban.  

     "Une grande firme de conseil basée à Munich prédit que plus de  personnes seront employées en Allemagne dans le secteur des  technologies écologiques que dans la construction automobile d'ici la fin de la prochaine décennie". 

     "Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE)  estime pour sa part que les investissements mondiaux réalisés dans les énergies propres atteindront 1 900 milliards de dollars d'ici  à 2020  ce qui pourrait servir de capital de lancement pour  procéder à une reconfiguration générale de l'industrie mondiale". 

     "Déjà, dans de nombreuses régions du monde, les industriels  exigent des politiques publiques claires à cet égard, quelle qu'en soit la forme  qu'il s'agisse de réglementations, de plafonds  d'émissions ou de directives concernant l'utilisation rationnelle  de l'énergie. La raison en est évidente. Ils ont besoin de règles  du jeu bien définies. Il est tout à fait dans le mandat de l'ONU  de les aider à définir ces règles". 

     "Notre mission, à Bali et au-delà, sera de donner forme à la  révolution mondiale qui se dessine  d'ouvrir la voie à l'ère de  l'économie verte et du développement vert", a souligné le  secrétaire général.