JOHANNESBURG, 30 novembre (XINHUA) -- Le
gouvernement sud- africain doit actuellement faire face à un recours
collectif en justice de 5 milliards de rands (soit environ 740 millions de
dollars américains) pour des préservatifs défectueux qu'il a
distribué gratuitement lors de sa campagne contre le sida, a
rapporté vendredi la presse locale.
La ministre de la Santé, Manto Tshabalala-Msimang,
le ministre des Finances, Trevor Manuel, le South African Bureau of
Standards (SABS), responsable local du développement et de la publication
de normes pour les produits et services, et trois fournisseurs de
préservatifs sont accusés dans ce gigantesque procès, selon le
journal The Sowetan.
Mathibela James Ramahuma et 49 999 autres plaignants
demandent chacun une compensation de 100 000 rands, a indiqué le journal
basé à Johannesburg.
Les fournisseurs et fabricants de préservatifs
Zalatex, Latex Surgical Products et Kohrs Medical Suppliers apparaissent
les premiers sur la liste des convocations, et le SABS quatrième.
The Sowetan a été le premier à dévoiler cette
histoire en août, en indiquant par la suite qu'un inspecteur du SABS,
Sphiwe Fikizolo, aurait accepté des pots-de-vin pour faire admettre ces
préservatifs sur le marché.
Des millions de lots de préservatifs ont été
rappelés d'urgence par le ministère de la Santé, qui a fait de
l'utilisation du préservatif l'arme absolue de lutte contre la
propagation du sida en Afrique du Sud, un des pays les plus touchés
par la pandémie dans le monde.
M. Fikiziolo et deux hauts responsables de Zalatex
ont été arrêtés pour pots-de-vin, mais libérés par la suite sous caution.
L'avocat des plaignants, Gilford Malatji, a
déclaré que le procès est intenté au nom "d'une classe de personnes
ayant utilisé ou craignant d'avoir utilisé" des préservatifs
défectueux distibués par le gouvernement entre mars l'année dernière et août
de cette année.