NEW YORK (Nations Unies), 27 novembre (XINHUA) -- Le
dernier Rapport mondial sur le développement humain du Programme des
Nations Unies pour le développement (PNUD) prévient que tout doit
être fait pour limiter le réchauffement de la planète à 2 degrés
centigrades, alors que les conséquences de ce changement risquent
déjà de causer des revers sans précédent en matière de réduction de
la pauvreté, de nutrition, de santé et d'éducation.
Le rapport, intitulé "La lutte contre les
changements climatiques : la solidarité humaine dans un monde divisé",
brosse un tableau sans complaisance de la menace que représente le
réchauffement planétaire, indique un communiqué publié mardi par le
PNUD.
Le rapport contient des données scientifiques qui
montrent de quelle manière les pauvres subiront l'impact écologique du
changement climatique. les auteurs avertissent que les forces
déchaînées par le réchauffement de la planète risquent de
ralentir puis d'inverser les progrès accomplis de génération en
génération.
il demande une approche jumelée qui conjugue mesures
d'atténuation strictes pour limiter le réchauffement au 21ème siècle
à moins de 2 degrés centigrades, et coopération renforcée pour
l'adaptation. Le niveau actuel se situe à 0,7 degrés centigrade.
S'agissant des mesures d'atténuation, les auteurs
demandent aux pays développés de prendre les devants en réduisant les
émissions de gaz à effet de serre d'au moins 80% par rapport aux niveaux
de 1990 d'ici 2050. Le rapport prône un cocktail de taxation des
émissions, de programmes de "cap-and-trade" stricts (plafonds et
achat de "droits de polluer"), la réglementation de l'utilisation de
l'énergie, et la coopération internationale pour le financement du
transfert des technologies à basse émission de carbone.
En ce qui concerne l'adaptation, le rapport met en
garde sur le fait que les inégalités en matière de capacité à s'adapter au
changement climatique creusent de plus en plus les inégalités entre
et dans les pays. Il demande aux pays riches de placer l'adaptation au
changement climatique au coeur des partenariats internationaux pour la
réduction de la pauvreté.
Parmi les menaces identifiées dans la lutte contre
le changement climatique figurent l'effondrement des systèmes
agricoles de plus en plus exposés à la sécheresse, à l'augmentation
des températures, et à des précipitations plus imprévisibles, entraînant
600 millions de personnes supplémentaires dans la malnutrition, indique le
communiqué.
Les zones semi-arides d'Afrique sub-saharienne parmi
les plus pauvres du monde risquent d'enregistrer une diminution de 26% de
leur productivité d'ici 2060.
D'ici 2080, 1,8 milliards de personnes
supplémentaires pourraient être victimes du stress hydrique, de vastes
régions d'Asie du Sud et du nord de la Chine étant confrontées à une
crise écologique grave liée au rétrécissement des glaciers et à la
modification des précipitations.
Le déplacement de 332 millions de personnes vivant
dans les zones côtières et dans les zones de faible élévation du fait des
inondations et des tempêtes tropicales. Plus de 70 millions de
personnes vivant au Bangladesh, 22 millions au Vietnam, et six
millions en Egypte, pourraient être touchées par des inondations
dues au réchauffement de la planète.
Les risques sanitaires émergents, avec 400 millions
de personnes supplémentaires qui pourraient être exposées au
paludisme.
Mettant en lumière les éléments de preuve rassemblés
dans le cadre de récents travaux de recherche, les auteurs du Rapport
mondial sur le développement humain font valoir que le coût
potentiel du changement climatique pour l'homme a été
sous-estimé. Ils relèvent que les chocs climatiques tels que les
sécheresses, les inondations et les tempêtes, dont la fréquence et
l'intensité vont augmenter avec le changement climatique, sont déjà des
facteurs de pauvreté et d'inégalité.
Selon le rapport, le total des dépenses en
adaptation consenties par le biais des mécanismes multilatéraux s'élève à
ce jour à 26 millions de dollars - environ l'équivalent d'une
semaine de dépenses pour les systèmes de défense face aux inondations du
Royaume-Uni.
Un financement supplémentaire pour
les infrastructures contre les changements climatiques et pour la
résistance des bâtiments, les gouvernements du nord devant allouer au moins
86 milliards de dollars par an d'ici 2015 (environ 0,2% de son
PIB).