GENEVE, 23 novembre (XINHUA) -- Le Haut commissariat
des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime que le moment n'est
pas venu de "promouvoir" le retour des Irakiens vers leur pays, car
les conditions nécessaires ne sont pas encore en place.
"Plusieurs rapports ont été rendus publics ces
derniers jours sur des retours limités en Irak. Nous accueillons
favorablement les améliorations des conditions de sécurité et sommes prêts
à assister les personnes qui ont décidé ou manifesté la volonté de
rentrer de façon volontaire. Toutefois, le HCR considère que le
moment n'est pas encore venu pour promouvoir, organiser ou
encourager les retours", a affirmé la porte-parole, Jennifer
Pagonis, lors de son point de presse à Genève.
"Cela ne sera possible que lorsque les conditions
propices pour le retour seront en place, notamment une aide matérielle et
juridique ainsi que des garanties pour la sécurité physique des
personnes. Actuellement, il n'y aucun signe d'un retour à grande
échelle, dans la mesure où la situation sécuritaire dans
plusieurs régions du pays demeure instable et imprévisible", a-t-elle
insisté.
Selon une étude menée par le HCR en Syrie, plusieurs
raisons peuvent expliquer ces retours en Irak, à part des considérations
d'amélioration de la sécurité.
Sur 110 familles irakiennes avec lesquelles le HCR
s'est entretenu en Syrie, la majorité indique qu'elles rentrent parce
qu'elles manquent désormais d'argent et/ou de ressources,
qu'elles font face à des conditions de vie difficiles ou encore parce que
leurs visas sont arrivés à expiration.
Des tickets gratuits de transport (bus et avion) ont
également joué un rôle dans les retours. L'étude relève également que
c'est la première fois que des réfugiés Irakiens évoquent un retour, ce
qui n'était pas le cas il y a quelques mois.
D'autres ont été encouragées par des informations
faisant état d'une amélioration de la sécurité, mais plusieurs ont exprimé
leurs préoccupations quant à la sécurité sur le long terme, faisant
notamment référence au fait que les milices sont encore présentes sur
place et que de nombreuses régions demeurent dangereuses. Les personnes
rentrent principalement vers des zones où elles sentent que les forces
locales de sécurité travaillent correctement et maintiennent le
contrôle.
Selon les estimations du gouvernement irakien,
quelque 2,2 millions d'Irakiens vivent en dehors de l'Irak, de 500.000 à
700. 000 en Jordanie et près de 1,5 million en Syrie.
A l'intérieur de l'Irak, le nombre des personnes
déplacées internes a légèrement augmenté au cours des derniers mois. Selon
les derniers chiffres reçus par le HCR en date du 21 novembre, plus
de 2,4 millions d'Irakiens seraient déplacés à l'intérieur
de l'Irak.