PARIS, 22 novembre(XINHUA) -- L'Organisation des
Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) a appelé
jeudi à la sauvegarde du "patrimoine culturel subaquatique" mondial qui
est de plus en plus menacé par les chasseurs de trésors et
l'exploitation sous-marine.
Lors d'une conférence de presse au siège de l'Unesco
à Paris, la sous-directrice générale pour la culture, Françoise Rivière a
déclaré que le patrimoine culturel subaquatique sous-marin mais
aussi en eau douce "est de plus en plus menacé du fait des
progrès technologiques qui permettent d'atteindre des vestiges restés
sous les eaux depuis des siècles".
Selon Mme Rivière, l'organisation onusienne prévoit
l'entrée en vigueur prochaine de la Convention sur le patrimoine culturel
subaquatique, dont le seuil nécessaire de ratification par 20
pays devrait être atteint d'ici la fin de l'année.
Elle a expliqué que ce texte comprend "des principes
communs pour la protection de ce patrimoine, à l'instar de ce qui a été
fait par l'Unesco pour le patrimoine sur terre".
"La nécessité de privilégier la préservation in
situ, avec la perspective de musées subaquatiques", ainsi que
l'interdiction de l'exploitation commerciale de ce patrimoine, un point
"très important face à l'afflux de chasseurs de trésors", a ajouté Mme
Rivière.
Selon elle, la convention, qui prévoit la protection
des sites et leur exploration exclusive par des spécialistes d'archéologie
sous-marine, vise à combler un "vide juridique" qui favorise "le
trafic illicite, le pillage, les fouilles clandestines". Mais elle ne
touche "en rien aux questions de propriété" des épaves.
D'après l'Unesco, on estime à plus de 3 millions
le nombre d'épaves dispersées au fond des océans et non encore
découvertes, sans compter d'innombrables sites archéologiques sous-marins,
à l'instar de celui de la baie d'Alexandrie et des ruines
du célèbre Pharos, septième merveille du monde.