DAKAR, 21 novembre (XINHUA) -- Plusieurs miliers de
personnes, notamment des commerçants ambulants appuyés par des passants,
sont descendus mercredi, depuis la matinée, dans les rues de Dakar
pour manifester violemment contre la cherté de la vie.
Les manifestants ont défié à coups de pierres les
forces de l'ordre partout dans la ville qu'ils ont prise d'assaut. Les
policiers, qui ont tenté de les disperser par des grenades
lacrymogènes, ont procédé à beaucoup d'arrestations parmi les
manifestants qui ont saccagé des voitures et des édifices
publics, cassé des vitres, brûlé des pneus et déversé ça et là dans les
rues le contenu des bacs à ordure, selon des témoins.
Les boutiques qui ont pignon sur rue ont fermé leurs
portes et certaines d'entre elles ont été saccagées et brûlées. Au moins
deux boutiques chinoises ont été pillées par des manifestants, selon
un commerçant chinois demeurant près de l'avenue Sandaga.
La mairie et la société d'électricité SENELEC ont
aussi fait l'objet des saccages et des casses. Le siège de la
Radiodiffusion et de la Télévision (RTS) n'a pas échappé aux fureurs des
manifestants qui ont voulu y pénétrer pour exprimer leurs doléances
et qui, faute d'atteindre leur but, ont brûlé quelques véhicules de
travail de la RTS, avant de quitter les lieux.
Ces manifestations violentes sont consécutives à la
décision prise depuis jeudi dernier par les autorités de désencombrer les
rues de Dakar dont les trottoirs étaient constamment occupés par les
étals de marchandises.
Le maire de Dakar, Momar Diop, bloqué dans son
bureau et évacué par les forces de l'ordre, s'est déclaré "indigné de la
situation", même s'il comprend que les marchands ambulants ne soient pas
contents des mesures de déguerpissement.
Le Premier ministre, Cheikh Hadjibou Soumaré,
a reçu mercredi après-midi les représentants des marchands ambulants,
peu après les affrontements qui ont opposé ces derniers aux forces
de l'ordre dans la matinée dans les rues de la capitale, a-t-on appris de
source bien informée.