BEIJING,
19 novembre (XINHUA) -- Un livre blanc sur les investissements français en
Chine est sorti lundi à Beijing, à la veille de la première visite d'Etat
du président français Nicolas Sarkozy, ce qui reflète une volonté de la
France de "développer les échanges et la coopération économiques avec la
Chine", selon l'ambassadeur de France en Chine Hervé Ladsous.
Le livre blanc est publié conjointement par les
missions économiques de l'ambassade de France en Chine, les Conseillers du
Commerce extérieur de France et la Chambre française de Commerce et
d'Industrie en Chine, pour encourager les entreprises françaises,
notamment les PME (petites et moyennes entreprises), à exploiter le marché
chinois en pleine croissance.
Aujourd'hui, 850 entreprises françaises ont créé 1
880 implantations en Chine. Leur chiffre d'affaires cumulé a dépassé
les 20 milliards d'euros en 2006, soit deux fois et demie les
exportations directes françaises, alors que les rythmes de
progression moyens des chiffres d'affaires sont de l'ordre de 20
à 25% par an.
Pourtant, le chef des services économiques de
l'ambassade Hubert Testard a reconnu que la présence française en Chine
était insuffisante, par rapport à son pays voisin l'Allemagne. Investir
en Chine constitue "une nécessité stratégique", a jugé l'ambassadeur
Ladsous, "les difficultés d'accès au marché chinois n'empêchent pas nos
entreprises de réussir et d'avoir de vastes projets".
Dans un sondage mené dans le cadre du livre blanc
auprès de 85 entreprises françaises présentes en Chine, l'ensemble adopte
une attitude positive sur la situation du marché chinois.
Un certain nombre de grands groupes estiment avoir
une rentabilité qualifiée de "satisfaisante" comme Veolia ou
comparable à la moyenne mondiale comme Valeo ou Alstom. Carrefour
déclare de "bons résultats financiers". Du côté des PME interrogées,
la plupart affichent des résultats nets positifs, comme les cas de Somfy
ou Grimaud Frères, tandis que pour certaines entreprises comme Ubisoft, la
notion de rentabilité n'a guère de sens pour le moment, même si elles ont
confiance en des perspectives de croissance très fortes.
Testard a révélé que les cas de délocalisation
"souvent critiqués en France" sont restés très rares en Chine et qu'il n'y
avait pratiquement pas eu d'effet de substitution avec l'emploi
en France.
Les vrais défis sont ceux liés aux problèmes de la
propriété intellectuelle, des contraintes de transferts de technologie, de
la concurrence et des ressources humaines, selon le livre blanc.
En revanche, les motivations de l'implantation sont
encourageantes: vendre et produire pour le marché chinois avec
une population de 1,3 milliard d'habitants; exporter à partir de la
Chine, principalement vers l'Asie pacifique; acheter en Chine
pour rester compétitif; et innover.
Gérard Deleens, président de la section Chine
des Conseillers du Commerce extérieur de France, a proposé aux PME
françaises de travailler en équipe pour se développer sur le marché chinois,
et à utiliser les réseaux établis, comme celui des Conseillers
du Commerce extérieur et celui de la Chambre française de
commerce et d'industrie en Chine, pour diminuer les risques de
l'opération.