BEIJING, 2 novembre (XINHUA) --
La sonde lunaire Chang'e-1 a terminé sa première correction orbitale
vendredi dans la matinée, opération nécessaire pour garantir son voyage
sur l'orbite prévue.
(Photo: Xinhua)
Les ordres liés à cette opération ont été donnés par
le Centre de Contrôle aérospatial de Beijing vendredi à 10h25, lorsq
ue deux petits moteurs installés à bord de Chang'e-1 ont été allumés
afin de modifier légèrement la trajectoire du satellite.
Huit minutes plus tard, les deux moteurs ont cessé
de fonctionner et la correction orbitale était terminée.
"Les données montrent que nous avons atteint
l'objectif espéré à travers la correction orbitale", a dit Wang Yejun,
ingénieur en chef du Centre de contrôle aérospatial de Beijing.
Chang'e -1 se positionne actuellement dans l'orbite
de transfert Terre-Lune à un apogée de 380 000 km et devrait
atteindre l'orbite lunaire lundi prochain à 11h25.
La correction, qui aurait dû se faire jeudi, a été
annulée, car la sonde se trouvait sur la trajectoire prévue de manière
" précisément imprévue" après qu'elle a quitté l'orbite terrestre
mercredi soir, a déclaré mercredi Wang.
"C'est aussi la raison pour laquelle nous n'avons
pas utilisé le moteur principal installé à bord de la sonde lunaire au
cours de la première correction orbitale, car ce n'était pas nécessaire
et qu'il faut économiser l'énergie pour la prochaine opération de
l'orbiteur", a-t-il expliqué.
La deuxième correction orbitale est envisagée pour
dimanche, selon l'ingénieur.
Pang Zhihao, chercheur à l'Académie des Technologies
spatiales de Chine, a révélé que la correction orbitale était nécessaire
pour empêcher que la sonde s'écarte de la trajectoire prévue de son
vol.
Un engin spatial doit faire face à bon nombre de
perturbations, telles que la gravitation des corps célestes lorsqu'il
voyage dans l'espace, nous devons donc apporter des corrections pour
s'assurer qu'il se déplace sur la bonne voie", a-t-il indiqué.
"C'est tout à fait comme conduire une voiture, nous
devons continuer à tourner le volant pour que la voiture maintienne sa
route", a-t-il poursuivi.
Chang'e-1, dont le nom est emprunté à une déesse
mythique chinoise qui, selon la légende, aurait volé jusqu'à la Lune, a
été lancée par la fusée porteuse "Longue Marche 3A" le 24 octobre à
18h05 depuis le centre de lancement de satellites de Xichang, dans la
province du Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine.
Il est entré dans l'orbite de transfert Terre-Lune
mercredi et devrait arriver à l'orbite lunaire le 5 novembre à
11H25.
Chang'e-1 devrait freiner à plusieurs reprises afin
d'abaisser sa vitesse pour être saisi par la gravitation de la lune et
devenir ainsi un satellite circulant réellement autour de la Lune.
Il doit transmettre à la Terre la première image de
la Lune fin novembre et continuer ses explorations scientifiques de la Lune
pendant un an.
Le projet de l'orbiteur lunaire chinois a coûté 1,4
milliard de yuans (187 millions de dollars) depuis que l'étude et le
développement du projet ont été approuvés par le gouvernement début
2004.
Le lancement de l'orbiteur lunaire marque le premier
pas du programme lunaire chinois de trois phases, qui aboutira à
l'alunissage et au lancement d'un vaisseau spatial vers la Lune
en 2012. Pour la troisième phase, un autre vaisseau devrait atterrir
sur la Lune et retourner sur Terre avec des échantillons du sol de la
Lune pour des études scientifiques en 2017.
La Chine a lancé son premier vol spatial habité en
octobre 2003, devenant ainsi le troisième pays dans le monde derrière les
Etats- Unis et l'ex-Union soviétique à avoir réussi à envoyer un homme
dans l'espace. En octobre 2005, la Chine a envoyé deux hommes
dans l'espace.