New York (Nations Unies), 24 octobre (XINHUA) -- La
62e session de l'Assemblée générale de l'ONU a entamé mardi le Dialogue de
haut niveau sur le financement du développement en vue de jeter les
bases d'une révision des promesses de lutte contre la pauvreté engagées par
les dirigeants mondiaux dans le cadre du Consensus de Monterrey (Mexique)
en 2002.
Selon le Consensus de Monterrey, les pays en voie de
développement (PVD) se sont engagés à prendre la responsabilité
principale de leur développement et la mobilisation des
ressources intèrieures afin de soutenir ces efforts. Les pays développés
ont, pour leur part, accepté de fournir de l'aide et de promouvoir un
environnement international pour assurer le développement.
Dans le cadre de ce plan, les PVD ont beaucoup
travaillé pour promouvoir les gestions macroéconomique et fiscale, ainsi
qu'augmenter les dépenses sociales pour le développement, cependant,
les promesses faites par les pays industrialisés d'accorder de nouvelles
ressources en vue de soutenir les efforts afin d'atteindre les Objectifs
du Millénaire pour le développement (OMD) ne sont pas totalement remplies
pour le moment, a déploré dans un rapport le secrétaire général (SG) de
l'ONU, Ban Ki-moon.
Lors d'une intervention durant la conférence, le
président de l'Assemblée générale, Srgjan Kerim, a indiqué que le dialogue
de deux jours donnera le coup d'envoi du processus
intergouvernemental pour réviser la mise en place du Consensus de
Monterrey de 2002 et évaluer les défis à relever dans l'avenir.
Il a encouragé les délégations gouvernementales et
d'autres bailleurs de fonds internationaux à exprimer leurs points de vue
de façon franche, globale et ouverte afin de contribuer
substantiellement à la prochaine conférence de Doha (Qatar), prévue
pour l'an prochain.
"Nous ne pouvons pas traiter les affaires comme
d'habitude", a lancé M. Kerim, "des millions de vies sont en péril, la
réalisation des OMD et l'accomplissement de nos promesses sont avant
tout un test pour nos obligations morales".
"Nous ne permettrons jamais aux engagements de
devenir lettre morte, ce qui symboliserait un manque aux promesses. La
communauté internationale doit être capable de faire un tour d'horizon en
2015 et de déclarer qu'aucun effort n'a été épargné pour
atteindre les OMD", a affirmé M. Kerim.
Le SG de l'ONU a de son côté appelé, lors de la
conférence de haut niveau, les pays développés à honorer leurs engagements
en fournissant une aide de développement aux PVD.
"Pour le moment, les progrès réalisés par le
Consensus de Monterrey sont mixtes", a ajouté M. Ban, "depuis 2002, les
niveaux de l'aide publique au développement (ODA), y compris les nouveaux
engagements, ont augmenté avant d'accuser une baisse depuis l'an
dernier".
"Plus important, l'augmentation durable exigée pour
atteindre les objectifs fixés il y a des décennies et réitérée en 2002 et
en 2005, n'est toujours pas matérialisée", a-t-il déploré.
"Combler le manque de fonds est un élément essentiel
si nous voulons alléger la pauvreté extrême, lutter contre les maladies
et réaliser d'autres objectifs de développement", a-t-il affirmé,
ajoutant que les défis sont même plus difficiles à relever pour
le moment face au changement climatique du monde.
"Cela n'aura lieu que lorsque les donateurs
honoreront leurs engagements aux ODA et octroieront davantage de
ressources à travers les budgets nationaux", a-t-il souligné.
Le président de l'Assemblée générale et le SG de
l'ONU ont tous deux mis en valeur un besoin clair d'entreprendre une action
urgente et coordonnée, en insistant sur le fait que faute
d'intervention rapide, il y aura davantage de personnes vivant dans
la pauvreté avant 2015.
La réunion de deux jours prévoit de rassembler des
ministres des Finances, des gouverneurs de banque centrale, des
représentants venant d'institutions financières et commerciales
mondiales, ainsi que des responsables de secteurs privés et d'ONG. La
rencontre va également faire des préparatifs pour la
Conférence internationale sur la révision du financement du développement,
qui se tiendra à Doha l'année prochaine.
Le Consensus de Monterrey appelle les pays
développés et les PVD à entreprendre des actions importantes dans
l'adoption des politiques systématiques nationales et
internationales.
En décembre 2002, l'Assemblée générale de l'ONU
a introduit dans la motion un processus intergouvernemental détaillé,
à l'appel du consensus, pour superviser l'application de
la déclaration et organiser des discussions internationales sur
les politiques du financement du développement.