KHARTOUM, 17 octobre (XINHUA) -- Une délégation
égyptienne de haut niveau composée du ministre des Affaires étrangères
Ahmed Aboul Gheit et du chef de renseignements Omar Suleiman, est
arrivée mercredi à Juba, capitale du Sud-Soudan, pour une mission de
médiation afin de mettre fin à la crise politique au Soudan.
"La visite (à Juba) vise à tenir des réunions avec
le premier vice-président soudanais et chef du Mouvement de libération du
peuple du Soudan (SPLM) Salva Kiir Mayardit et des membres de son
gouvernement au Sud-Soudan", a indiqué M. Aboul Gheit cité par
l'agence de presse officielle SUNA.
Il a souligné que les entretiens devraient
comprendre l'application de l'Accord de paix globale (CPA) de 2005, les
relations entre l'Egypte et le gouvernement du Sud-Soudan et l'aide
que l'Egypte avait promise au Sud-Soudan.
Après leur visite à Juba, les médiateurs égyptiens
devraient s'envoler vers la capitale soudanaise Khartoum pour s'entretenir
avec le président soudanais Omar el-Béchir et des responsables du
Parti du congrès national (NCP, au pouvoir).
Mardi, le président égyptien Hosni Moubarak a appelé
M. el- Béchir et les dirigeants du SPLM dans le Sud-Soudan à poursuivre
le dialogue afin de résoudre leur différend.
M. Moubarak a fait cet appel dans un message qui
serait transmis à M. el-Béchir et aux responsables du SPLM au cours de
la visite des médiateurs égyptiens au Soudan, a noté M. Aboul Gheit
avant son départ pour le Soudan.
Le message vise également à encourager les deux
parties à travailler ensemble pour relever le défi face à l'application du
CPA signé entre le gouvernement soudanais et le SPLM en 2005, a
souligné M. Aboul Gheit.
Le 11 octobre, le SPLM, un ancien groupe rebelle du
Sud-Soudan qui avait signé un accord de paix avec le gouvernement
soudanais en 2005, a décidé de retirer la participation de ses ministres
dans le gouvernement central, accusant le gouvernement de
retarder l'application du CPA.
Le SPLM a demandé au gouvernement central du Soudan
de satisfaire les demandes avant que les ministres du mouvement ne
retournent au gouvernement.
Parmi les 28 ministres du gouvernement soudanais,
huit sont du SPLM, dont les ministres des Affaires du cabinet, des
Affaires étrangères, des Investissements, du Commerce extérieur et de la
Santé.
Il s'agit de la crise la plus sérieuse pour le
gouvernement d'union nationale du Soudan depuis son investiture en
septembre 2005, dans lequel le pouvoir est partagé entre le SPLM et le
NCP.
Mercredi, le quotidien soudanais Rayaam a rapporté
que le président soudanais Omar el-Béchir a désigné plusieurs ministres,
qui étaient d'anciens rebelles du SPLM.
Dans un décret présidentiel, M. el-Béchir a annoncé
les nominations après une réunion mardi soir avec de hauts
responsables du Parti du congrès national (NCP, au pouvoir), a
indiqué le journal.
Selon le décret, Lam Akol est nommé ministre des
Affaires du cabinet, Ding Alur des Affaires étrangères, George Burnig de
l'Education supérieure, Masur Khalid du Commerce extérieur, James
Kul Run des Affaires humanitaires et Kusta Makibi des
Investissements.
Le président soudanais a également nommé plusieurs
ministres d'Etat, selon le journal.
Des observateurs politiques estiment que
le remaniement du cabinet par le président el-Béchir vise à apaiser
les tensions avec les anciens rebelles du sud.