ANKARA, 11 octobre (XINHUA) -- La Turquie a critiqué jeudi le Comité des
affaires étrangères de la Chambre des représentants des Etats-Unis pour
l'adoption d'un projet de loi sur le massacre d'Arméniens par l'Empire
Ottoman pendant la Première Guerre mondiale.

(Photo:
Xinhua/Reuters)
"Notre gouvernement regrette et
condamne cette décision. Il est inacceptable que la nation turque ait été
accusée de ce qui n'est jamais arrivé dans le passé", a déclaré le
gouvernement turc dans une déclaration rendue publique par le ministère
turc des Affaires étrangères.
(Photo: Xinhua)
"L'approbation de cette loi par le Comité est une
démarche irresponsable, qui rendra, à un moment très sensible, les
relations avec un ami et allié ainsi qu'un partenariat
stratégique nourri sur des générations, plus difficiles", ont affirmé les
autorités turques dans leur déclaration.
Le Comité des affaires étrangères de la Chambre des
représentants des Etats-Unis a approuvé mercredi matin la loi par 27
voix contre 21. Elle qualifie les massacres d'Arméniens entre 1915 et 1917
de génocide, sans avoir de conséquences sur la politique étrangère des
Etats-Unis.
Les Arméniens affirment que plus de 1,5 million
d'Arméniens ont été tués dans un génocide systématique de la main des
Ottomans pendant la Première Guerre mondiale, avant la naissance de la
Turquie moderne en 1923.
Dans la déclaration de jeudi, le gouvernement turc a
affirmé que certains historiens issus de divers pays avaient considéré la
décision de redéploiement de l'Empire Ottoman comme une "mesure
de sécurité en temps de guerre" prise durant la Première Guerre
mondiale.
"Il est très évident que le Comité de la Chambre des
représentants (...) n'a pas une tâche ou un devoir de réécrire
l'histoire en déformant un sujet qui concerne spécifiquement
l'histoire commune des Turcs et des Arméniens", affirme la
déclaration.
"Le Parlement est obligé d'améliorer davantage les
relations entre les peuples et de se concentrer sur l'avenir, non pas sur
le passé", dit la déclaration.
"La Turquie avait préconisé pendant des années que
les périodes controversées dans l'histoire devaient être traitées par des
historiens, non pas par des organes législatifs (...). Nous
notons que l'Arménie a poursuvi un agenda intentionnel sur l'approbation
de la loi au lieu d'accepter notre proposition sincère", affirme la
déclaration.
L'approbation de la loi a ouvert la voie vers
l'organisation d'un vote au sein de la Chambre des représentants des
Etats-Unis.
Le gouvernement turc a souhaité voir la Chambre des
représentants des Etats-Unis "agir avec bon sens et s'abstenir de
prendre d'autres mesures similaires".
L'adoption de la loi par le Comité américain a
également fait l'objet d'une vive critique de la part du président turc
Abdullah Gül.
"Malheureusement, certains politiciens aux
Etats-Unis ont sacrificié encore une fois des questions importantes à de
petites politiques intérieures en dépit d'appels au bon sens", a souligné
le président Gül.
La loi a été adpotée par le Comité des affaires
étrangères de la Chambre des représentants des Etats-Unis en dépit des
avertissements des dirigeants turcs et américains.
Le président Gül et son homologue américain George
W. Bush avaient averti mardi que la loi porterait atteinte aux liens
entre les deux alliés.
Le président Bush a demandé mercredi au Congrès de
ne pas adopter le projet de loi, disant qu'il "nuirait grandement" aux
relations américaines avec la Turquie que M. Bush appelle "un allié
clé au sein de l'OTAN et dans la guerre contre le terrorisme ".
Par ailleurs, la secrétaire d'Etat
américaine Condoleezza Rice et le secrétaire à la Défense Robert Gates ont
également dénoncé cette mesure.