Dépêche spéciale: La Chine à la recherche de talents financiers
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BEIJING, 6 octobre (XINHUA) -- "Quand j'y arriverai, je
pourrai acheter une BMW Série 7 pour dot de mariage", affirme Jian
Jingtao, 22 ans, un sourire éclatant sur le visage. "Je l'offrirai à mon
fiancé pour lui montrer à quel point je l'aime."
La BMW Série 7 la moins chère coûte environ un
million de yuans alors que le revenu annuel des habitants des villes
n'était en moyenne que de 12 000 yuans en 2006.
Jian Jingtao, fonctionnaire de la province du
Sichuan en Chine du sud-ouest, touche à peu près 1 200 yuans par mois en
tant que météorologiste à temps partiel, dans une chaîne de télévision de
la préfecture autonome Yi de Liangshan, une région pauvre du
Sichuan, où la plupart des habitants n'ont jamais entendu parler de
BMW.
Alors comment peut-elle réaliser son rêve? Eh bien,
au lieu de compter sur son travail à temps partiel, elle a d'autres
idées.
"Je suis en train de préparer le test CFA (analyste
financier agréé) et j'ai déjà passé le niveau II", explique t-elle, les
yeux plein d'espoir. "Encore un dernier pas pour entrer dans les
meilleures institutions financières!" Obtenir un travail dans une
telle institution signifie pour elle s'approcher de son rêve de
voiture idéale.
Selon les statistiques officielles, le personnel des
institutions financières réputées gagne 15 000 yuans par mois et
même plus. Poussés par le principe fondamental de l'économie --
l'offre et la demande -- les emplois du secteur financier sont très
demandés.
Quelque 45 millions de personnes rejoindront le
marché du travail d'ici cinq ans en Chine, mais beaucoup d'entre eux
travailleront comme manoeuvres ou ouvriers de construction et ne
toucheront que 800 yuans par mois.
Lors d'un discours prononcé à l'Université de
Qinghua, une des universités les plus prestigieuses de la Chine, le
président de la Banque de Construction de Chine (BCC), Guo Shuqing, a
affirmé que le problème le plus gênant auquel fait face la BCC dans sa
stratégie d'"implantation à l'étranger" est le manque de talents.
La BCC, l'une des quatre plus grandes banques
commerciales de la Chine, envisage d'établir des succursales à New York et
à Londres, a révélé Guo, ajoutant que sa banque "recherchait
fortement les personnes spécialisées en comptabilité financière,
analyse financière, gestion de portefeuille, établissement des prix
du taux d'intérêt et des devises étrangères.
La Chine, l'une des économies qui enregistre le plus
fort taux de croissance au monde avec une hausse du PIB d'environ 10% au
cours des dix dernières années, a longtemps été considérée comme une
usine mondiale. Prenons un exemple, quelque 75% des appareils ménagers du
monde sont produits en Chine.
Comme le pays passe à un système financier de plus
en plus orienté vers le marché, les talents financiers sont très
précieux.
Pour calmer les plaintes contre les prix très
faibles des produits exportés depuis la Chine, le pays a mis fin à
l'indexation de sa monnaie, le yuan, sur le dollar américain en
juillet 2005 et a raccordé le yuan à un panier de devises
étrangères, autorisant une marge de fluctuation de 0,3% autour de la
parité centrale officielle.
"Tout a changé quand on a élargi la marge de
fluctuation à 0,5% ", affirme le marchand de textile Wei Changshan de la
compagnie Dongxing Textile Co., basée à Beijing, "Je voudrais bien
embaucher quelqu'un qui est capable de me dire comment faire".
En juillet 2005, 8,28 yuans pouvaient s'échanger
contre un dollar. Le 10 juillet 2007, un dollar équivalait à 7,58
yuans.
Prêtant l'oreille aux commentaires étrangers, Yi
Gang, assistant du gouverneur de la Banque populaire de Chine, a
déclaré que le taux de change du RMB pourrait être de plus en plus
flexible.
En ce qui concerne le marché boursier, l'indice de
la Bourse de Shanghai a fait un bond de plus de 130% en 2006 en glissement
annuel après un marché à la baisse depuis cinq ans, grâce à la
réforme des réglementations boursières et à la forte croissance
économique.
Le marché boursier de la Chine pourrait dépasser
celui de l'Australie pour devenir le troisième plus grand d'Asie à la fin
de l'année prochaine, selon une prévision réalisée en janvier par le
vice-président de la Bourse de Shanghai Zhou Qinye.
Avec la mise en application des nouvelles
réglementations concernant les investissements étrangers, les
gestionnaires de fonds et les marchands de titres souhaitent l'emporter
sur leurs concurrents étrangers et la question de la pénurie en talents
financiers revient.
Un récent document gouvernemental sur les
investisseurs institutionnels nationaux qualifiés (QDII) permet aux
compagnies de gestion de fonds et des titres du pays de suivre les banques
commerciales pour descendre dans l'arène des bourses étrangères.
"Nous avons commencé les préparatifs pour les
produits de QDII il y a six mois", a indiqué Xu Xiaosong, vice-directeur
général de China Southern Fund Management Co. Ltd.
"Nous sommes donc à la recherche de personnel
qualifié. Malheureusement, nous ne sommes pas les seuls. De nombreuses
sociétés de Bourse sont comme nous", selon un gestionnaire de fonds,
qui préfère rester anonyme. "C'est simple. Si nous voulons sortir
vainqueur de la compétition, nous avons besoin de la meilleure équipe". (à
suivre)
Dépêche spéciale: La
Chine à la recherche de talents financiers (2)
BEIJING, -- Il n'est pas surprenant que les banques
étrangères cherchent aussi des personnes qualifiées. En 2005, la Banque
d'Asie de l'Est a ouvert en premier des services aux particuliers en
Chine.
En marge du Dialogue économique stratégique
sino-américain tenu en mai, la Chine a autorisé les banques étrangères à
émettre leurs propres cartes de crédit et de débit en yuans.
Cette mesure est considérée comme un moyen de
promouvoir la compétition équitable entre les institutions financières
locales et étrangères.
Lors de la 3e Conférence nationale sur le travail
financier organisée début 2007, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a
dit que la Chine pourrait faciliter la compétition équitable entre
les institutions financières locales et étrangères.
Alors que le gouvernement chinois ouvre le secteur
bancaire afin de tenir les engagements faits auprès de l'Organisation
mondiale du commerce, la bataille pour les ressources humaines dans
le secteur financier fait rage.
HSBC souhaite accroître son personnel de 3 000 à 4
000 en Chine cette année alors que Citigroup envisage d'embaucher encore 1
000 autres employés. Standard Chartered a déclaré qu'elle n'avait pas
d'objectif spécifique pour cette année mais a recruté 1 000
personnes en 2006.
Le problème le plus ardu auquel font face les
banques est la recherche de personnel expérimenté à la formation adéquate,
a souligné le chef de l'exécutif de HSBC China, Richard Yorke.
"On ne donne pas réellement d'éducation financière
dans les universités chinoises," a fait remarquer Wang Zhao, économiste du
Centre pour les recherches économiques de l'Université de Beijing.
"Ce qu'on appelle éducation financière à
l'université ce sont les mesures de contrôle macro-économique, telle que
la politique monétaire, comme aux anciens jours de l'économie planifiée.
Ce que les étudiants chinois attendent, ce sont des cours d'analyse
boursière ainsi que de gestion de portefeuille", d'après lui.
Une récente enquête internationale publiée par
Deloitte Consulting montre que 2/3 des 636 hauts responsables financiers
interrogés pensent que l'offre des talents de haute qualité en Asie
est très limitée et inadaptée.
"Le point crucial et délicat c'est que tu dois
maîtriser les pratiques internationales aussi bien que la réalité locale",
selon le directeur de gestion d'Asia Pacific Operations CFA Institute,
Jane Squires.
Si vous composez 800-820-5555, le téléphone rouge de
China Merchants Bank (CMB) vous dira que les détenteurs de carte de
crédit doivent signaler la perte de leur carte dans les 48 heures.
Si vous le faites à temps et que l'enquête prouve
que les transferts frauduleux ont eu lieu durant ces 48 heures, la banque
remboursera un maximum de 10 000 yuans pour les cartes de crédit
ordinaires.
"Cela veut dire que je dois vérifier ma carte
presque tous les jours et que je risque d'être fauché parce que je n'ai
jamais vu un vendeur vérifier vraiment la signature", selon un détenteur
de carte de crédit de CMB, Liu Chao.
"Ils me disent qu'ils n'utilisent pas les
transactions avec un mot de passe car la vérification de signature est une
pratique standard internationale. Mon dieu, c'est la Chine."
La Chine a exposé les grandes lignes de ses
nouvelles politiques pour son industrie financière lors de la 3e
Conférence nationale sur le travail financier tenue début 2007, portant
sur le renforcement de la réforme des banques d'Etat, l'accélération
des réformes financières dans les régions rurales et
l'approfondissement stable de la réforme du régime du taux de
change.
Le secteur financier du pays sera plus dynamique,
avec une ouverture continue du marché.
"Cette année, 10 200 personnes se sont inscrites au
test CFA en Chine, en hausse de 30% par rapport à l'année dernière", a
révélé Squires. "Nous pouvons prévoir raisonnablement qu'il y aura 600
détenteurs de CFA de plus à la fin de 2007".
"Je ne peux dire le nombre exact d'experts
financiers dont la Chine a besoin mais une chose est certaine, c'est qu'il
y a toujours assez de places pour les personnes compétentes. Les
Etats- Unis comptent actuellement 44 220 détenteurs de CFA, en
comparaison avec 3 650 à Hong Kong, 2 133 à Singapour et seulement 1
086 en Chine", a-t-elle poursuivi.
La jeune Jian Jingtao, pleine de qualités
typiquement chinoises, a de belles chances de réaliser son rêve ainsi que
le rêve de son chanceux petit ami, probablement avec l'aide d'un crédit
bancaire.