NEW YORK (Nations Unies), 25 septembre (XINHUA) --
Les représentants de plus de 150 pays, dont plus de 70 chefs d'Etat
et de gouvernement ont exprimé mardi, au siège de l'ONU à New York,
leur volonté de s'attaquer aux conséquences des changements
climatiques, lançant ainsi un signal politique clair face au défi en
la matière.
Estimant que cette réunion de haut niveau marquait
le début d'une nouvelle ère, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon,
s'est félicité du signal politique fort adressé aux négociateurs de
la 13e conférence des Etats parties à la Convention-cadre des Nations
Unies sur les changements climatiques, qui doit se tenir à Bai, en
Indonésie, en décembre prochain. Il a souligné la nécessité de trouver un
accord d'ici à 2012, qui marque la fin de la première phase d'engagement
du Protocole de Kyoto. "La Conférence de Bali doit ouvrir la voie à l'ère
post-Kyoto", a indiqué M. Susilo Bambang Yudhoyono, président de
l'Indonésie.
M. Ban a souligné le consensus qui s'est dégagé,
parmi tous les orateurs, sur le caractère incontestable du lien qui existe
entre les changements climatiques et l'activité humaine. "L'heure
des doutes est passée", a dit M. Ban. "Le temps nous est compté, le
moment d'agir est venu", a-t-il déclaré aux dirigeants mondiaux.
Selon les estimations du Groupe intergouvernemental
d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), principal organe de l'ONU
chargé de l'évaluation des fluctuations climatiques, la planète pourrait
connaître un réchauffement de 1,8 à 4 degrés d'ici la fin du siècle,
et entre 7 et 250 millions d'habitants du continent africain pourraient
être touchés par une pénurie d'eau potable avant 2020.
Le déroulement de la Réunion de haut s'est articulé
autour de quatre séances thématiques, chacune dédiée à un aspect de la
réponse à fournir aux effets négatifs des changements climatiques
: adaptations et résilience; réduction des émissions et stabilisation
du climat; le rôle de la technologie; et le financement.
Au cours de ces discussions, la plupart des
intervenants ont insisté sur la nécessité de réduire les émissions de gaz
à effet de serre de manière durable, d'améliorer les mesures d'adaptation
face aux changements climatiques, de mettre en place de nouveaux
mécanismes de financement, et de favoriser les transferts de
technologie.
Le débat a par ailleurs révélé les inquiétudes de
nombreux pays en développement qui ont souhaité que la lutte contre les
changements climatiques ne mette pas en péril les objectifs de
développement économique et d'éradication de la pauvreté. Le
président du Panama, Martin Torrijos, a notamment plaidé pour des
ressources et des investissements supplémentaires afin d'assister
ces pays. Le ministre de l'Environnement du Kenya a pour sa part
demandé que le Fonds d'adaptation prévu par la Convention-cadre soit
suffisamment financé et rendu opérationnel rapidement. Le président de
Madagascar, Marc Ravalomanana, a quant à lui proposé un partenariat
écologique novateur entre les pays industrialisés et l'Afrique. Quant aux
chefs d'Etat du Cameroun et du Gabon, ils ont rappelé les sacrifices
économiques que font les pays d'Afrique centrale en préservant de toute
exploitation, au bénéfice de toute l'humanité, les forêts du Bassin du
Congo, deuxième réserve forestière mondiale après l'Amazonie.
De nombres orateurs, dont ceux du Nicaragua, de la
Malaisie et de la Gambie, ont par ailleurs appelé les pays industrialisés
à faire face à leur responsabilité historique en ce qui concerne
les émissions de gaz à effet de serre.
La réunion de haut niveau a aussi mis en lumière la
vulnérabilité particulière des pays les moins avancés et des petits
Etats insulaires en développement. Le représentant du Bangladesh a pour sa
part indiqué que l'élévation du niveau de la mer pourrait provoquer le
déplacement de 25 à 30 millions de personnes dans son pays et a souhaité
que les droits des "réfugiés climatiques" soient reconnus.
Le président de la France, Nicolas Sarkozy, s'est
lui aussi alarmé de la possible apparition de réfugiés climatiques.
" L'inaction, ce serait accepter un point de non-retour", a-t-il
martelé en ajoutant le risque d'une perte de 5 à 20% du PIB mondial
par an. De plus il a rappelé que son pays avait inscrit dans sa loi
l'obligation de réduire le niveau actuel des émissions de gaz à effet de
serre de 75% d'ici à 2050. Condoléezza Rice, secrétaire d'Etat américaine,
pays critiqué par plusieurs orateurs pour n'avoir pas ratifié le Protocole
de Kyoto, a assuré que son pays voulait promouvoir le développement des
technologies propres, citant notamment les biocarburants et l'énergie
nucléaire. Le Japon, pour sa part, a proposé l'élimination des droits de
douanes sur tous les produits qui contribuent à réduire l'effet de
serre.
Le défi sans précédent des
changements climatiques appelle une réponse sans précédent et exige un sens
des responsabilité sans précédent, a conclu M. Ban Ki-moon.