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Les dirigeants mondiaux lancent un signal politique clair pour lutter contre les changement climatiques
  2007-09-26 09:09:24  

     NEW YORK (Nations Unies), 25 septembre (XINHUA) -- Les  représentants de plus de 150 pays, dont plus de 70 chefs d'Etat et de gouvernement ont exprimé mardi, au siège de l'ONU à New York,  leur volonté de s'attaquer aux conséquences des changements  climatiques, lançant ainsi un signal politique clair face au défi  en la matière. 

     Estimant que cette réunion de haut niveau marquait le début  d'une nouvelle ère, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon,  s'est félicité du signal politique fort adressé aux négociateurs  de la 13e conférence des Etats parties à la Convention-cadre des  Nations Unies sur les changements climatiques, qui doit se tenir à Bai, en Indonésie, en décembre prochain. Il a souligné la  nécessité de trouver un accord d'ici à 2012, qui marque la fin de  la première phase d'engagement du Protocole de Kyoto. "La  Conférence de Bali doit ouvrir la voie à l'ère post-Kyoto", a  indiqué M. Susilo Bambang Yudhoyono, président de l'Indonésie. 

     M. Ban a souligné le consensus qui s'est dégagé, parmi tous  les orateurs, sur le caractère incontestable du lien qui existe  entre les changements climatiques et l'activité humaine. "L'heure  des doutes est passée", a dit M. Ban. "Le temps nous est compté,  le moment d'agir est venu", a-t-il déclaré aux dirigeants mondiaux. 

     Selon les estimations du Groupe intergouvernemental d'experts  sur l'évolution du climat (GIEC), principal organe de l'ONU chargé de l'évaluation des fluctuations climatiques, la planète pourrait  connaître un réchauffement de 1,8 à 4 degrés d'ici la fin du  siècle, et entre 7 et 250 millions d'habitants du continent  africain pourraient être touchés par une pénurie d'eau potable  avant 2020. 

     Le déroulement de la Réunion de haut s'est articulé autour de  quatre séances thématiques, chacune dédiée à un aspect de la  réponse à fournir aux effets négatifs des changements climatiques : adaptations et résilience; réduction des émissions et  stabilisation du climat; le rôle de la technologie; et le  financement. 

     Au cours de ces discussions, la plupart des intervenants ont  insisté sur la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet  de serre de manière durable, d'améliorer les mesures d'adaptation  face aux changements climatiques, de mettre en place de nouveaux  mécanismes de financement, et de favoriser les transferts de  technologie. 

     Le débat a par ailleurs révélé les inquiétudes de nombreux  pays en développement qui ont souhaité que la lutte contre les  changements climatiques ne mette pas en péril les objectifs de  développement économique et d'éradication de la pauvreté. Le  président du Panama, Martin Torrijos, a notamment plaidé pour des  ressources et des investissements supplémentaires afin d'assister  ces pays. Le ministre de l'Environnement du Kenya a pour sa part  demandé que le Fonds d'adaptation prévu par la Convention-cadre  soit suffisamment financé et rendu opérationnel rapidement. Le  président de Madagascar, Marc Ravalomanana, a quant à lui proposé  un partenariat écologique novateur entre les pays industrialisés  et l'Afrique. Quant aux chefs d'Etat du Cameroun et du Gabon, ils  ont rappelé les sacrifices économiques que font les pays d'Afrique centrale en préservant de toute exploitation, au bénéfice de toute l'humanité, les forêts du Bassin du Congo, deuxième réserve  forestière mondiale après l'Amazonie. 

     De nombres orateurs, dont ceux du Nicaragua, de la Malaisie  et de la Gambie, ont par ailleurs appelé les pays industrialisés à faire face à leur responsabilité historique en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre.  

     La réunion de haut niveau a aussi mis en lumière la  vulnérabilité particulière des pays les moins avancés et des  petits Etats insulaires en développement. Le représentant du  Bangladesh a pour sa part indiqué que l'élévation du niveau de la  mer pourrait provoquer le déplacement de 25 à 30 millions de  personnes dans son pays et a souhaité que les droits des "réfugiés climatiques" soient reconnus. 

     Le président de la France, Nicolas Sarkozy, s'est lui aussi  alarmé de la possible apparition de réfugiés climatiques. " L'inaction, ce serait accepter un point de non-retour", a-t-il  martelé en ajoutant le risque d'une perte de 5 à 20% du PIB  mondial par an. De plus il a rappelé que son pays avait inscrit  dans sa loi l'obligation de réduire le niveau actuel des émissions de gaz à effet de serre de 75% d'ici à 2050. Condoléezza Rice,  secrétaire d'Etat américaine, pays critiqué par plusieurs orateurs pour n'avoir pas ratifié le Protocole de Kyoto, a assuré que son  pays voulait promouvoir le développement des technologies propres, citant notamment les biocarburants et l'énergie nucléaire. Le  Japon, pour sa part, a proposé l'élimination des droits de douanes sur tous les produits qui contribuent à réduire l'effet de serre. 

     Le défi sans précédent des changements climatiques appelle  une réponse sans précédent et exige un sens des responsabilité  sans précédent, a conclu M. Ban Ki-moon.  

      

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