NEW YORK (Nations Unies), 25 septembre (XINHUA) --
Le président français Nicolas Sarkozy a appelé mardi les Nations
Unies à mettre en place un nouvel ordre mondial, un "New Deal
écologique et économique", en lui confiant notamment la tâche de
mieux répartir les profits des matières premières, de la technologie
et de moraliser le capitalisme financier.
Dans ce monde où le sort de chacun dépend de plus en
plus de celui des autres, l'ONU ne doit pas être affaiblie mais
renforcée, a estimé M. Sarkozy, soulignant que sa réforme pour l'adapter
aux réalités du monde d'aujourd'hui est une priorité pour la France.
" Nous n'avons plus le temps d'attendre", a déclaré le chef d'Etat
français lors du débat de haut niveau de l'Assemblée générale.
Le président de la France a réclamé un nouvel état
d'esprit. " C'est un véritable New Deal dont le monde a besoin. Un New Deal
écologique et économique", a-t-il précisé.
Nicolas Sarkozy a appelé tous les Etats à se réunir
pour fonder le nouvel ordre mondial du 21ème siècle sur l'idée que les
biens communs de l'humanité doivent être placés sous la responsabilité
de l'humanité tout entière.
A ce titre, il a défendu l'idée d'assurer à tous les
hommes l'accès aux ressources vitales, à l'eau, à l'énergie, à
l'alimentation, aux médicaments et à la connaissance.
A cette fin, il a lancé un appel solennel pour que
les Nations Unies prennent en main la question d'une plus juste
répartition des profits, de la rente des matières premières et des rentes
technologiques.
De même, les Nations Unies devraient prendre en main
la moralisation du capitalisme financier afin de le mettre davantage
au service du développement et moins à celui de la spéculation,
ainsi qu'à aller plus loin dans la lutte contre la corruption.
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a souligné qu'il n'y
aura pas de paix dans le monde si la communauté internationale fait preuve
de faiblesse face à la prolifération des armements nucléaires.
"Je pense évidemment au problème iranien. L'Iran a
droit à l'énergie nucléaire à des fins civiles. Mais en laissant l'Iran
se doter de l'arme nucléaire, nous ferions courir un risque
inacceptable à la stabilité de la région et du monde. Nous
menacerions l'existence même du Traité sur la non-prolifération des
armes nucléaires (TNP)", a-t-il poursuivi.
"Je veux dire au nom de la France que cette crise ne
sera résolue que si la fermeté et le dialogue vont de pair", a dit
Nicolas Sarkozy.
"Regardons le monde tel qu'il est sinon nous
n'aurons aucune chance de parvenir à la rendre meilleur. Jugeons-le à
l'aune de la justice. La justice c'est la nation palestinienne qui retrouve
un pays, qui construit son Etat. La justice c'est un peuple
israélien qui obtient le droit de vivre en sécurité. La justice c'est le
peuple libanais qui recouvre pleinement sa liberté, son
indépendance, sa souveraineté dans la concorde", a mis en avant
le chef d'Etat français.
La justice c'est le peuple irakien dans sa diversité
qui trouve en lui-même le chemin de la réconciliation et de la démocratie.
La justice c'est que l'enfant de pauvre, partout dans le monde, ait
autant de chances de réussir que l'enfant de riche. La justice c'est
que l'on ne puisse pas exploiter les ressources d'un pays sans en payer le
juste prix, a lancé le président français.
S'exprimant lundi devant la presse, Nicolas Sarkozy
a souligné que la France faisait de la lutte contre les changements
climatiques une "priorité absolue".
"Nous voulons des décisions tout
de suite, maintenant, immédiatement, parce que demain il sera trop tard. Et
ce trop tard c'est deux degrés Celsius de plus, après quoi nous
aurons atteint le point de non-retour", a conclu le président de la France.