BRUXELLES, 10 septembre (XINHUA) -- La Belgique est
entrée lundi dans son troisième mois de crise politique sans réelle
solution à l'horizon : depuis les élections du 10 juin dernier, des
négociations infructueuses se sont déroulées entre démocrates- chrétiens et
libéraux, qui ont buté sur des divergences fondamentales entre Flamands et
Wallons sur l'avenir des institutions fédérales.
Le roi Albert II de la Belgique a reçu en audience
lundi après- midi, au Château du Belvédère, l'explorateur Herman Van Rompuy
qui lui a fait un premier rapport.
Herman van Rompuy a été chargé mercredi dernier
d'une mission d'exploration pour tenter de relancer des négociations pour
la formation d'un gouvernement actuellement dans l'impasse.
Après deux mois et demi de pourparlers infructueux
entre libéraux et démocrates-chrétiens, qui ont buté sur des
divergences fondamentales entre Flamands et Wallons, Yves Leterme,
président des démocrates-chrétiens flamands, qui avait été chargé de
former un gouvernement, a jeté l'éponge il y a deux semaines.
Les démocrates-chrétiens, qui ont gagné les
élections législatives du 10 juin dans le nord du pays, et les libéraux,
qui ont remporté le scrutin dans le Sud, ont pourtant des programmes
socio-économiques aisément compatibles. Mais les divisions
linguistiques qui minent la Belgique depuis la Seconde Guerre
mondiale sont à leur paroxysme.
Pour la première fois depuis la création du pays en
1830, 60% des électeurs flamands ont voté pour des listes qui prônent
l'indépendance ou, au moins, un transfert de compétences à la
Flandre qui ferait de l'Etat fédéral une coquille vide.
Les chrétiens-démocrates flamands ne peuvent entrer
dans un gouvernement qui n'aurait pas pour mission la création d'une
Belgique confédérale, sous peine de se priver de l'appui des
indépendantistes qui leur permettent d'être le premier parti.
Or, cette revendication est inacceptable pour les
francophones, qui mettent sur la table des propositions, comme
l'élargissement de Bruxelles à des communes périphériques flamandes, tout
aussi inacceptables en Flandre.
Il faudra donc des semaines de négociations
pour qu'une coalition entre démocrates-chrétiens et libéraux puisse voir
le jour - si l'on y parvient.