TIRANA, 30 août (XINHUA) -- La Serbie a menacé jeudi
de recourir à tous les moyens de rétorsion possibles si le Kosovo
proclame unilatéralement l'indépendance, a-t-on appris
d'informations parvenues de Belgrade à Tirana.
"Si quelqu'un te blesse, tu devras réagir, riposter
et lui faire également du mal", a confié à la presse le Premier ministre
serbe Vojislav Kostunica.
Il a déclaré que la Serbie ferait tout son possible
pour empêcher le Kosovo de proclamer unilatéralement son indépendance,
sans préciser toutefois quelles représailles seraient exercées.
Des dirigeants kosovars albanais ont réitéré jeudi
que leur demande sur l'indépendance du Kosovo était indiscutable.
"Nous avons réaffirmé que ni l'indépendance du
Kosovo, ni son intégrité territoriale, ne faisaient l'objet de
négociations", a indiqué à Pristina le président kosovar Fatmir Sejdiu, de
retour du premier cycle des pourparlers sur le futur statut du Kosovo
qui ont eu lieu à Vienne.
Selon des reportages, les pourparlers, présidés par
la troïka composée de trois représentants issus respectivement des
Etats- Unis, de l'Union européenne et de la Russie, se sont terminés
jeudi à Vienne, sans parvenir à faire sortir le Kosovo de l'impasse
actuelle.
A l'issue des pourparlers, le Premier ministre
kosovar Agim Ceku s'est engagé à déclarer l'indépendance du Kosovo, si
cette demande n'est pas satisfaite d'ici le 10 décembre, période où les
parties concernées feront leurs dernières efforts en vue d'une
solution diplomatique.
Bien que les délégations de Belgrade et de Pristina
n'aient pas fait de percée aux négociations à Vienne, elles se sont
accordées pour ne pas diviser la province en fonction des ethnies, une
proposition controversée avancée début août par la communauté
internationale.
Le ministre serbe des Affaires étrangères Vuk
Jeremic, à la tête de la délégation serbe à Vienne, a révélé qu'il était
parvenu à un accord avec les représentants de la troïka, prévoyant une
rencontre entre les délégations serbe et kosovare en marge de
l'Assemblée générale qui aura lieu en septembre à New York.
Le Kosovo, une province séparatiste située dans le
sud de la Serbie, a été placée sous l'administration des Nations Unies
depuis 1999, après 78 jours de bombardements menés par l'OTAN, afin
de déloger les forces serbes qui luttaient contre des rebelles d'ethnie
albanaise.
La Serbie a affirmé à plusieurs reprises que le
Kosovo est partie intégrante de son territoire et a juré de le garder en
son sein, alors que le Kosovo, où 90% de la population est albanaise,
a indiqué qu'il n'accepterait rien sauf une indépendance totale.
L'envoyé spécial de l'ONU Martin Ahtisaari avait
soumis en mars au Conseil de sécurité de l'ONU ses propositions sur le
statut final du Kosovo prévoyant l'indépendance de cette ancienne
province serbe sous supervision internationale.
La Serbie et la Russie s'opposent fermement à
ce plan soutenu par les Etats-Unis et plusieurs pays occidentaux.