KHARTOUM, 17 juillet(XINHUA)-- Après la clôture
lundi de la conférence internationalesur la question du Darfour à Tripoli
en Libye, le processus de paix dans l'ouest du Soudan parvient à un
tournant décisif, estiment des analystes.
Les participants à la conférence de Tripoli ont
consenti à ce qu'un accord politique soit conclu le plus tôt possible, et
avancé des plans d'action pour un proche avenir.
La conférence a réaffirmé le rôle primordial de
l'Union africaine (UA) etles Nations Unies dans le processus de paix au
Darfour, et encouragé d'autres pays dans la région, tels que le
Tchad et la Libye, à poursuivre leurs efforts constructifs pour
apporter une contribution à la résolutiond e la question.
Les participants de la conférence ont appelé tous
les Etats membres de l'UA et de l'ONUet d'autres envoyés internationaux
à s'abstenir de soutenir d'autres initiatives parallèles au processus
UA-ONU.
Il s'agit des messages encourageants et des
principes en faveur de la relance des négociations de paix entre le
gouvernement de Khartoum et les mouvements rebelles, indiquent des
analystes.
Mais, aux termes prudents, le communiqué final de la
conférence à Tripoli ne s'abtient de mentionner le calendrier précédent
pour la relance des négociations entre le gouvernement soudanais et
les mouvements rebelles, et de fixer d'objectifs précis,
estiment-ils.
LA BALLE DANS LE CAMP DES REBELLES
Le communiqué laisse entendre que les parties
prenantes à la réunion n'ont pas conclu un accord en ce qui concerne
l'élaboration d'une "feuille de route" pour le processus de paix au
Darfour, où les conflits sanglants ont provoqué une crise humanitaire
inquiétante.
Au Darfour, l'actuelle situation de sécurité est
"extrêmement fragile" et "évolue rapidement", selon les termes du
communiqué, sans même préciser s'elle est en train de s'améliorer ou se
dégrader.
D'après le porte-parole de la Mission de l'ONU au
Soudan, Radhia Achouri, les agences humanitaires opérant au Darfour ne
savent plus ce dont elles devraient s'approcher pour lancer des
opérations de secours dans la région sous contrôle des groupes
rebelles, qui continuent à se diviser.
Selon des analystes locaux, la balle est désormais
dans le camp des rebelles, dont les conflits sectaires sont imputables à la
stagnation des pourparlers de paix. D'autant plus qu'avant la
réunion de Tripoli, le Soudan, l'Uion africaine (UA) et les Nations
Unies ont finalement signé, le 12 juin dernier, un accord sur le
déploiement en trois phases de la force hybride au Darfour, et attendent en
ce moment la reprise de négociations de paix.
En fait, aucun groupe rebelle du Darfour n'a envoyé
de représentant à la conférence de Tripoli, qui a réuni les Nations
Unis, l'UA, l'Union européenne, le Soudan et 14 autres pays,
notamment les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de
l'ONU.
La visite d'une délégation onusienne au Soudan et
une rencontre internationale sur le Darfour en juin dernier ont envoyé un
fort message, selon lequel la communauté internationale respecte la
souveraineté et l'intégrité territoriale du Soudan, et souhaite que
la question soit résolu de manière pacifique.
Si les différentes factions rebelles ne
peuvent pas parvenir à un consensus parmi eux, il n'y aura pas de progrès
concret dans les futurs négociations de paix, indiquent ces analystes.