NEW YROK (Nations Unies), 13 juillet (XINHUA) --
Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, les citadins sont
plus nombreux que les ruraux, c'est ce que souligne un nouveau
rapport du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et de
la Banque mondiale publié jeudi.
La population mondiale s'élève actuellement à 6,6
milliards d'habitants dont un peu plus de la moitié vit en milieu urbain,
pour la plupart dans les pays en développement. D'ici à 2050, selon
le rapport, elle fera un bond de plus de 37 %, pour atteindre 9,076
milliards d'habitants, les plus fortes augmentations s'enregistrant en
Asie et en Afrique.
Ce rapport paraît au moment où les villes et les
pays célébraient la Journée mondiale de la population et sont
confrontés au défi de la transformation des gains démographiques
massifs en opportunités.
"Ce qui se passe dans les villes d'Afrique, d'Asie
et d'autres régions va donner forme à notre avenir commun", a déclaré la
directrice exécutive du FNUAP, Thoraya Ahmed Obaid.
"Nous devons abandonner une mentalité qui résiste à
l'urbanisation et agir maintenant pour lancer un effort mondial
concerté qui aidera les villes à libérer leur potentiel dans le but
de stimuler la croissance économique et de résoudre les problèmes
sociaux", a-t-il dit.
La croissance étant inévitable, les gouvernements
doivent élaborer en temps utile des politiques qui permettent de
transformer de potentielles crises en opportunités.
"Cette vague d'urbanisation est sans précédent. Les
changements sont trop vastes et trop rapides pour permettre aux
planificateurs et aux décideurs de se borner à réagir: en Afrique et en
Asie, le nombre de citadins augmente d'environ un million chaque semaine
en moyenne. Les dirigeants doivent faire preuve de perspicacité et
prendre des mesures prévoyantes afin d'exploiter pleinement les
possibilités offertes par l'urbanisation", affirmé Mme Obaid.
William Cobbett de la Banque mondiale, directeur de
l'Alliance des villes, coalition mondiale des villes appuyée par la Banque
et visant à réduire la pauvreté en milieu urbain, a déclaré que le
rapport de l'ONU identifie "trois urgentes initiatives de politique"
: reconnaître le droit des populations pauvres de vivre en ville, en
abandonnant toute tentative de décourager la migration et de freiner la
croissance urbaine; adopter une vision large et à long terme de
l'utilisation de l'espace urbain (en fournissant des terrains viabilisés
au minimum pour la construction de logements, en assurant une
planification anticipée afin de promouvoir une utilisation durable des
terres, et en portant le regard au-delà des limites des villes pour
réduire au minimum leur "empreinte écologique"); et engager des efforts
internationaux concertés visant à appuyer des stratégies pour
l'avenir des villes.
L'Afrique connaîtra la plus forte croissance
démographique
Quatre des dix "mégavilles "(abritant au moins 10
millions d'habitants) se trouvent en Asie du Sud - Bombay, Calcutta, Delhi
et Dhaka. L'Asie abrite les 3/5ème de la population mondiale,
mais c'est l'Afrique qui connaîtra la plus forte croissance
démographique au cours des prochaines décennies, indique le rapport.
D'après les projections, la population africaine
sera plus de deux fois plus nombreuse d'ici 2050: elle passera de 945,3
millions à l'heure actuelle à 1,937 milliard d'habitants, 88% de
cette croissance étant enregistrée en Afrique subsaharienne où se
trouvent bon nombre des pays les plus pauvres de la planète.
Si l'Afrique est encore principalement rurale, la
future croissance s'observera pour l'essentiel dans les zones urbaines,
dont la population passera de 294 millions d'habitants en 2000 à 742
millions en 2030.
Le rapport souligne que la population des autres
régions en développement croîtra rapidement, allant de 335 millions à
598,5 millions d'habitants d'ici 2050 dans les pays arabes, et de 576,5
millions à 782,9 millions d'habitants dans les pays d'Amérique
latine et des Caraïbes.
En Amérique du Nord, le rythme de croissance devrait
être nettement plus lent d'ici à 2050, la population canadienne
passant de 32,9 millions à 42,8 millions d'habitants, et celle des
états- Unis de 303,9 millions à 395 millions d'habitants.
L'Europe et certains pays de l'ex-Union soviétique
sont les seules régions où l'on s'attend à une baisse démographique. La
population européenne devrait diminuer de 727,7 millions à 653
millions d'habitants, et celle de la Russie de 141,9 millions à
111,8 millions d'habitants.
La population ukrainienne connaîtra la plus forte
baisse, soit de 45,5 millions à 26,4 millions d'habitants, cette tendance
étant alimentée par un faible taux de fécondité ainsi que par la
migration continue, notamment la mobilité interne au sein de
l'ex- Union soviétique.
Le rapport relève que même si beaucoup d'attention
est accordée aux 20 mégavilles du monde, plus de la moitié des citadins de
la planète vivent dans des villes de moins de 500.000 habitants.
Il ressort de l'étude que ces villes de plus petite
taille disposent de terrains non aménagés et possèdent le potentiel
économique pour faire face aux chocs démographiques, mais elles sont
handicapées par l'inhabitabilité des logements et l'insuffisance des
infrastructures, notamment celles d'approvisionnement en eau et
d'assainissement.
L'un des mythes de la croissance urbaine, souligne
le rapport, est que l'exode rural doit être contenu. Le rapport note que
les migrants qui s'installent en ville opèrent généralement des
"choix rationnels" qui leur donnent plus d'options d'habitabilité que
n'auraient pu leur offrir les villages ruraux. Fin