DAKAR, 2 juillet (XINHUA) -- L'ambassadeur de Chine
au Sénégal, Lu Shaye, a prononcé lundi un discours fleuve devant un
parterre d'étudiants et de professeurs du Centre d'études des
Sciences et Techniques de l'Information (CESTI) à Dakar,
essentiellement sur la coopération sino-africaine, a constaté un
correspondant de l'Agence Xinhua (Chine Nouvelle).
M. Lu a pris le micro après une brève visite des
locaux du CESTI,berceau de journalites d'une dizaine de pays africains, en
compagnie de Mme Eugénie Rokhaya AW, directrice de cet
établissement, l'un des plus prestigieux du genre en Afrique.
Le diplomate chinois a survolé, en une heure et
demie, un demi- siècle de rapprochement, d'amitié et de coopération entre
la Chine et le continent africain, depuis l'époque des Indépendances
jusqu'au dernier sommet sino-africain de Beijing, en passant par les
longues années de rapports tous azimuts entre les deux parties.
Son discours une fois terminé, Lu Shaye a accepté
volontiers le jeu de questions et réponses de l'assistance. Loin de la
langue de bois, l'ambassadeur chinois s'est exprimé avec franchise et
sincérité sur certaines questions brûlantes de l'heure.
Sur la situation du Darfour, par exemple, M. Lu,
tout en reconnaissant que la Chine entretient d'excellentes relations
avec Khartoum, a indiqué que le problème du Darfour est au fond celui
de développement qu'il faut absolument résoudre.
A son avis, "les pays occidentaux n'ont pas encore
trouvé la bonne voie dans le réglement du conflit qui affecte cette
région. Il faudrait travailler sur toutes les parties au lieu d'exercer
la pression sur une seule partie, celle du gouvernement soudanais",
a- t-il souligné, ajoutant que la Chine a beaucoup fait pour amener
Khartoum à accepter le déploiement d'une force hybride Onu-Ua.
Lu Shaye a également qualifié d'incorrectes les
accusations de certains pays occidentaux à l'égard de l'exploitation par
la Chine de ressources pétrolières au Soudan. "A côté de la Chine, il y a
aussi le Canada et la Malaysie qui sont là. Et en cherchant du
pétrole soudanais, les Chinois ont en même temps beaucoup investi
dans les infrastructions de ce pays et surtout dans la construction
de routes, d'hôpitaux et de barrages hydro- électriques".
Le diplomate chinois a tenu à justifier son opinion
par le manque de développement, source d'instabilité au Darfour. "Si
toutes les populations vivent avec aisance, qui va encore penser à se
battre avec les autres?" s'est-il interrogé.
Il a par aileurs répondu sans ambages
aux questions posées par des étudiants sénégalais sur l'aide chinoise à l'Afrique
et au Sénégal en particulier, la qualité de produits chinois
vendus dans ce pays et l'accord signé entre une société chinoise et
les Industries chimiques du Sénégal (ICS), fleuron du
tissu industriel sénégalais, aujourd'hui en difficulté.