ACCRA, 1er juillet (XINHUA) -- Le 9ème
sommet de l'Union africaine (UA) a entamé ses travaux de trois jours,
dimanche à Accra, capitale du Ghana.

Le 9ème
sommet de l'Union africaine (UA) a entamé ses travaux de trois jours, dimanche à
Accra, capitale du Ghana. (Photo : Xinhua)
Sur les 53 pays membres, 40 sont représentés par
leurs chefs d'Etat ou de gouvernement.
Les dirigeants africains vont notamment procéder à
un "grand débat" sur la question du "gouvernement de l'Union", une
question qui divise encore les pays africains.

Le président
ghanéen et président en exercice de l'UA, John Agyekum Kufuor prenant la parole
à la session d'ouverture. (Photo : Xinhua)
Certains pays, dont la Libye, prônent la création au
plus tôt de ce gouvernement, qui sera une étape vers la fondation des
Etats- Unis d'Afrique. Mais d'autres estiment qu'il faut encore du temps
pour bien réfléchir.
Un rapport préparé par un Comité de sept chefs
d'Etat africains propose la mise en place d'un gouvernement continental
avant l'année 2009.

(Photo : Xinhua)
Prenant la parole à la session d'ouverture, le
président ghanéen et président en exercice de l'UA, John Agyekum Kufuor, a
invité les dirigeants à faire preuve de "confiance et respect
mutuels" dans les discussions sur le gouvernement de l'Union.
"En raison de la complexité et des difficultés
pratiques sur le chemin vers ce gouvernement de l'Union, la condition
préalable pour nous, dirigeants du continent, doit être la confiance et le
respect mutuels", a-t-il souligné.
"Quelle que soit notre opinion sur des positions,
nous devons participer au débat avec tolérance et analyse critique, même
si nous ne sommes pas d'accord sur de telles positions", a indiqué
le chef de l'Etat ghanéen.
Dans son discours adressé aux dirigeants africains,
la sous- secrétaire générale des Nations Unies, Asha-Rose Migiro, a
indiqué que le débat sur le gouvernement de l'Union a lieu "au moment où
l'Union africaine concentre de nouveau son attention sur les progrès
vers son objectif ultime -- celui d'une totale intégration politique et
économique".
"Dans notre monde compétitif et de plus en plus
globalisé, il est crucial que nous nous unissons pour relever les défis
auxquels est confrontée l'Afrique", a-t-elle souligné.
Pour sa part, le président de la Commission de l'UA,
Alpha Oumar Konaré, a exhorté les pays membres à accélérer
l'intégration du continent africain et à renforcer la solidarité entre
Africains.
Il a estimé que l'intégration politique est la seule
voie permettant d'intégrer les économies africaines.
"Si la mutation vers l'intégration politique n'est
pas faite, l'UA restera une organisation lourde à se mouvoir, incapable
d'agir à temps et donc de baliser la voie vers les Etats-Unis
d'Afrique", a-t-il affirmé.
Sur le chemin vers les Etats-Unis d'Afrique, a
estimé l'ancien président malien, les actions à entreprendre portent
d'abord sur l'abolition des divisions artificielles, la fin des guerres et
des conflits, avant des décisions idoines dans le sens d'intégrer
politiquement le continent, notamment en dépassant les nationalités
telles qu'elles sont définies actuellement.
M. Konaré a églaement rappelé le problème des
arriérés de contributions qui s'élèvent à quelque 106 millions de
dollars.
Un autre sujet inscrit à l'ordre du jour est
l'élection du président et du vice-président de la Commission, autorité
exécutive de l'UA, et la désignation de ses membres.
Pourtant, les ministres des Affaires étrangères ont
recommandé aux chefs d'Etat de reporter cette élection au mois de janvier
2008, a affirmé à Xinhua un membre de la délégation sénégalaise.
Une source proche du sommet avait révélé sous ouvert
de l'anonymat que M. Konaré, élu à la tête de la Commission en
juillet 2003, avait accepté de continuer à assumer la présidence de
la Commission avant l'élection d'un successeur, mais pas au- delà d'un an.
Les membres de la Commission sont élus pour un mandat de quatre ans.
Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a
aussi pris part à la session d'ouverture et prononcé un discours.
A la fin de la session d'ouverture, une présentation
a été faite aux dirigeants africains sur le projet du Centre de
conférence de l'UA, qui sera financé et construit par la Chine à
c? té du siège de l'UA à Addis Abeba.
Le 15 juin, la Commission de l'UA et la Chine ont
signé un protocole d'accord sur le dessin schématique du projet de
construction du Centre.
Les travaux, pour lesquels le gouvernement va
consacrer environ 100 millions de dollars, vont commencer avant la mi-2008
et durer trois ans.
Le Centre de conférence occupera 11,3 hectares de
terrains avec une superficie de constuction de 46.000 m2, et comprendra une
grande salle de 2.550 places, une salle de 681 places, un centre
médical, une librairie numérique et une salle polyvalente.
La rencontre des chefs d'Etat et de gouvernement a
été précédée par la réunion du Comité des représentants permanents (25-27
juin), qui comprend les ambassadeurs des Etats membres accrédités auprès
de la Commission de l'UA et celle du Conseil exécutif, qui regroupe
les ministres des Affaires étrangères des Etats membres ( 28-29 juin).
C'est la première fois que l'UA tient son sommet au
Ghana, premier pays africain ayant obtenu l'indépendance, en 1957. Le
Ghana a décidé de célébrer le 50ème anniversaire de son indépendance
tout au long de cette année.