NEW YORK (Nations Unies), 18 juin (XINHUA) -- La
RDCongo et le Kenya abriteraient des génocidaires recherchés par le
Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et six des 18 fugitifs
étaient de hauts responsables durant le génocide de 1994, a affirmé
lundi le Procureur du TPIR, Hassan Bubacar Jallow, devant le Conseil de
sécurité de l'Onu.
Il est important, pour le succès de la campagne
contre l'impunité dans le monde, que des personnes qui aient une telle
responsabilité n'échappent pas au bras de la justice, a-t-il
souligné lors d'une séance du Conseil de sécurité.
M. Jallow a averti que le TPIR ne réussira à achever
les procès de ces six fugitifs, y compris celui de Félicien Kabuga, que
s'ils sont arrêtés et remis au TPIR d'ici la fin 2007.
D'après les renseignements disponibles, Félicien
Kabuga était encore au Kenya en avril 2007, et les enquêtes conjointes
menées par le TPIR et les autorités du Kenya indiquent qu'il y est
toujours.
"Il est donc nécessaire que le Conseil de sécurité
fasse pression sur le gouvernement kenyan pour qu'il respecte ses
obligations juridiques", a dit le Procureur du TPIR.
De nombreux fugitifs semblent en outre se trouver en
RDCongo, a- t-il poursuivi, en ajoutant que le TPIR recherche toujours la
coopération avec Kinshasa et avec les autres pays de la région
des Grands lacs.
L'une des solutions pour assurer que le processus de
lutte contre l'impunité aille à son terme pourrait être de permettre au
TPIR de continuer ses travaux au-delà de 2008 ou de transférer
les cas à une juridiction nationale, a proposé M. Jallow.
Il a rappelé que le Rwanda était la principale
destination des transferts, surtout depuis que ce pays a supprimé la peine
de mort.
Si les fugitifs ne sont pas arrêtés et transférés à
temps, une solution devra être trouvée qui permettrait au TPIR ou à un
autre mécanisme de poursuivre les procès après la fin de l'année 2008,
a estimé de son côté le Président du TPIR, Dennis Byron.
Il s'est félicité à cette occasion de la coopération
du Mali, du Bénin, du Swaziland, de la France, de l'Italie, de la Suède et
du Rwanda. M. Byron a annoncé que d'ici à la fin de 2008, le TPIR
aura rendu des jugements concernant 65 personnes sur 70 personnes.
Le TPIR, qui siègeàArushaen Tanzanie, aété créé
par l'ONU en novembre 1994, sept mois après legénocide au Rwanda. Il
est chargé de juger les principaux responsables dugénocide rwandais,
qui a fait, selon l'ONU, environ 800.000 morts parmi les
Tutsis( ethnie minoritaire) et Hutus modérés, d'avrilà juillet 1994.